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Dernière journée de travail pour une centaine de professeurs de l’Université Laurentienne

Des étudiants marchent vers l'entrée de l'édifice de l'université.

L'Université Laurentienne a supprimé plusieurs programmes le 12 avril dernier.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le licenciement ou la retraite forcée de plusieurs professeurs de la Laurentienne prendront officiellement effet samedi, environ un mois après l’annonce de la suppression des 69 programmes, le 12 avril.

Ce jour-là, 83 professeurs ont appris qu’ils perdaient leur emploi, en plus de nombreux autres membres du personnel.

Dix-sept professeurs ont aussi choisi une retraite anticipée pour limiter le nombre de licenciements.

François Caron, professeur de chimie à la Laurentienne, n’a pas choisi cette option, car les renseignements concernant la retraite étaient trop flous selon lui.

Il était entré en poste à l’université sudburoise en 2000.

Pour moi, c’était une deuxième carrière, raconte-t-il. J’avais passé 10 ans ou presque à Chalk River comme chercheur nucléaire.

François Caron dans les studios de Radio-Canada à Sudbury.

François Caron, professeur de chimie

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

Il a principalement étudié la radioactivité environnementale pendant son passage à la Laurentienne.

Il dit qu’il a pressenti dès le 1er février,date à laquelle l’université s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, qu’il allait perdre son emploi.

Mes collègues me disaient : "François, tu enseignes à beaucoup d’étudiants, tu es en santé, tu as la permanence." J’ai dit que je ne comptais pas là-dessus, relate-t-il.

J’ai dit à l’époque que l’université allait entrer dans la jungle avec une machette et c’est essentiellement ce qui s’est passé.

Une citation de :François Caron, professeur de chimie

J’essaie de ne pas trop y penser, car c’est facile de s’enliser, affirme-t-il au sujet de sa dernière journée de travail.

J’ai quand même des rencontres avec des collègues aujourd’hui, des zooms, pour souligner le temps qu’on a passé ensemble. Ce n’est vraiment pas une journée de "travail productif".

M. Caron et ses collègues discutent notamment de stratégies pour surmonter ce moment difficile.

En entrevue au Matin du Nord, le président de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne, Fabrice Colin, a indiqué que le syndicat fait tout son possible pour aider ses membres.

Un homme vêtu d'une veste noire aux rayures blanches.

Fabrice Colin est le président de l'Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Certains doivent prendre des décisions qui sont souvent les décisions financières les plus importantes qu'ils auront à prendre dans leur vie, remarque-t-il.

Si certains professeurs qui étaient déjà à l’âge de la retraite ont principalement perdu l’occasion d’occuper un rôle qui les passionnait, les plus jeunes se retrouvent en très mauvaise posture, déplore M. Caron.

C’était une minicommunauté, avec les collègues et les étudiants, et ça, c’est perdu aussi.

Une citation de :François Caron, professeur de chimie

Selon M. Colin, plusieurs établissements sont prêts à aider les professeurs qui ont perdu leur emploi.

Dans le cas de l’Université York et de l’Université d’Ottawa, des collègues nous ont contactés afin de faciliter pour les membres licenciés l’obtention d’un statut de professeur ou de chercheur associé.

Des projets menacés

Charles Ramcharan, professeur d'écologie aquatique et directeur par intérim de l'École des sciences de l'environnement, a choisi de prendre une retraite anticipée pour s’assurer de toucher dès maintenant 66 % de son fonds de pension.

Si j’avais attendu, j'aurais risqué de ne rien retirer, explique-t-il.

M. Ramcharan a enseigné pendant près de 18 ans à la Laurentienne.

Ça a été un choc. J’ai travaillé toute ma vie pour devenir professeur, puis j’ai dû décider en trois jours de tout laisser tomber.

Une citation de :Charles Ramcharan, professeur d'écologie aquatique et directeur par intérim de l'École des sciences de l'environnement

Il souligne qu’il y a eu peu de licenciements de professeurs d’université au Canada dans les dernières années, avant le  lundi noir  de la Laurentienne, le 12 avril.

Charles Ramcharan devant un lac.

Charles Ramcharan, professeur en environnement

Photo : Radio-Canada / CBC/Samantha Samson

Je ne prévoyais pas prendre ma retraite avant l’âge de 70 ans, confie M. Ramcharan. J’avais plein de projets.

Je dois trouver une nouvelle source de revenus, dit-il. Heureusement, dans ma profession, c’est faisable.

Je suis un des seuls qui évolue dans un domaine d’activité lucratif, affirme celui qui compte offrir ses services de consultant environnemental.

Il note qu’il y a beaucoup de demandes dans le monde pour l’expertise développée à la Laurentienne en matière d’environnement et de revitalisation des sites miniers.

Nous étions très occupés à concevoir des stratégies et des protocoles pour les aider. La Laurentienne a choisi un très mauvais moment pour "exploser".

Une citation de :Charles Ramcharan, professeur d'écologie aquatique et directeur par intérim de l'École des sciences de l'environnement

Il ajoute que les programmes considérés comme moins lucratifs, la philosophie, par exemple, ont tout de même leur importance dans la société.

Avec les informations de Bienvenu Senga et de Martine Laberge

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