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Levée des restrictions : un peu cet été, plus à l’automne, prévoit Ottawa

Une femme avec un masque sur la terrasse d'un restaurant.

La levée des mesures sanitaires sera tributaire du taux de vaccination, prévoit la santé publique fédérale.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) entrevoit des allègements des mesures sanitaires cet été et des assouplissements plus importants à l’automne, le tout étant tributaire de la couverture vaccinale.

L’agence fédérale a rendu public vendredi un tableau montrant les prochaines étapes de la vie après la vaccination.

Pour la période estivale, les restrictions pourraient commencer à être levées si 75 % des personnes admissibles au vaccin ont reçu une dose et 20 % ont reçu une deuxième dose.

Il serait ainsi possible de faire du camping, des randonnées pédestres et des pique-niques, et de se retrouver sur des terrasses.

Vous pourrez vous rassembler en petits groupes en plein air avec votre famille et vos amis. Vous devriez quand même éviter les foules, peut-on lire dans le document diffusé vendredi.

Pour l’automne, d’après les projections de l’ASPC, dans la mesure où 75 % des personnes admissibles au vaccin ont reçu leurs deux doses et sont entièrement vaccinées contre la COVID-19, il serait possible de faire plus d’activités à l’intérieur avec des personnes ne faisant pas partie du même ménage.

Il serait donc toléré de fréquenter des collèges, de participer à un rassemblement familial et de pratiquer des sports intérieurs.

La COVID-19 ne sera pas éliminée, et vous devrez tout de même suivre certaines mesures de santé publique, est-il écrit dans le document.

Le pic de la troisième vague passé

En conférence de presse, le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint à l'ASPC, a déclaré que le pays avait traversé le pire de la troisième vague.

À l’échelle nationale, nous décelons des signes encourageants que nous avons franchi le pic de la troisième vague. […] La moyenne de cas quotidiens s’établit à moins de 7000 cas quotidiens pour la première fois depuis le début d’avril, a-t-il dit.

L'administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada est assis derrière une table, lors d'une conférence de presse qui a eu lieu le 21 juillet 2020, à Ottawa.

Le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada (archives)

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Sur le front de la vaccination, le Dr Njoo constate de grandes avancées. À ce jour, plus de 17 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées dans tout le pays, a-t-il souligné.

Il y a quatre semaines, moins de 25 % des adultes avaient reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, et nous atteignons maintenant plus que 50 %, a précisé le Dr Njoo.

Nous faisons énormément de progrès et nous pouvons envisager un été à l’extérieur où nous exercerons de nouveau un bon nombre des activités qui nous ont manqué.

Une citation de :Le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de l'ASPC

Le Dr Howard Njoo insiste pour dire que l'été ne rime pas complètement avec liberté. Il nous faudra encore suivre les consignes de santé publique et continuer à prendre des précautions individuelles, comme la distanciation physique et le port du masque au besoin, a avisé le spécialiste.

La vaccination de masse aidant, l'automne sera l'occasion d'assouplir davantage de mesures. À l’approche de l’automne, au moment où de plus en plus de Canadiens seront entièrement vaccinés – ce qui nous offrira une meilleure protection dans l’ensemble de nos communautés –, nous pourrons songer à nous retrouver à l’intérieur, a-t-il prévenu.

Entrevue avec le Dr Howard Njoo

De la confiance

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, affiche une grande confiance dans l'atteinte des objectifs fixés en raison de la capacité des provinces de livrer les doses de vaccin.

Nous sommes confiants qu’avant la fin juin, tous les Canadiens qui aimeraient avoir une première dose de vaccin pourront être vaccinés. On espère que ce sera à 75 %, sinon plus.

Une citation de :Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales

Au courant de l’été, avec l’augmentation impressionnante de vaccins qui vont arriver au Canada, […] nous sommes tout à fait confiants que les deuxièmes doses pourront être administrées au courant des mois de l’été, et peut-être au mois de septembre. […] Alors nous sommes tout à fait confiants de respecter l’échéancier qu’on a décrit depuis plusieurs semaines, a-t-il ajouté.

