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Troisième vague au Bas-Saint-Laurent : le « mystère » de l'ouest

Deux personnes marchent sur un trottoir de Saint-Pascal.

Les secteurs de l'ouest du Bas-Saint-Laurent sont particulièrement touchés par la troisième vague de la pandémie de COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La troisième vague de COVID-19 a frappé durement le Bas-Saint-Laurent, qui doit depuis quelques semaines composer avec des mesures sanitaires d’urgence dans l’ouest du territoire. Or, c’est précisément dans le KRTB qu'ont été recensées la grande majorité des nouvelles infections au cours des derniers mois.

Depuis le 22 mars 2021, plus de 80 % des nouveaux cas sont situés dans les territoires comprenant les MRC de Kamouraska, de Rivière-du-Loup, de Témiscouata et des Basques, communément appelées le KRTB.

C'est ce que révèlent les données publiées par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent et l’Institut national de santé publique (INSPQ).

Cela représente une disproportion si on considère que ces quatre régions représentent 42 % de la population du Bas-Saint-Laurent.

Pendant ce temps, la MRC de Rimouski-Neigette a vu sur son territoire un peu plus de 10 % des nouveaux cas de COVID-19 pour cette même période.

La date du 22 mars 2021 est significative puisque c'était la première fois que le Bas-Saint-Laurent enregistrait plus d'une dizaine de nouveaux cas de COVID-19 quotidiens après des mois de janvier et de février plutôt tranquilles.

Il n’y a eu que deux moments depuis le 22 mars 2021 où l’ensemble des autres MRC du Bas-Saint-Laurent comptaient plus de cas quotidiens que le KRTB : les 10 et 15 avril 2021.

Le « défi » du secteur manufacturier

Élus et experts y vont de plusieurs pistes pour expliquer cette fracture entre l’est et l’ouest du territoire.

Je n’ai pas de réponse officielle malheureusement à vous donner, laisse tomber le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, qui laisse à la santé publique le soin de faire des hypothèses.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent n’a pas voulu nous accorder d’entrevue précisément sur la situation dans le KRTB.

C’est lors d’une conférence de presse sur l’éclosion en cours à l’usine de Viandes du Breton à Rivière-du-Loup que le directeur régional de santé publique, le Dr Sylvain Leduc, a donné quelques pistes d’analyses.

On a un tissu social et économique qui favorise plus, dans le KRTB, le travail dans de grandes entreprises comme nos deux abattoirs, a expliqué Dr Leduc en faisant référence aux usines de Viandes du Breton et d’Aliments Asta à Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Donc lorsqu’il y a une transmission communautaire dans la région, forcément, les travailleurs vont finir par être touchés et un alimente l’autre.

D’ailleurs, les usines de du Breton et d’Aliments Asta ont toutes deux été le théâtre d’éclosions à au moins deux reprises depuis le début de la pandémie. La plus récente à l’usine de Rivière-du-Loup a même été qualifiée de préoccupante par la santé publique régionale dans un communiqué publié mardi après-midi.

Des véhicules stationnés devant l'usine de Viandes du Breton, à Rivière-du-Loup.

L'usine de Viandes du Breton à Rivière-du-Loup (archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’usine est d’ailleurs fermée pour 10 jours afin de tenter de freiner la propagation du coronavirus.

C’est un plus grand défi dans le secteur manufacturier, de faire respecter les gestes barrières, note pour sa part le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé.

Une question de géographie?

Le Dr Leduc a toutefois tenu à rappeler que le KRTBn’a pas toujours été la région la plus touchée.

Il y a eu des fluctuations. On a des vagues qui varient, a-t-il ajouté.

La situation géographique du KRTB serait aussi un élément à considérer.

On est une plaque tournante quand on parle d’aller vers les Maritimes ou même vers les États-Unis, observe toutefois le préfet Michel Lagacé. Nous avons également une proximité avec de grands marchés, Québec et Chaudière-Appalaches, par exemple.

Deux régions qui ont aussi eu à composer avec d’importantes éclosions de COVID-19 lors des derniers mois.

Selon M. Lagacé, les résidents de Rivière-du-Loup ont plus tendance à aller vers Québec pour effectuer certains achats plutôt que d’aller à l’est, vers Rimouski.

Le préfet formule également l’hypothèse que les éclosions précédentes dans l’ouest du Bas-Saint-Laurent ont changé la perception des habitants du coronavirus.

M. Lagacé rappelle que le premier cas au Bas-Saint-Laurent, au printemps 2020, était dans l’ouest de la région. Le secteur de La Pocatière a également dû composer avec une importante éclosion à l’automne 2020 en lien avec des fêtes étudiantes.

On a trébuché plusieurs fois [par le passé] et vu qu’on a été capables de souvent se relever, les gens semblent s’être dit que c’était banal.

Une citation de :Michel Lagacé, préfet de la MRC de Rivière-du-Loup

De son côté, le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, note également un certain relâchement.

On nous dit que c’est communautaire, que ce sont des contacts [entre personnes], explique-t-il, ajoutant que la situation dans le Kamouraska s’est toutefois améliorée depuis quelques jours.

En point de presse, le Dr Leduc a finalement souligné la prédominance du variant britannique dans les nouveaux cas au Bas-Saint-Laurent, estimant que la totalité des nouvelles infections dans la région y sont liées.

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