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Finis le masque et la distanciation sociale pour les Américains entièrement vaccinés

« C'est un grand jour pour l'Amérique », a commenté le président Joe Biden.

Joe Biden et Kamala Harris, arborant un large sourire et marchant côte à côte dans la roseraie de la Maison-Blanche

Image symbolique : le président Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont pour la première fois marché côte à côte, sans masque.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Les responsables fédéraux de la santé publique aux États-Unis ont réservé jeudi une bonne nouvelle pour les personnes vaccinées : les Américains qui ont reçu toutes leurs doses du vaccin contre la COVID-19 n'auront plus besoin de porter un masque ou de respecter la distanciation sociale dans la plupart des environnements intérieurs et extérieurs.

Amorçant un virage important, le groupe d'intervention de la Maison-Blanche consacré à la COVID-19 a annoncé ces assouplissements aux restrictions recommandées au cours d'un point de presse.

La nouvelle directive touche pour le moment plus du tiers des Américains, mais les experts espèrent certainement que l'allègement des mesures servira d'incitatif à la vaccination.

Le jalon est important pour ce pays qui, en raison de son bilan peu reluisant de l'an dernier, figure toujours au premier rang mondial pour le nombre total de cas recensés et de morts.

Bout de tissu devenu une ligne de fracture politique, le masque est vu depuis l'an dernier comme l'arme de choix pour lutter contre la pandémie.

Malgré les variants, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) vont plus loin qu'au début du mois, alors qu'ils cessaient de préconiser le port du masque à l'extérieur, mais uniquement dans les endroits peu fréquentés.

Plusieurs choses sont survenues dans les deux dernières semaines, a expliqué la directrice des CDC, Rochelle Walensky, mentionnant entre autres la diminution importante des cas, l'extension de la vaccination aux adolescents de 12 à 15 ans, qui a commencé dans la journée, et les résultats d'études.

Sur la base de la trajectoire descendante continue des cas, des données scientifiques sur la performance de nos vaccins et de notre compréhension de la façon dont le virus se propage, ce moment est arrivé pour ceux qui sont entièrement vaccinés, a-t-elle soutenu. Les cas ont chuté d'environ du tiers au cours des deux dernières semaines.

Si vous êtes entièrement vacciné, vous pouvez commencer à faire les choses que vous aviez cessé de faire à cause de la pandémie.

Une citation de :Rochelle Walensky, directrice des CDC

Nous avons tous attendu ce moment où nous pourrons retrouver un certain sens de la normalité, a commenté la Dre Walensky.

La décision s'appuie sur la science, a assuré la directrice des CDC, qui a rejeté tout rôle qu'aurait pu jouer la pression populaire.

Plusieurs Américains vaccinés se montraient frustrés de ne pas bénéficier de davantage de latitude, en dépit du fait qu'ils aient reçu toutes leurs doses.

Les récentes études ont démontré à la fois l'efficacité des vaccins, entre autres contre les variants, et l'efficacité dans la prévention de la transmissibilité, a expliqué Rochelle Walensky. Selon les données scientifiques, le taux d'efficacité des vaccins pour prévenir les symptômes légers et graves, les hospitalisations et les morts est supérieur à 90 %.

L'année dernière nous a montré que ce virus peut être imprévisible. Donc, si les choses s'aggravent, il est toujours possible que nous devions modifier les recommandations, a néanmoins averti la Dre Walensky.

La scientifique a également fait état d'exceptions. Les personnes vaccinées doivent ainsi continuer de se couvrir le visage et de respecter la distanciation sociale dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée.

La même consigne s'applique dans les transports publics, comme l'autobus, le train et l'avion, les aéroports et les gares, ainsi que dans les prisons et les centres pour itinérants.

D'autres pays ayant commencé à alléger leurs restrictions ne sont pas allés aussi loin que les États-Unis. Israël a, par exemple, levé l'obligation du port du masque, mais à l'extérieur seulement.

Une jeune femme, souriante, retire son masque à l'extérieur.

Les CDC ont opéré un virage radical par rapport à leurs recommandations antérieures sur le port du masque.

Photo : Getty Images / Violeta Stoimenova

Un point tournant

Peu après l'annonce, le président Joe Biden a tenu un point de presse qui n'était pas prévu pour souligner ce changement majeur.

Plus que le contenu de l'allocution, les premiers instants illustraient la teneur de l'annonce des CDC. Pour la première fois, on a pu voir – au 114e jour de leur mandat – Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris, qui l'accompagne toujours lors de ses points de presse, marcher près l'un de l'autre, le visage à découvert, tout sourire.

Le président a souvent été interrogé sur la raison pour laquelle il continue de porter un masque à l'extérieur, puisqu'il est vacciné.

C'est un grand jour pour l'Amérique, s'est réjoui Joe Biden, évoquant une phase décisive de la lutte contre la COVID-19.

Je pense que c'est une étape importante, un grand jour. Cela a été rendu possible grâce au succès extraordinaire que nous avons obtenu en vaccinant autant d'Américains si rapidement, a-t-il affirmé.

Si vous êtes pleinement vacciné et que vous pouvez enlever votre masque, vous avez gagné le droit de faire une chose pour laquelle les Américains sont connus dans le monde entier : saluer les autres avec un sourire.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Autant le président que les responsables de la santé publique ont cependant insisté sur l'importance pour les personnes qui n'ont pas reçu toutes les doses de leur vaccin de continuer à porter un masque et de garder leurs distances.

Les États-Unis ont autorisé l'utilisation d'urgence de trois vaccins : Pfizer-BioNTech et Moderna, qui comportent deux doses, et Johnson & Johnson, qui n'en compte qu'une seule. Il faut attendre deux semaines après la dernière dose pour qu'une personne soit considérée pleinement vaccinée.

S'il vous plaît, protégez-vous jusqu'à la ligne d'arrivée, car aussi formidable que soit cette annonce aujourd'hui, nous ne voulons pas baisser la garde. Nous savons tous combien ce virus a été difficile à combattre. La chose la plus sécuritaire pour le pays est que chacun se fasse vacciner. Et se faire vacciner est plus facile que jamais, a affirmé le président américain.

Parlant d'un effort de tous les instants, il n'a pas manqué de remercier les chercheurs, les compagnies pharmaceutiques, les médecins, les infirmières, les militaires, les gouverneurs et tous les autres qui ont remué ciel et terre pour administrer des doses dans le plus grand nombre de bras possible.

Selon CNN, la Maison-Blanche ne s'attendait pas à une nouvelle mise à jour des recommandations avant quelques semaines.

La Maison-Blanche a par ailleurs rapidement emboîté le pas aux CDC, envoyant aux membres de son personnel, peu après l'annonce, un courriel libérant de l'obligation de porter un masque ceux qui ont reçu tous leurs vaccins.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a toutefois indiqué à CNN qu'elle n'entendait pas changer les règles en vigueur à la Chambre pour le moment. Non. Sont-ils tous vaccinés?, a-t-elle demandé, faisant allusion à une frange réfractaire au vaccin au sein du camp républicain.

Une trentaine de représentants républicains a envoyé une lettre à la dirigeante démocrate, la pressant de revenir aux procédures d'avant la pandémie. Les élus réclament le retour des votes en personne et la levée du port obligatoire du masque.

De nombreux républicains ont en outre déploré que les CDC aient tant tardé pour prendre leur décision.

Plusieurs Américains vaccinés se montraient eux aussi frustrés de ne pas bénéficier de davantage de latitude, en dépit du fait qu'ils aient reçu toutes leurs doses.

Un assouplissement assorti d'avertissements

Dre Rochelle Walensky, devant un micro

La Dre Rochelle Walensky a assorti les assouplissements annoncés de certains avertissements. (archives)

Photo : Reuters / Susan Walsh

La levée des restrictions s'accompagne toutefois de certaines exceptions et mises en garde.

