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L'intérêt accru pour les activités nautiques fait craindre une hausse des noyades

À la plage du lac Normand, les enfants peuvent marcher sur plusieurs centaines de mètres avant d’avoir de l’eau par-dessus la tête.

La Société de sauvetage veut éviter une autre année mortelle sur les plans d'eau du Québec.

Photo : Sépaq

Vu l’engouement pour l’achat et la location de chalets au bord de l’eau, la Société de sauvetage incite à la prudence, afin que moins de Québécois meurent noyés cette année.

Selon le directeur général de la Société de sauvetage, division du Québec, Raynald Hawkins, l’an dernier, les facteurs étaient tous réunis pour qu’un nombre élevé de Québécois se retrouvent près des cours d’eau ainsi que des piscines et courent ainsi le risque de se noyer.

Les gens sont restés au Québec, il a fait beau, il a fait chaud, il y a eu une croissance dans les ventes de piscines, d'embarcations, des sports de pagaie.

Or, tout indique que ce sera encore la même situation cette année. Un sondage Léger, réalisé pour le compte de l’assureur Allstate du Canada, montre que 22 % des Québécois ont l’intention de louer ou de fréquenter un chalet cet été. Dans la moitié des cas, il s’agira d’une première expérience dans un lieu qui ne leur est pas familier.

De plus, l’intérêt grandissant pour l’achat de résidences secondaires, de bateaux de plaisance et de piscines privées se maintient.

Les clients d'Allstate au Canada ont souscrit davantage à des polices pour les bateaux et les propriétés récréatives en 2020, comparativement à 2019, témoigne Carmine Venditti, qui est directeur d’agence pour Allstate dans le secteur de Montréal-Est.

D'ailleurs, chez Concept Piscine Design de Québec, les affaires vont très bien. L'année passée, on a eu une augmentation de vente dans les piscines hors terre autour de 25 à 30 %. Cette année, on s'attend à avoir à peu près les mêmes chiffres que l'année passée , explique la directrice générale Vicky Lepage.

La vente de piscine est en hausse en raison des mesures de confinement et de distanciation physique liées à la COVID-19.

Les piscines privées sont aussi en demande.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Augmentation des noyades

Cet intérêt accru pour les activités nautiques n'est pas étranger à une augmentation des noyades mortelles. Selon les données de la Société de sauvetage, au moins 95 Québécois sont morts dans des incidents liés à l’eau l'an dernier, contrairement à une soixantaine en 2019. La moyenne des 10 dernières années s’établissait à environ 80.

La tendance était pourtant à la baisse dans les 10 dernières années, selon Raynald Hawkins.

Moi ça fait maintenant 30 ans que je suis le porte-parole de la Société de sauvetage et je regarde en fonction des décennies. On est passé de 100 noyades par années, à 90, et là on était rendus à 80.

Une citation de :Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, division du Québec

C’est pourquoi M. Hawkins estime qu’il faut redoubler de prudence lorsque l’on se trouve près d’un cours d’eau cette année, particulièrement si on ne le connaît pas bien.

Les Québécois et le gilet de sauvetage

Les recommandations peuvent sembler répétitives année après année, mais pour le porte-parole de la Société de sauvetage, ça peut faire une différence entre l'anecdote à raconter plutôt que le drame à faire vivre à vos proches.

Bien que la population soit bien au courant de l’importance du port de la veste de flottaison, la pratique n’est pas totalement répandue. Seulement 42 % des répondants au sondage Léger qui sont âgés de 18 à 34 ans ont affirmé qu'ils portaient toujours un gilet de sauvetage lorsqu'ils étaient sur une embarcation.

Pourtant, son efficacité n’est plus à démontrer. Les données de la Société de sauvetage montrent que dans 86 % des décès, les personnes ne portaient pas ou portaient mal le gilet de sauvetage.

Un policier près d'une résidence.

Une fillette de quatre ans s'est noyée dans une piscine de Shannon en août 2020.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Surveillance constante

Dans la grande majorité des noyades, les personnes décédées se trouvaient seules dans l’eau, sans surveillance. Il s’agit donc d’une habitude à proscrire, autant chez les adultes que chez les enfants. De plus, il est important de ne pas être distrait par une autre tâche lorsqu’on doit surveiller des baigneurs.

Raynald Hawkins compare la situation à la pratique populaire voulant qu’une personne devienne le chauffeur désigné lors des soirées arrosées.

Maintenant, faisons-le lorsqu’on est près de l’eau, sur l’eau ou dans l’eau. Il faut avoir son sauveteur désigné en tout temps.

Une citation de :Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, division du Québec

Attention à l’alcool

Parlant de soirées arrosées, Raynald Hawkins met en garde contre la consommation d’alcool près des cours d’eau. La déshydratation, le soleil, le vent, la chaleur et le clapotis des vagues accentuent tous les effets de l’alcool.

Un verre d'alcool à bord d'une embarcation, c'est trois verres sur la terre ferme, indique-t-il.

Et il ajoute également que les facultés affaiblies peuvent mener à des sauts ou des manœuvres dangereuses, qui peuvent causer d’importantes blessures notamment à la colonne vertébrale et à la moelle épinière.

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