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Féminicides : rassemblement d'organismes à Thunder Bay pour la sécurité des victimes

Le poing d'un homme avec la silhouette floue d'une femme derrière.

La pandémie et le confinement ont exacerbé les problèmes des hommes violents, selon plusieurs organismes.

Photo : iStock

Radio-Canada

En réponse à une augmentation de la violence conjugale et des féminicides dans le Nord de l’Ontario, des organismes de la région de Thunder Bay créent une équipe d’intervention pour coordonner la sortie de prison de certains délinquants violents.

Pour désengorger les prisons afin de permettre la distanciation physique pendant la pandémie, les tribunaux ontariens ont utilisé des outils comme les reconnaissances de culpabilité en échange de sentences plus clémentes et les libérations sous caution.

Mais lorsque certains accusés de violence envers un partenaire intime sont libérés, certains organismes rapportent que leurs victimes sont inquiètes.

Debbie Zweep, directrice générale de la maison Faye Peterson, un refuge temporaire pour les femmes et les enfants à Thunder Bay prend comme exemple un homme de cette ville accusé de voies de fait graves sur sa partenaire.

La façade de la prison presque centenaire de Thunder Bay en Ontario.

Le système carcéral ontarien a procédé à du délestage depuis le début de la pandémie.

Photo : CBC/Nicole Ireland

L’homme aurait été libéré à condition qu’il reste chez ses parents.

Les femmes me disent : "Pourquoi m'engager dans le système judiciaire? Autant rester à la maison et se faire tabasser parce que je n'obtiendrai aucune justice", déplore Mme Zweep.

En réponse aux craintes de la communauté, des organismes de Thunder Bay ont formé un nouveau groupe de travail sur la violence envers les femmes.

Mme Zweep, coprésidente du comité de coordination, affirme que le groupe s'est formé parce qu'aucune planification n'était effectuée avant la remise en liberté des délinquants violents.

Le groupe de travail tente de coordonner les acteurs du milieu afin que des mesures soient mises en place pour assurer la sécurité des victimes, de leurs enfants et des personnes qui sont libérées.

De nombreuses personnes ont rejoint le comité, y compris le procureur de la Couronne par intérim de Thunder Bay.

Mais la juge Joyce Elder, qui travaille dans la région nord-ouest de la Cour de justice de l'Ontario, a décliné l'invitation, invoquant le besoin d'une magistrature indépendante.

La situation est plus que critique. Les survivants et leurs enfants sont plus que jamais en danger, et le système judiciaire ne répond pas à leurs besoins comme nous l'aurions espéré, ajoute Mme Zweep.

Des failles qui existaient déjà

Même si son organisme n’a pas vu une hausse significative du nombre de signalements de violence conjugale, Gaétane Pharand, directrice du Centre Victoria pour femmes des régions de Sudbury et Algoma, affirme que l’effet du confinement pourrait arriver plus tard.

Gaëtane Pharand, directrice générale du centre Victoria pour femmes.

Gaëtane Pharand, directrice générale du centre Victoria pour femmes.

Photo : Radio-Canada

Dans un an ou deux peut-être, quand plus de gens vont pouvoir sortir de leur situation, on verra probablement un meilleur portrait des besoins en matière de violence conjugale, indique-t-elle.

Elle indique que les tribunaux ont toujours favorisé des tactiques de remise en liberté de délinquants, en raison d’une société qui minimise la violence des hommes.

Selon elle, les personnes accusées de violence, qui sont souvent des hommes, ont souvent le droit à des faveurs de la part des tribunaux.

Pour Kathleen Jodouin, directrice générale des services aux victimes du Nipissing, une hausse significative des signalements a été observée pendant la présente vague de la pandémie.

L’an dernier à la même date, c’était le silence, les téléphones ont arrêté de sonner, ce qui nous inquiétait, mais aujourd’hui, on voit une hausse des signalements et des besoins, dit-elle.

Elle affirme voir plus de signalements, mais aussi une hausse de l’intensité de la violence.

On voit plus de personnes qui subissent des étranglements ou encore des blessures à la tête, indique-t-elle.

Elle ajoute que le manque de communication entre le système de justice et la communauté fait en sorte que les organismes ont du mal à protéger les victimes en cas de libération.

On apprend parfois que la personne a été libérée plusieurs heures après le fait accompli, on se retrouve à devoir rapidement mobiliser des ressources, dit-elle.

Mais selon elle, la pandémie n’a fait que montrer sous un autre jour des problèmes qui existaient déjà dans le système de justice.

Plus de féminicides en Ontario

Selon la nouvelle directrice du Centre pour la recherche et l'éducation sur la violence faite aux femmes et aux enfants de l'Université Western, Katreena Scott, il y a déjà eu au moins 17 féminicides en Ontario depuis le début de l'année.

La professeure agrégée a déclaré que les taux d'homicides domestiques ont augmenté dans le monde entier avec la pandémie et les fermetures qui en ont résulté.

En réaction, les gouvernements ont offert des ressources supplémentaires aux organismes communautaires pour protéger les victimes ainsi qu'à ceux qui aident les personnes violentes qui consultent pour régler ce problème.

Mais l'impossibilité de porter une affaire devant un juge et certaines des décisions prises une fois l'affaire en cour ont créé des situations à haut risque pour les femmes et les enfants, a déclaré Mme Scott.

Avec les informations de Bienvenu Senga et CBC.

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