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Réforme de la loi 101 : le Cégep St. Lawrence n’est pas une « menace pour le français »

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Le Cégep Champlain St Lawrence est le seul établissement postsecondaire anglophone de la région de Québec.

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Les Cégeps anglophones s’y attendaient. Ils seront directement touchés par l’adoption du projet de loi 96 qui vient mettre à jour la loi 101. Le collège Champlain St. Lawrence de Québec aimerait toutefois que le gouvernement distingue les réalités régionales dans l’application de la loi pour éviter un impact sur son offre de services.

Au seul cégep anglophone de la région de Québec, plus du trois quarts des 950 étudiants proviennent d’écoles secondaires francophones.

L’annonce des modifications touchant les établissements collégiaux inquiète particulièrement. Les francophones pourront continuer à fréquenter les cégeps anglophones. Toutefois, la proportion de places disponibles dans les cégeps anglophones sera gelée à 17,5 % des places totales dans le réseau collégial.

Selon le directeur Edward Berryman, il serait nécessaire de distinguer les réalités linguistiques des différentes régions dans l’application de la loi. Sur l’île de Montréal, il y a plusieurs cégeps anglophones, il y a deux grosses universités anglophones, il y a un collège privé anglophone, alors que dans la région de Québec, il n’y a qu’un établissement postsecondaire de langue anglaise. On veut appliquer des mesures de contingentement pour un très petit collège dont l’impact sur le fait français est loin d’avoir été démontré.

Sans connaître encore toutes les modalités de la loi, il craint qu’un gel des places empêche dans le futur la création de nouveaux programmes d’étude dans l’établissement.

Pas une menace pour la francophonie

Edward Berryman rejette la notion selon laquelle l’établissement nuit à la survie de la langue dans la région. Il n'y a pas de fait qui appuie l’idée que St. Lawrence contribue à l’anglicisation ou constitue une menace pour le français. Il affirme d’ailleurs que la plupart d’entre eux poursuivent leurs études à l’Université Laval une fois leur diplôme obtenu.

Selon lui, les étudiants du cégep cherchent surtout à développer leurs compétences langagières. Le rapport que les étudiants francophones ont avec la langue anglaise, c'est un rapport fonctionnel. Ils viennent à St. Lawrence parce qu’ils veulent s’ouvrir des horizons. Ce n’est pas un choix identitaire.

Le président de l’Association étudiante des étudiants du Cégep Émile Pinel est d’accord. De savoir parler en anglais et en français sur le marché du travail, c'est un atout indéniable. De restreindre cette opportunité-là à un bassin de 18 %, c'est un peu spécial de la part du gouvernement, se désole-t-il.

Un homme sourit à la caméra.

Edward Berryman est directeur du collège régional Champlain St Lawrence.

Photo : Radio-Canada / Hans David Campbell

La surprise de l’épreuve uniforme

Même s’il s’attendait à être affecté par l’annonce du gouvernement provincial, Edward Berryman a été surpris d’apprendre que les étudiants provenant d’écoles primaires et secondaires francophones devront passer l’épreuve uniforme de français pour obtenir leur diplôme.

En ce moment, les étudiants sont soumis au English exit exam, et sont d’ailleurs préparés en conséquence. Le directeur croit donc que l’imposition de l’épreuve uniforme mènera à d’importants changements à l’offre de services dans les établissements. Il va falloir passer par une modification des compétences de la formation générale, probablement modification de la grille de cours ou de l'offre de cours, l'ajout de ressources. Derrière ce petit paragraphe du projet de loi, il y a une machinerie assez complexe.

C’est justement ce que souhaite la CAQ avec la modification à la Loi. Il va devoir avoir une plus grande offre de cours en français dans les cégeps anglophones. C'est l’objectif, affirme le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette.

Sans empêcher le libre choix des étudiants, la CAQ fait le pari que ces modifications vont avoir un impact positif sur la connaissance du français des jeunes. On dit aux étudiants francophones et aux allophones, si vous allez étudier en anglais c'est votre choix, mais sachez que vous allez devoir avoir les mêmes compétences langagières en français que si vous aviez été étudier dans le réseau collégial francophone, explique le ministre.

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