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Réforme de la loi 101 : le PLQ prudent, le PQ et QS sur leur faim

Dominique Anglade en point de presse.

Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Alors que l'opposition officielle libérale accueille avec une satisfaction teintée de prudence le projet de loi du gouvernement Legault pour réformer la loi 101, le Parti québécois le fustige, accusant la Coalition avenir Québec de s'en tenir à des « mesures de surface » pour protéger le français au Québec, et Québec solidaire relève certaines lacunes.

Avec sa centaine de pages et ses 200 recommandations, le projet de loi 96 du ministre responsable de la Langue française Simon Jolin-Barrette est tentaculaire, selon la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.

Et pour bien le comprendre et l'analyser, il faudra tenir des consultations générales – et non particulières – auxquelles tout le monde pourra participer, a prévenu Mme Anglade en conférence de presse.

Le PLQ se réjouit de retrouver, dans ce projet de loi, des propositions qui s'apparentent à celles qu'il a lui-même faites. Des cours de français gratuits, la nomination d'un commissaire à la langue française et le principe de guichet unique pour la francisation en sont quelques-unes, a précisé Dominique Anglade en entrevue à Midi info sur ICI Première, jeudi.

On va avoir une attitude extrêmement constructive, positive, mais on souhaite que ça ne se fasse pas dans la division [...].

Une citation de :Dominique Anglade, cheffe de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale

Par ailleurs, le projet de loi 96 prévoit de geler la proportion de places disponibles dans les cégeps anglophones à 17,5 % du nombre de places totales dans le réseau collégial.

Ce ne sont pas les libéraux qui vont s'y opposer : Nous avions nous-mêmes proposé de plafonner les entrées dans les cégeps anglophones [...], rappelle Mme Anglade.

Néanmoins, la cheffe libérale reconnaît que cette mesure pourrait créer des tensions. Et, selon elle, la suite des choses dépendra notamment de l'écoute dont le ministre Jolin-Barrette fera preuve.

Ça va être dans les détails, dans l'application, lorsqu'on va avoir des personnes qui vont venir en consultation en disant : "Ça ne marche pas sur le terrain". C'est là qu'on va voir le degré d'ouverture du ministre vis-à-vis de son projet de loi, dit Mme Anglade.

Des mesures superficielles, selon le PQ

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, accueille tout autrement le projet de loi 96. La CAQ nous a servi le strict minimum, a-t-il dénoncé en conférence de presse.

Pour le chef péquiste, les mesures proposées par le gouvernement Legault n'auront pas d'effet réel pour freiner le déclin rapide de la langue française.

La réponse, c'est que le gouvernement a choisi de ne pas agir sur ce qui comptait, sur ce qui est fondamental : l'immigration, la langue de l'enseignement supérieur et la langue du travail.

Une citation de :Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le PQ est en accord avec la création d'un guichet de francisation.

Mais son chef reproche à la CAQ de ne fixer aucune limite au nombre d'immigrants allophones que l'on reçoit annuellement, aucune exigence de maîtrise de la langue française à l'entrée au Québec.

Le PQ aurait aussi voulu que la loi 101 s'applique aux cégeps. Mais le projet de loi 96 propose plutôt de limiter le nombre d'étudiants admis dans les cégeps anglophones.

Son parti continuera à faire pression, prévient le chef péquiste, pour qu'on ne soit pas dans des mesures de surface, des mesures superficielles et des entreprises de communication marketing.

De son côté, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, affirme que le PQ appuiera le projet de loi 96, même si ce dernier ne va pas assez loin. En entrevue à Radio-Canada, jeudi, M. Gaudreault a déclaré que le PQ s'efforcera d'y apporter des amendements.

Québec solidaire à moitié satisfait

La porte-parole de Québec solidaire en matière de langue française, Ruba Ghazal, qualifie d'intéressantes les propositions d'instaurer un guichet unique pour la francisation, de créer un ministère de la Langue française et de nommer un commissaire.

Mais d'autres mesures essentielles sont absentes, déplore la députée solidaire, comme l'application de la loi 101 aux entreprises de 10 employés et plus, tel que l'avait réclamé QS.

La réforme de la CAQ prévoit plutôt d'assujettir les entreprises de 25 à 49 employés à la loi 101, ce qui laissera beaucoup d'entreprises dans l'angle mort de cette loi, déplore Mme Ghazal.

Québec solidaire avait également demandé que les employeurs justifient, dans les offres d'emploi, le besoin de connaître la langue anglaise. Il avait aussi réclamé une bonification de la loi sur la formation de la main-d’œuvre, afin qu'y soient incluses des sommes destinées à la francisation. Mais ces éléments ne figurent pas dans le projet de loi 96, constate Mme Ghazal.

« Nous devons faire notre part » - Mélanie Joly

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, qui disait en février dernier partager les objectifs du Québec pour protéger le français, a promis d'étudier le projet de loi 96 avec attention.

En réponse au député Stéphane Bergeron du Bloc québécois, qui voulait s'assurer qu'Ottawa ne participera à aucune contestation du projet de loi 96, ni directement ni financièrement, Mme Joly a dit ceci : Il va de soi que nous devons faire en sorte de faire notre part, de jouer notre rôle, pour protéger le français au Québec et un peu partout à travers le pays.

Fin février, la ministre Joly avait rendu public un document de travail dans lequel elle traçait les contours d'un projet de loi visant à moderniser la Loi sur les langues officielles.

Il appert que le gouvernement de Justin Trudeau garantira le droit de travailler en français au sein de grandes entreprises de compétence fédérale au Québec, mais aussi dans les régions à forte densité francophone ailleurs au Canada.

Protéger le français

À l'instar des libéraux fédéraux, les autres partis aux Communes ont réagi au dépôt du projet de loi 96 en reconnaissant l'importance de protéger la langue française.

Le chef conservateur Erin O'Toole a déclaré qu'il entendait être un partenaire pour le Québec [et] pour le premier ministre Legault. Il a ajouté qu'il fallait protéger le français et la langue de travail au Québec.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh a affirmé que pour le Québec, seule province entièrement francophone, la modernisation de ses lois est importante.

Enfin le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a déclaré que, sur cette question, la principale attente qu'entretenait son parti à l'endroit du fédéral était qu'il ne s'en mêle pas, la relation étant ce qu'il est.

C'est qu'il [le fédéral] reconnaisse les juridictions du Québec, là où le Québec les revendiquera légitimement.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

D'autres réactions politiques se sont fait entendre, notamment celles de l'Association des municipalités de banlieue, dont les membres sont satisfaits du mécanisme prévu permettant aux municipalités de conserver leur statut bilingue.

Avec les informations de La Presse canadienne

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