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Prolongation de l'ordre de rester à la maison : pas de surprise dans la région

Le gouvernement de l’Ontario a annoncé, jeudi, qu’il prolongeait l’ordre de rester à la maison, ainsi que les mesures sanitaires en place à travers la province, au moins jusqu’au 2 juin.

Un masque est vu jeté dans le centre-ville d'Ottawa.

La décision du gouvernement Ford de prolonger l'ordre de rester à la maison au moins jusqu'au 2 juin ne surprend pas à Ottawa et dans l'est ontarien.

Photo :  CBC / David Richard

Radio-Canada

À Ottawa et dans l’est ontarien, tant le milieu des affaires que les autorités de santé publique espèrent que cette décision permettra de contrôler la pandémie une bonne fois pour toutes et d'envisager un retour progressif à la normale.

L’ordonnance de rester à la maison devait prendre fin le 19 mai en Ontario, mais le premier ministre Doug Ford a décidé de reconduire les mesures au moins jusqu’au 2 juin.

La situation est en train, tranquillement, de prendre une meilleure direction. Mais ne vous méprenez pas, nous ne sommes pas encore sortis du bois. Nos hôpitaux sont encore sous une immense pression. La propagation des variants demeure notre plus grande préoccupation , a-t-il expliqué en point de presse, jeudi.

Selon le premier ministre, les indicateurs actuellement sont similaires à ceux du sommet de la deuxième vague de la pandémie de COVID-19 dans la province.

Les commerces non essentiels resteront donc fermés pour encore près de trois semaines. Dans le milieu des affaires de la région, la nouvelle n’a pas surpris.

On avait bien remarqué que la date [de fin de l’ordre de rester à la maison] que le premier ministre avait donnée était l’avant-veille d’une grande fin de semaine. Ce n’est pas une très bonne idée. Alors je pense que plusieurs personnes avaient déjà l’idée que c’était pour être au moins repoussé d’une semaine, sinon deux. La semaine dernière, nous étions pas mal tous d’accord qu’il y aurait une rallonge de deux semaines, a indiqué la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Lise Sarazin.

Mme Sarazin est d’avis qu’un prolongement des mesures est le prix à payer afin de pouvoir espérer une ouverture définitive.

Tout le monde en a assez d’ouvrir et de fermer. Le jeu du yoyo, je pense qu’on veut en finir, donc s’il faut continuer deux semaines, faisons-le une fois pour toutes. [Plus de] gens auront été vaccinés [...] Toutes les fois qu’on ajoute une semaine, pour ceux qui sont déjà fermés, il n’y a rien de bon là-dedans. Par contre, c’est pas mieux d’ouvrir, de fermer, et d’ouvrir et de refermer, estime la directrice générale du RGA.

« S’il y a un autre deux semaines à prendre afin de rouvrir et de rester ouvert, c’est mieux pour tous. »

— Une citation de  Lise Sarazin, directrice générale du RGA

L’ordre de rester à la maison prévoit aussi l'interdiction d'utiliser les installations sportives extérieures. Et dans la région, cela signifie aussi qu'il n'est pas permis de traverser la frontière provinciale, sauf pour des déplacements essentiels.

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait d’ailleurs demandé aux Ottaviens de ne pas profiter du léger assouplissement en Outaouais pour traverser la frontière, lors de l’annonce de la fin des mesures spéciales d’urgence dans la région, mardi.

Une décision appuyée dans l'est ontarien

Le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), avait demandé une telle prolongation des mesures. Il appuie donc, sans surprise, la décision de la province. À mon avis, c’est une bonne décision parce qu'on avait besoin de deux semaines de plus pour nous assurer que les chiffres vont dans la bonne direction, et qu’ils soient assez bas pour qu’on puisse commencer à rouvrir l’économie, les commerces, les centres récréatifs, de façon sécure et de façon qu’on n'ait pas à reculer et fermer à nouveau, a-t-il indiqué.

Un homme, dehors, sourit à la caméra.

Le médecin hygiéniste et directeur général du Bureau de santé de l'est de l'Ontario, Dr Paul Roumeliotis (archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Selon Dr Roumeliotis, début juin, 65 % de la population de l’est de l’Ontario aura reçu au moins une dose du vaccin contre la COVID-19, ce qui pourrait permettre d'envisager une ouverture définitive des commerces.

Je ne peux rien garantir, mais on a de très bonnes chances que ce soit le dernier confinement dans cette pandémie actuelle, a-t-il dit.

Pas de réouverture des écoles

Les écoles resteront elles aussi fermées, le temps que la vaccination contre la COVID-19 des enseignants progresse et bientôt celle des élèves, a indiqué le premier ministre Ford.

Mercredi, le maire d’Ottawa, Jim Watson, et la médecin chef de Santé publique Ottawa, la Dre Vera Etches, disaient pourtant espérer une réouverture des écoles avant la fin du mois de mai dans les régions les moins touchées.

Pour la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, le maintien des écoles fermées est nécessaire, du fait du manque d’action du gouvernement pour en permettre la réouverture.

Nous, ce qu’on revendique depuis le début, c’est que oui, les écoles devraient être rouvertes, mais elles devraient aussi être sécuritaires. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement n’écoute absolument personne d’autre sauf lui-même. [...] On lui demande d’écouter ce qu’on a à dire, lance Mme Vinet-Roy, insistant sur les problèmes de ventilation et de taille des classes, entre autres.

Anne Vinet-Roy accorde une entrevue via téléconférence.

La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy (archives)

Photo : Radio-Canada

La présidente de l’AEFO voit tout de même d’un bon œil l’ouverture de la campagne de vaccination pour les enfants de 12 ans et plus, qui pourrait permettre un retour en classe presque normal, en septembre.

C’est toute la communauté scolaire qui doit être protégée parce que les élèves vont dans leur communauté, sont en contact avec leur famille, tout comme nos membres. Alors évidemment c’est très important, même si évidemment, ce sera aux parents de décider si leur enfant se fait vacciner. [...] Ce qui est toutefois inquiétant, c’est que [le gouvernement] semble dire qu’il y aura un effort de fait pour que tous les élèves qui le souhaitent aient leurs deux doses avant la rentrée scolaire, mais qu’on n'a rien entendu à ce niveau-là pour le personnel de l’éducation, note-t-elle.

Avec les informations de Samuel Blais-Gauthier

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