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Les villes de l'ouest de Montréal contentes des mesures sur le statut bilingue

Plan moyen de Beny Masella, entouré de maires des villes liées.

Beny Masella, président de l’Association des municipalités de banlieue, est entouré de maires des villes liées.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

L’Association des municipalités de banlieue affirme trouver « très intéressantes » les dispositions du projet de loi 96 déposé jeudi par le ministre responsable de la Langue française du Québec concernant leur statut bilingue.

L’association, qui regroupe les 15 municipalités défusionnées de Montréal, essentiellement dans l'ouest de l'île, se réjouit du mécanisme prévu permettant aux municipalités de conserver leur statut bilingue.

Le projet de loi prévoit que les municipalités québécoises qui ont un statut bilingue le perdront si moins de 50 % de leur population est de langue maternelle anglaise. Elles pourront toutefois le conserver si leur conseil municipal adopte une résolution à cet effet dans les 120 jours suivant l'entrée en vigueur de la loi.

Ça nous donne la chance de maintenir notre autonomie municipale. Si la municipalité préfère maintenir son statut bilingue, elle peut le faire, constate Benny Masella, président de l’Association et maire de Montréal-Ouest.

C’est [important] pour nous d’essayer d’aider le gouvernement à faire la promotion du français, mais aussi de ne pas enlever les droits de la population anglophone que nous desservons.

Une citation de :Le président de l’Association des municipalités de banlieue, Benny Masella

Qu’est-ce qu’une municipalité à statut bilingue?

Les municipalités à statut bilingue offrent à leurs citoyens la possibilité d’avoir accès à leurs documents officiels en anglais et en français.

Il est également possible dans ces municipalités d’assister au conseil municipal dans les deux langues.

On passe les résolutions une fois en anglais, une fois en français. Si les questions du public sont posées en anglais, on répond en anglais. Si elles sont posées en français, on répond en français, indique M. Masella.

Le statut bilingue d’une municipalité permet donc de faciliter les communications avec les citoyens, mais il n'a aucune autre incidence, affirme le maire de Montréal-Ouest.

Quand on parle avec le gouvernement, avec des organismes, ça se fait en français, assure-t-il.

L’Association des municipalités de banlieue représente Baie-D’Urfé, Beaconsfield, Côte-Saint-Luc, Dollard-des-Ormeaux, Dorval, L’Île-Dorval, Hampstead, Kirkland, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville et Westmount.

Ces 15 municipalités regroupent près de 243 000 habitants.

Montréal, « une alliée de la réforme »

Dans un communiqué, la mairesse Valérie Plante a affirmé jeudi que la Ville de Montréal était une alliée de la loi 101 et de sa réforme.

L’exemplarité dans l’usage du français dans les institutions qui est mise de l’avant dans la réforme présentée aujourd’hui est un objectif que nous partageons et que nous priorisons. Nous accueillons favorablement la création d’un ministère dédié à cette question, ainsi que la création d’un poste de commissaire, a fait savoir Mme Plante.

Je salue la volonté du gouvernement de laisser leur liberté d’action aux municipalités, leur permettant de garantir les services aux citoyens qu’elles jugent les plus adaptés, a ajouté la mairesse.

De son côté, le chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre, a indiqué qu’il offrait son entière collaboration au ministre Simon Jolin-Barrette afin de protéger la langue française.

Il est important de protéger les droits des communautés anglophones, tout en assurant la valorisation et la protection de la langue française; celle de la nation québécoise, a-t-il noté par communiqué.

D’ailleurs, sa formation, qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, appuiera le maire de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis, qui a déjà annoncé son intention d'adopter une résolution pour conserver son statut bilingue, conformément à l'article 132 (Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec) du projet de loi 96 déposé jeudi.

Une mise à jour nécessaire

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), estime quant à lui qu'il s'agit d’un pas dans la bonne direction.

Cette mise à jour, elle a sa place. La réalité sur le terrain a évolué depuis les dernières décennies.

Une citation de :Michel Leblanc, PDG de la CCMM

Il évoque cependant une préoccupation concernant les petites entreprises. Si on les soumet à la loi 101 ou aux exigences de cette nouvelle loi, on doit s’assurer que le fardeau administratif sera léger et facile à comprendre, a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada.

Il faut réaliser qu’il y a une langue, qui est l’anglais, qui n’est pas la langue d’assimilation en premier lieu, qui est surtout la langue des affaires à l’extérieur du Québec, a aussi rappelé M. Leblanc.

Il y a beaucoup de postes où l’utilisation de l’anglais sera limitée, mais la connaissance de la langue demeure néanmoins importante. Et c’est là où je dis : il faut faire attention de ne pas tomber dans un univers kafkaïen où tout le monde va se mettre à questionner à quel moment on peut le demander [la maîtrise de l'anglais], pourquoi on peut le demander, comment on peut le justifier, ça ne finira jamais.

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