•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sauvons Saint-Jean : un an de campagne et un combat toujours ardent

L'affiche du Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta.

Une action intentée en justice par l'ACFA contre le gouvernement provincial et l'Université de l'Alberta est toujours en cours.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

Un an après son lancement, la campagne Sauvons Saint-Jean de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), continue d'attirer des appuis alors que la position du gouvernement provincial n'a pas changé.

Douze mois se sont écoulés depuis le lancement de la campagne pour sauver le Campus Saint-Jean. La mobilisation de la communauté francophone est toujours aussi forte, se réjouit la présidente de l'ACFA, Sheila Risbud.

Nous avons reçu 1200 lettres [de soutien], explique-t-elle. On a presque collecté 20 000 dollars en argent, les gens envoient de petits, de gros montants et ça continue de rentrer.

Cette campagne est allée toucher le coeur des gens, quand ils ont vu que leur institution était menacée.

Une citation de :Sheila Risbud, présidente, ACFA

Depuis le lancement de la campagne Sauvons Saint-Jean, l’ACFA a activé plusieurs leviers pour assurer la survie de l’institution allant jusqu'à mettre à exécution sa menace de poursuivre en justice le gouvernement provincial et l’Université de l’Alberta pour dénouer l’impasse dans lequel se trouve le campus quant à son avenir.

Sheila Risbud avoue que cette décision a rendu les communications difficiles avec la province. Cela crée un refroidissement, note-t-elle, c'est sûr que ç'a été une des considérations avant d'aller vers la voie juridique, mais dans ce cas-ci, on trouvait que cela valait la peine compte tenu des enjeux.

Sheila Risbud croit aussi que la campagne a eu un impact lorsqu’est venu le temps de préserver l’autonomie du Campus Saint-Jean, alors que l’Université de l’Alberta envisageait divers scénarios pour faire face aux compressions budgétaires du gouvernement Kenney.

« Plus juste une cause francophone »

La présidente de l'Association des universitaires de la Faculté Saint-Jean (AUFSJ), Joannie Fogue, dit que son association active aussi tous les leviers possibles pour sauver le campus.

Elle pense notamment à lancer ce qu'elle décrit comme un mouvement interprovincial pour défendre le droit des étudiants francophones postsecondaires avec d'autres associations universitaires pour vraiment mettre la pression au niveau provincial et fédéral.

Quand on regarde tout ce qui se passe ailleurs, notamment avec l’Université Laurentienne, les étudiants francophones sont obligés de se demander si l’avenir francophone existe sincèrement au Canada.

Une citation de :Joannie Fogue, présidente, AUFSJ
Les messages #sauvonssaintjean et #savesaintjean sur une affiche près du drapeau franco-albertain.

Lancé à la mi-mai 2020, Sauvons Saint-Jean est une campagne de sensibilisation bilingue qui a dépassé les frontières de l'Alberta.

Photo : Site Internet de l'ACFA

Ottawa : « Laissez disparaître ou intervenir »

Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a octroyé 121,3 millions de dollars sur 3 ans à l'éducation postsecondaire des francophones en milieu minoritaire.

Je reste optimiste, pour le court et moyen terme, que le Campus Saint-Jean continuera de fonctionner dans sa forme actuelle, a déclaré le politologue Rémi Léger qui voit cet investissement d'Ottawa d'un bon oeil. Pour ce qui est du long terme, cela va se jouer devant les tribunaux.

Le gouvernement [Trudeau] s’est rendu compte que la situation était critique à la fois au Campus Saint-Jean, à l’Université Laurentienne, celle de Moncton [N.-B.] et de Sainte-Anne [N.-É.], croit-il. Avec ce dernier budget, il nous donne le signal qu’il est prêt à intervenir sans le soutien des provinces, du moins sur le court et moyen terme.

Le fédéral va devoir choisir entre soit laisser le campus Saint-Jean échouer et disparaître ou intervenir.

Une citation de :Rémi Léger, professeur de sciences politiques, Université Simon Fraser

L'ACFA espère maintenant sécuriser cet appui avant les prochaines élections au Canada. Nous aimerions trouver une solution, d’ici la fin juin [au cas où il y aurait des élections fédérales], parce qu’autrement cela risque de prendre du temps, conclut la présidente de l'ACFA, Sheila Risbud.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !