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Des taux de vaccination variables dans les Premières Nations du Manitoba

Le chef de la Nation crie de Pimicikimak, David Monias, reçoit sa deuxième vaccination contre le COVID-19.

Le chef de la Nation crie de Pimicikimak, David Monias, reçoit sa deuxième dose de vaccin contre la COVID-19, en mars.

Photo :  CBC / Cameron MacIntosh

Radio-Canada

Les taux de vaccination contre la COVID-19 varient dans les Premières Nations du Manitoba pendant que la campagne provinciale de vaccination continue de s’intensifier.

L'équipe de coordination de la réponse à la pandémie auprès des Premières Nations du Manitoba indique que près de 70 000 membres des Premières Nations ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19.

De ce nombre, plus de 70 % ont été vaccinés dans les communautés autochtones.

Le succès de la campagne de vaccination des Premières Nations est cependant variable selon les différentes régions de la province.

Par exemple, plus de 70 % des personnes admissibles à la vaccination ont reçu au moins une dose de vaccin dans la Nation crie de Pimicikamak, ce qui reste toutefois insuffisant, selon le chef David Monias.

Le but est en fait que 75 % de notre population soit vaccinée, indique-t-il, en ajoutant qu’il importe aussi d’assurer la protection des enfants et de veiller à la santé de la communauté afin d’atteindre l’immunité collective et de retrouver une certaine forme de normalité.

Une livraison de vaccins Pfizer-BioNTech est attendue dans la Première Nation au cours de ce mois-ci, ce qui permettra de vacciner les jeunes de la communauté, une opération qui devrait débuter dès le 27 mai.

Nous recevons des commentaires positifs de personnes qui veulent faire vacciner leurs enfants, et je crois que tout le monde veut protéger ses enfants, souligne David Monias.

David Monias ouvrant une caisse de vaccins.

David Monias a rappelé à la population de la Première Nation l'importance de la vaccination de masse.

Photo : Gracieuseté de David Monias

Pour rappeler l’importance de la vaccination de masse, David Monias utilise la radio communautaire et les réseaux sociaux.

Néanmoins, et en dépit du succès des cliniques de vaccination dans la Première Nation, il relève que certaines personnes s’inquiètent toujours de la sécurité du vaccin. Bien entendu, il y aura toujours des opposants, dit-il d'un ton résigné. Des gens qui ne croient pas aux vaccins, qui se sentent comme des cobayes. Mais, en réalité, y a-t-il une autre solution?

Méfiants envers les gouvernements

D’autres Premières Nations ont plus de difficulté à convaincre leurs membres de se faire vacciner.

Sur les 700 résidents de la Première Nation Black River, seulement 250 ont été vaccinés, estime le chef, Sheldon Kent. Ce nombre représente 35,7 % de la population, une proportion bien en deçà de la moyenne provinciale de 48,6 %.

Il y a plusieurs personnes qui s’inquiètent des effets secondaires du vaccin, confirme Sheldon Kent, en soulignant qu’il y a des raisons pour lesquelles les gens sont méfiants ou sceptiques par rapport à tout ce dont le gouvernement fait la promotion.

Depuis la signature des traités, nous sommes passés par les écoles, par les pensionnats, par tous ces établissements qui ont été créés et où notre peuple n’était pas très bien traité, rappelle-t-il.

Nous sommes toujours en train de composer avec les effets de ces établissements qui ont été créés par le gouvernement pour tenter de nous assimiler, poursuit Sheldon Kent, qui compte sur le processus de réconciliation pour rétablir la confiance des Premières Nations envers les gouvernements.

Sheldon Kent.

Le chef de la Première Nation Black River, Sheldon Kent, dit combattre les fausses informations à propos des vaccins dans sa communauté.

Photo : Gracieuseté de Roberta Kent

Les personnes âgées ont été les premières à être vaccinées dans la communauté. Or, quand la clinique a été ouverte à la population générale, 100 doses n’ont pas trouvé preneur, et ont dû être données à la GRC et à des personnes vivant près de la communauté.

Sheldon Kent a fait le tour de sa communauté, répondant à des questions à propos de l’innocuité du vaccin et combattant les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux.

J’ai utilisé des témoignages de personnes qui ont eu la COVID-19, raconte-t-il.

Ces efforts lui ont permis de convaincre environ 70 personnes supplémentaires de se faire injecter une première dose, et même certains de ses propres frères et soeurs, sceptiques au départ, ont finalement été vaccinés.

Hésitation ou manque d’accessibilité

L'équipe de coordination de la réponse à la pandémie auprès des Premières Nations du Manitoba veut cependant combattre l'idée préconçue selon laquelle les Premières Nations hésiteraient davantage à se faire vacciner.

Plus de 50 000 membres ont été vaccinés, ce qui représente plus de 50 % des membres admissibles dans la province, affirme la Dre Marcia Anderson, de l’équipe de coordination.

Je crois qu’il faut faire attention à ne pas laisser entendre que l’hésitation est plus grande chez les Premières Nations, poursuit-elle.

L’équipe de coordination dit s’efforcer d’améliorer l’accessibilité des vaccins aux Premières Nations, ajoutant que ce qui est souvent interprété comme de l’hésitation peut aussi plutôt découler d’un manque d’accès aux vaccins.

Avec les informations de Stephanie Cram

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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