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L’insolvabilité, au plus bas pendant la pandémie, est remontée

L'Ouest est particulièrement touché, tandis que certaines provinces de l'est affichent une baisse du surendettement.

Des billets de banque canadiens pêle-mêle.

Les Albertains ont rempli plus de dossiers d'insolvabilité en mars 2021 que depuis le début de la pandémie.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nombre de Canadiens surendettés a augmenté en début d'année, sans pour autant atteindre les niveaux pré-pandémie, bien plus élevés. Car contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce taux est resté plutôt bas depuis le début de la crise sanitaire.

Selon l'Association canadienne des professionnels de l'insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), le nombre de dossiers d'insolvabilité de consommateurs a particulièrement augmenté au mois de mars, qui compte le plus grand nombre de dossiers déposés en un mois depuis le début de la pandémie .

L’Alberta se démarque, puisqu’elle est la province à avoir connu la plus forte hausse au premier trimestre de 2021 (+10,5 %), suivie de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan. L'augmentation moyenne, au Canada, a été de 2 %.

En revanche, le nombre de Canadiens qui n'arrivaient pas à payer leurs dettes au début de 2021 est bien plus bas (-28,3 %) que pendant la même période l'an dernier, soit avant la pandémie.

Ces données n’étonnent pas Desmond West-Chow, mandataire d'insolvabilité agréé et associé dans l’entreprise GOTH, à Edmonton.

Une économie faible, des taux d’insolvabilité bas

Desmond West-Chow affirme que, malgré la croyance populaire, quand l’économie va mal, les taux d’insolvabilité sont bas. Il explique cela par plusieurs facteurs : les gens dépensent moins, mais il y a aussi de nombreuses personnes qui ont pu bénéficier d’aides financières de la part des gouvernements, ce qui les a aidées à garder la tête hors de l’eau. De leur côté, les banques et les créanciers ont mis en place des programmes de report des paiements.

Toutefois, le facteur le plus important, selon Desmond West-Chow, est le ralentissement des tribunaux pendant la pandémie. Les créanciers n'avaient pas la possibilité d'intenter des actions en justice aussi souvent qu’avant, ils ne pouvaient pas obtenir de jugements contre les personnes qui ne respectaient pas leurs obligations en matière de prêts, explique-t-il.

Desmond West-Chow attribue la remontée importante de l'insolvabilité en début d'année en Alberta à une situation sanitaire qui s'était améliorée après la deuxième vague.

L'Alberta commençait sa relance : les taux de COVID-19 étaient au plus bas depuis novembre. Cela signifie qu'à la mi-mars nous sommes passés à la phase 2 de la réouverture pendant laquelle les gens ont pu dépenser à nouveau de l'argent dans des endroits qui avaient pu être fermés, les gens sont retournés au travail, ils comptaient aussi peut-être moins sur les prestations du gouvernement, avance-t-il.

En revanche, avec la situation sanitaire actuelle, beaucoup moins bonne qu’il y a deux mois, il ne sait pas si les chiffres en matière d’insolvabilité continueront à augmenter.

Le secteur, certainement très occupé dans les prochains mois

Malgré tout, il s’attend à voir la situation basculer à un moment donné. De nombreux professionnels de l'insolvabilité pensent que le secteur sera de plus en plus occupé, que les choses vont empirer pour les gens ou qu'ils seront poussés à prendre une décision. Je pense que beaucoup de choses sont retardées en ce moment, admet Desmond West-Chow.

Selon lui, s’il y a un enseignement à tirer de la pandémie sur le plan de la gestion financière, c’est que de nombreux Canadiens n’ont pas de filet de sécurité en ce qui concerne leurs économies.

En cas de situation financière difficile, il n’y a qu'une recette, dit-il, soit baisser ses dépenses non essentielles ou augmenter ses sources de revenus, bien qu’il convienne que cette dernière soit particulièrement difficile à mettre en pratique actuellement.

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