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10 ans après les inondations de 2011, des leçons apprises et des défis multiples

Des maisons et chemins inondés

La région de Saint-Laurent, au Manitoba, inondée en 2011, a été surprise par la montée des eaux du lac Manitoba.

Photo : Radio-Canada / John Bronevitch

En 2011, le Manitoba était en proie à des inondations majeures. Une décennie plus tard, alors que les conséquences sont encore visibles, des leçons ont été tirées afin d’éviter qu'un tel scénario se reproduise dans le futur.

Ironiquement, le sort a voulu que l’année 2021 soit l’année de sécheresses importantes, loin des images de champs inondés à perte de vue d'il y a 10 ans.

La province est habituée aux inondations et a dû tirer certaines leçons des événements de 2011.

Les digues de la rivière Assiniboine, par exemple, étaient particulièrement scrutées à l’époque et signalées comme étant au bord de la rupture à certains points.

Aujourd’hui, celles-ci font l’objet d’une surveillance étroite, selon le ministre des Infrastructures du Manitoba, Ron Schuler.

Malgré tout, certains endroits continuent de montrer des signes de faiblesse , avoue-t-il.

Devons-nous faire un travail de réparation de ces digues ? Oui. [...] Il y aura un temps où nous devrons faire tomber certaines sections pour les réparer.

Lac Saint-Martin, génération inondée et sacrifiée

Si certaines communautés touchées se sont reconstruites, autant matériellement que psychologiquement, d’autres n’ont pas eu cette chance.

À 200 kilomètres au nord de Winnipeg, la Première Nation de Lac Saint-Martin compose encore avec les traumatismes causés par les déplacements et la peur d’inondations futures.

Selon la dernière mise à jour du gouvernement fédéral datant du 23 octobre 2020, 200 membres des Premières Nations de Saint-Martin et Peguis n’avaient toujours pas été relogés.

En 2011, l'ensemble de la communauté de Lac Saint-Martin avait dû fuir dans la précipitation après que le gouvernement néo-démocrate de l’époque eut pris la décision d’inonder ses terres pour épargner Winnipeg d’une montée des eaux dangereuses.

Encore aujourd’hui, les conséquences psychologiques de ces évacuations forcées se font ressentir, explique la professeure de l’Université du Manitoba et membre de la Première Nation de Lac Saint-Martin, Myrle Ballard.

Certains enfants sont nés en dehors de la communauté et n’ont connu que la vie de déplacés, raconte-t-elle

Selon elle, ce déracinement a causé des problèmes sociaux, économiques et psychologiques durables.

Avec les inondations de 2011, beaucoup de Premières Nations ont perdu leur mode de vie.

Une citation de :Myrle Ballard, professeure à l’université du Manitoba et membre de la Première Nation de Lac Saint-Martin

Le canal de la discorde

Après 2011, l’idée d’un canal de déversement entre le lac Manitoba, le lac Saint Martin et le lac Winnipeg a émergé.

En 2018, le Manitoba et le gouvernement de Brian Pallister s'engageaint à bâtir deux canaux de déversement permanents pour atténuer les inondations à cet endroit de la région d’Entre-les-Lacs. Le coût total de l’opération, soit 540 millions de dollars, est réparti entre les gouvernements fédéral et provincial.

En mars 2020, le projet de canaux de déversement pour les deux lacs passait à l’étape suivante du processus d’évaluation.

Toutefois, le chantier est actuellement au point mort après une série de rebondissements judiciaires.

En août dernier, un tribunal manitobain a ordonné l’arrêt des travaux après une plainte de l'Interlake Reserve Tribal Council (IRTC), qui représente les cinq Premières Nations de la région.

Les communautés autochtones affirment ne pas avoir été assez consultées au sujet de la construction d’une route de 23 kilomètres menant au canal et nécessaire à la construction, selon la province.

En février, cette décision a été cassée en appel, mais l’IRTC a déposé une demande pour porter l’affaire devant la Cour suprême du Canada en avril.

Les moyens de subsistance des collectivités seront tous touchés par ce mégaprojet, et la province cherche maintenant à réparer les torts qu’elles ont subis par le passé, avait indiqué le directeur général de l’IRTC, Karl Zadnik, dans un communiqué.

Mais nous n’avons toujours pas rencontré la ministre Schuler depuis plus d’un an que nous avons demandé une rencontre entre dirigeants, s'était-il indigné.

Le ministre des Infrastructures du Manitoba, Ron Schuler, conteste cette affirmation, assurant avoir mené moult consultations sur le projet.

Nous avons fait plus de 170 consultations directes avec nos Premières Nations, assure-t-il, et des milliers de prises de contact par téléphone, courriels ou lettres.

Avant de continuer le chantier du canal du lac Saint-Martin, la province doit d’abord passer l’évaluation environnementale au niveau fédéral. Ron Schuler espère obtenir cette autorisation rapidement pour construire une infrastructure essentielle à la région.

Toutefois, selon Myrle Ballard et l’IRTC, si le projet est effectué tel quel, il causera des dommages irréparables à l’environnement et aux moyens de subsistance des communautés autochtones alentour.

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