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Procès de François Asselin : journée émotive pour les jurés

Une femme et un homme dans le couloir du palais de justice.

France Paradis, la conjointe de François Lefebvre au moment de son meurtre, est venue témoigner.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Roberge

Au procès de François Asselin, le jury a été confronté jeudi à un témoignage des plus émotifs, celui de la conjointe de la victime. Les membres du jury ont également dû examiner des photos très explicites de la scène de crime et du corps de François Lefebvre. Le procès de François Asselin pour les meurtres de son collègue François Lefebvre et de son père Gilles Giasson en est à sa deuxième semaine au palais de justice de Trois-Rivières.

Cet article contient des informations et des photos qui pourraient choquer certains lecteurs.

C’était comme un tremblement de terre, raconte France Paradis. La dame de 64 ans formait depuis deux ans un couple avec la victime; un homme qu’elle a qualifié de ponctuel et travaillant. Le matin du 17 mai 2018, elle rate un appel téléphonique provenant de chez Martel Express, l’employeur de son conjoint.

Ils m'ont laissé un message en disant: "Madame Paradis, il faudrait qu'on parle ensemble. On ne trouve plus François", relate-t-elle.

Prise de panique, elle retourne l’appel dans la minute.

C’est un gars hyper responsable. Je leur ai dit allez voir dans sa chambre s’il n’a pas eu un problème de santé ou quelque chose. J’ai dit à Martel Express: "Donnez-moi le nom du motel où est mon chum". Il m’a donné le nom et le numéro de téléphone. J’ai appelé en disant d’aller voir qu’il avait peut-être mal feelé. Je lui avais parlé 5h30, 6h avant, raconte France Paradis.

Extérieur d'un motel.

Le motel où résidaient François Asselin et la victime François Lefebvre.

Photo : Radio-Canada / Photo fournie par la cour supérieure du Québec

L’employé du motel lui demande alors de s’identifier et de préciser son lien avec François Lefebvre. Informé qu’il s’agissait de sa conjointe, un policier de la Sûreté du Québec a pris la relève.

On m’a dit que je devais monter au poste de police de Sherbrooke. Je capotais. François a-t-il eu un accident? Est-il là-bas? A-t-il besoin de moi? J’insistais pour savoir s’il était vivant ou s’il avait eu un accident.

Une citation de :France Paradis, conjointe de la victime François Lefebvre

On lui a finalement confirmé la mort de son conjoint qu’elle devait maintenant identifier officiellement à Sherbrooke.

Ma belle-mère habite en diagonale de chez moi. Quand je suis arrivée dans le salon, ma belle-mère était dehors avec ma belle-soeur. Elles étaient en train de regarder les fleurs et je les voyais rire. Je me disais : "Oh my god!" Je n’étais pas capable de leur dire, d’aller briser leur fun. Je ne savais pas ce qui arrivait à mon chum… ça ne se peut pas. Il ne peut pas être mort, a-t-elle raconté la voix brisée par les sanglots.

Rien ne lui laissait présager un meurtre

France Paradis ne connaissait pas personnellement François Asselin. Elle ne l'avait rencontré qu'une seule fois, rapidement, alors qu'il faisait équipe avec son conjoint au cours d'une journée de livraison. Le duo s'était arrêté à la résidence familiale de la victime durant quelques minutes pour décharger des chaises qui avaient été offertes en cadeau à François Lefebvre.

Je ne savais même pas qu'il s'appelait François. Je l'appelais le petit blond parce qu'il avait les cheveux longs et blonds, se souvient-elle.

Asselin et Lefebvre travaillaient depuis peu chez Martel Express.

Ils semblaient bien s'entendre. J'ai senti que la connexion marchait très bien. Durant les appels vidéo, François Asselin venait souvent dans l'écran, il me faisait des sourires, il m'envoyait la main, tout allait bien. Ça faisait rire mon chum. Asselin était détendu , relate-t-elle.

Ce n'est qu'une fois sur place, à Sherbrooke, où elle avait été demandée pour identifier le corps de François Lefebvre que France Paradis a été informée que son conjoint avait été victime d'un homicide.

Des images difficiles pour les jurés

L’agent Charles Camiré, policier technicien à l’escouade de l’identité judiciaire de la Sûreté du Québec a ensuite été appelé à la barre des témoins. Il a d’abord décrit les lieux où a été retrouvé le corps de François Lefebvre et le travail qu’il a dû faire sur place.

Une série de photographies prises sur place a ensuite été présentée au membre du jury. L’exercice a permis d’appuyer le témoignage du policier avec une visite virtuelle de l'entrepôt.

Boîtes en carton dans un entrepôt

Entrepôt de boîtes où a été retrouvé le corps de François Lefebvre.

Photo : Radio-Canada / Photo fournie par la cour supérieure du Québec

On y voit notamment le corps de la victime, emballé dans une couverture et recouvert d’une pellicule plastique maintenue en place par du ruban adhésif.

L’agent raconte avoir découvert un couteau caché dans le plafond suspendu de la salle de bain de l'entrepôt où a été retrouvé le corps de François Lefebvre. C’est François Asselin lui-même qui a mentionné aux policiers qu’un couteau s’y trouvait.

Couteau à lame rétractable avec une règle pour identification judiciaire

L'arme du crime retrouvée sur les lieux selon les indications de François Asselin

Photo : Radio-Canada

Des images de la chambre d’hôtel où le meurtre aurait été commis ont aussi été présentées. Des traces de sang y sont aussi bien visibles.

Au cours de la nuit, Charles Camiré a également pris des photos de François Asselin. Et puis, à l'aide d'un produit chimique spécialisé, il a vérifié s'il y avait des traces de sang sur les vêtements et le corps de François Asselin, déjà considéré comme un suspect dans cette affaire.

Des vêtements ensanglantés sur un lit pour identification judiciaire

Des vêtements ensanglantés retrouvés dans la chambre que partageaient l'accusé François Asselin et la victime François Lefebvre.

Photo : Radio-Canada / Photo fournie par la cour supérieure du Québec

J’ai eu des réactions positives sur le dessus et le dessous des mains gauche et droite. Des avant-bras, de l’entre-jambes gauche et droit, ainsi que du tibia droit. J’ai donc procédé à un prélèvement d’ADN, a expliqué le technicien.

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