Le ministre LeBlanc est assis à une table, derrière un micro. Derrière lui se trouvent des drapeaux du Canada.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Considérant que ce sont les provinces qui déterminent les phases de déconfinement sur leur territoire, pourquoi élaborer un tel plan? On essaie de trouver une façon nationale de donner le même message aux Canadiens quant à : qu’est-ce qu’on peut faire cet été, qu’est-ce qu’on pourra faire cet automne, et surtout à indiquer aux gens les possibilités de voir une réouverture économique sécuritaire, mesurée, mais fiable, a rétorqué le ministre.

De son côté, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, s’est fait questionner à savoir si le Canada pourrait adopter la position américaine sur le masque après la vaccination, c'est-à-dire que toute personne puisse cesser de le porter en public après avoir reçu deux doses de vaccin.

Le masque, c’est peut-être la dernière couche de ces multiples couches de protection [à enlever]. Avant, il faudrait alléger les mesures plus restrictives, les confinements, les ordres de demeurer à domicile... Ce sont des éléments clés sur lesquels il faut plancher, a-t-elle répondu.

Le réseau tient bon

Pour sa part, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a assuré que le réseau public de la santé tenait le coup.

La transmission de la COVID-19 est contrôlée à un niveau gérable. La capacité du système de santé publique est suffisante pour tester, retracer, isoler et mettre en quarantaine une proportion de cas et de personnes qui ont été en contact avec des personnes infectées, a-t-elle déclaré, précisant que le réseau résisterait à de nouvelles flambées d'infections.

Continuez s'il vous plaît à choisir des activités qui représentent des risques faibles pour vous et votre famille, et continuez à suivre les directives de la santé publique, a-t-elle lancé aux Canadiens.

Finalement, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, a indiqué que la pharmaceutique Pfizer allait accroître ses livraisons de vaccins prochainement, passant de 2 millions de doses par semaine en mai à 2,4 millions de doses par semaine en juin.

Levée des restrictions : un peu cet été, plus à l’automne, prévoit Ottawa

Le Canada est en retard sur la vaccination

Pour Roxane Borgès Da Silva, professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, il est très intéressant que l'Agence de la santé publique du Canada s'appuie sur une série d'indicateurs pour présenter des recommandations en matière de réouverture de l'économie et de reprise des activités sociales, soit les indicateurs épidémiologiques (nombre de cas, transmission communautaire, taux de positivité aux tests), la capacité du système de santé à absorber de nouvelles hospitalisations, et s'appuyer sur la couverture vaccinale.

Le Canada est en retard dans la vaccination, et nous ne sommes pas encore rendus à avoir une couverture vaccinale à deux doses, comparativement aux États-Unis, a ajouté Mme Borgès Da Silva.

Il faut une couverture [vaccinale] complète pour pouvoir se permettre de rouvrir sans risque.

Une citation de :La professeure Roxane Borgès Da Silva

En s'appuyant sur l'exemple du Royaume-Uni, où le déconfinement est allé de l'avant – notamment avec la réouverture des bars – après l'atteinte d'un taux de 50 % de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin, Mme Borgès Da Silva précise que Londres s'appuie sur une stratégie de dépistage rapide : tous les Britanniques sont invités à effectuer, par eux-mêmes, un test de dépistage à la maison, à raison de deux fois par semaine.

Or, au Québec notamment, les tests rapides ne sont pas encore utilisés à grande échelle. Cela pourrait suivre au cours des prochaines semaines, estime la spécialiste de la santé publique.

En ce qui concerne la réouverture de la frontière entre le Canada et les États-Unis, Mme Borgès Da Silva reconnaît que nous ne pouvons pas vivre en autarcie, mais dit préférer que les gens devant aller d'un pays à l'autre aient reçu deux doses du vaccin, en plus de disposer d'un passeport vaccinal pour en faire la preuve.

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