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Une entreprise « écologique » embêtée par la Ville de Québec

Le propriétaire des Jardins vivaces de Charlesbourg, Jacques Hébert.

Le propriétaire des Jardins vivaces de Charlesbourg, Jacques Hébert

Photo : Courtoisie : Jacques Hébert

Le propriétaire de l’entreprise Les jardins vivaces, dans le nord de Charlesbourg, affirme ressentir de la pression depuis quelques mois de la part de la Ville de Québec pour cesser ses activités. Jacques Hébert soupçonne qu’on souhaite réaliser un projet immobilier sur sa propriété.

Jacques Hébert produit des vivaces, du compost et du paillis depuis plus de 30 ans sur la rue Georges-Muir. Il reçoit des résidus d’émondage d’entreprises arboricoles de la région, qu’il transforme ensuite en paillis et en terreau. Des clients viennent d’un peu partout dans la province pour acheter sa production.

Quand j'ai commencé commercialement, ces résidus allaient aux sites d'enfouissements ou à l'incinérateur. J'ai été pionnier dans ce domaine et mes pratiques écologiques sont appliquées à travers le monde. J'ai participé à des projets de recherche universitaires et je suis toujours sollicité en ce sens, affirme-t-il.

Un monticule de compost des Jardins vivaces de Charlesbourg.

Un monticule de compost des Jardins vivaces de Charlesbourg

Photo : Source : site Internet des Jardins vivaces de Charlesbourg

Nouveau projet

Un nouveau projet résidentiel s'est construit en 2019 à proximité des Jardins vivaces de Charlesbourg. Jacques Hébert affirme que ses problèmes ont commencé quelques mois plus tard, au printemps 2020.

Les nouveaux résidents ont fait des plaintes concernant le bruit de mon broyeur. La Ville m'a demandé de limiter mes heures de broyage sur semaine, ce que j'ai fait, explique l’horticulteur. À la fin octobre 2020, la Ville de Québec lui a tout de même demandé de cesser ses opérations de broyage et a exigé qu’il se débarrasse de tout son paillis et de son compost d’ici la mi-juillet 2021.

Des jardins devant une résidence.

Le site des Jardins vivaces de Charlesbourg.

Photo : Source : site Internet des Jardins vivaces de Charlesbourg

Demande de permis

Jacques Hébert a alors entrepris des démarches afin d’obtenir un permis de centre de jardinage, qu’il ne possédait pas.

Le représentant de la Ville m’a dit que le droit acquis pouvait s'appliquer, que je n'avais qu'à me présenter pour un permis. Je suis revenu chez moi avec une demande de permis que je croyais qu’on m'accorderait, raconte Jacques Hébert.

Finalement, dans les dernières semaines, il a eu la confirmation que le permis ne lui serait pas accordé. J’ai reçu un avis disant que je n'étais pas dans le bon zonage et que je n'avais pas le droit de recevoir, transformer et vendre des produits tels que mon paillis et mon compost et que je n'avais que le droit de produire et vendre mes végétaux, soutient Jacques Hébert.

L’horticulteur s’explique mal cette situation. Je ne peux pas exercer mes activités, mais une partie de mon évaluation est zonée commerciale, donc chargée à 3 % de taxes au lieu de 1 % comme dans la zone résidentielle, affirme-t-il.

Activités restreintes

La Ville de Québec soutient qu’elle n’a pas l’intention de forcer la fermeture des Jardins vivaces de Charlesbourg et précise que monsieur Hébert n’a pas à cesser l’ensemble de ses activités. Le zonage de la propriété est agroforestier. L’entreprise ne peut donc pas recevoir de résidus d’émondage de l’extérieur.

Seule la transformation de bois provenant de l’extérieur est interdite. L’entreprise peut donc poursuivre ses autres activités autorisées de culture et de production avec les matières premières disponibles sur son terrain, affirme le porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien.

Des explications qui ne convainquent pas Jacques Hébert. Il se questionne sur les réelles intentions de la Municipalité. J'ai un grand terrain qui pourrait éventuellement servir à un développement résidentiel. Il est préférable pour eux d'avoir le moins d'obstructions possible pour y arriver. Un éventuel permis commercial pourrait faire obstacle à un tel projet, avance-t-il.

La Ville assure qu’elle n’a ni intention ni plan de projet résidentiel à cet endroit, d’autant plus que le zonage en vigueur l’interdit.

Jacques Hébert a retenu les services d’un avocat afin de tenter de faire valoir ce qu’il considère comme son droit acquis de poursuivre toutes ses activités. Il rappelle également que sa production de compost et de paillis est écologique et en lien avec la volonté de la Ville de favoriser le développement durable.

Il a aussi lancé une pétition, qui pour le moment contient 400 signatures, en appui à sa démarche.

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