La Dre Walensky a entre autres recommandé aux personnes dont le système immunitaire est affaibli de consulter leur médecin avant d'abandonner le port du masque.

Les personnes pleinement vaccinées qui développent des symptômes devraient pour leur part le remettre et passer un test de dépistage.

Le Dr Anthony Fauci, conseiller principal du président sur la COVID-19, a pour sa part appelé les Américains plus prudents à respecter leur rythme.

Pour ceux qui sont plus réfractaires au risque, vous avez le choix de continuer à porter [le masque] si vous le souhaite

Une citation de :Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses

Il n'y a absolument rien de mal à ce qu'une personne ait un certain niveau d'aversion au risque. Ils ne devraient pas être critiqués, a déclaré le directeur de l’Institut des maladies infectieuses.

Interrogée sur les écoles et les entreprises, la Dre Walensky a indiqué que les CDC publieraient sous peu de nouvelles recommandations pour des contextes spécifiques, comme les camps d'été et les voyages.

Elle a en outre appelé les Américains à s'en remettre aux règles édictées par les autorités locales – États, municipalités et communautés autochtones – et celles mises en œuvre dans les milieux de travail.

Selon le New York Times, les gouverneurs du Massachusetts, de New York, du New Jersey, de la Caroline du Nord et de la Virginie, de même que les maires de la Ville de New York et de Washington – tous démocrates –, ont dit qu'ils évalueraient les nouvelles directives des CDC avant de les appliquer.

La moitié des gouverneurs du pays, en majorité des républicains, avaient déjà levé les interdictions à divers degrés.

Un tiers de la population vacciné

Une femme, masquée, reçoit un vaccin dans un centre de vaccination.

Quelque 155 millions d'Américains sont partiellement ou pleinement vaccinés.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Tout près de 155 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, mais quelque 119 millions de personnes, soit 36 % de la population américaine, sont pleinement vaccinées, selon les données des CDC publiées jeudi après-midi.

La campagne de vaccination est en outre passée à une autre phase, avec le début de la vaccination, aujourd'hui, des 12 à 15 ans dans quelque 15 000 pharmacies du pays.

En début de semaine, l'Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a étendu la vaccination à cette tranche d'âge, composée de 17 millions de jeunes.

La semaine dernière, le président Biden a défini une nouvelle cible de vaccination pour la date symbolique du 4 juillet, fête de l'Indépendance américaine. L'objectif que vise son administration est d'avoir administré d'ici là au moins une dose à 70 % des adultes américains.

La campagne de vaccination connaît cependant une stagnation.

Selon les données du New York Times, les prestataires de vaccin administrent présentement une moyenne de 2,2 millions de doses par jour. Il s'agit d'une diminution de 36 % par rapport au sommet de 3,4 millions enregistré il y a un mois.

L'administration Biden a donc adapté sa stratégie, misant dorénavant moins sur les centres de vaccination de masse et davantage sur les structures locales. Elle a également conclu une entente avec les deux leaders américains de la réservation de voitures avec chauffeur, Uber et Lyft, pour qu'ils fournissent gratuitement le transport à chaque personne se rendant à un centre de vaccination.

Pour pallier cet essoufflement de la vaccination, certains États rivalisent de leur côté de créativité en offrant des cadeaux. Le New Jersey offre par exemple une bière aux citoyens vaccinés et le gouvernement du Maryland s’est engagé à verser 100 $ à chaque fonctionnaire qui reçoit ses doses.

L'Ohio a même lancé une loterie d'un million de dollars destinée aux personnes qui auront reçu leur vaccin.

Selon un sondage Axios-Ipsos réalisé il y a quelques semaines, un Américain sur cinq n'a pas l'intention de se faire vacciner, une proportion restée constante au cours des derniers mois. La proportion d'Américains récalcitrants montait cependant à plus d'un sur quatre dans un sondage Quinnipiac.

Avec les informations de CNN, et New York Times

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