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Des manifestations pour dénoncer la hausse des loyers à Québec

Un manifestant tient une affiche et un porte-voix et deux autres sont déguisé en « riche ».

Deux manifestants étaient déguisés en « riche » pour illustrer l'embourgeoisement et l'augmentation des loyers dans le quartier Saint-Sauveur.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Des manifestations ont eu lieu jeudi matin dans différents secteurs de la ville de Québec pour dénoncer la hausse fulgurante du coût des loyers au cours des dernières années.

Radio-Canada s'est rendue à la manifestation qui se tenait dans le quartier Saint-Sauveur, l'un des secteurs de Québec les plus durement touchés par l'embourgeoisement. Chaque mois, de nouveaux projets immobiliers émergent tandis que de nombreuses transactions y sont effectuées.

Résultat? Les logements se font de plus en plus rares.

Le loyer moyen pour un 5½ a augmenté de 27 % en 1 an, passant de 835 $ à 1065 $ [dans Saint-Sauveur] , affirme Dominique Sacy du Comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS).

Selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), cette tendance contribue à expulser des résidents de leur quartier. Des locataires qui aujourd'hui sont victimes d'évictions frauduleuses ne pourront pas se reloger au même prix dans leur quartier et ça, ça contribue à transformer des quartiers comme le quartier Saint-Sauveur, explique la porte-parole Véronique Laflamme.

Un manifestant utilise de la peinture en aérosol et un pochoir pour tracer le message « Faut du logement social maintenant ».

Les manifestants ont peinturé à l'aérosol leur slogan sur les trottoirs au coin des rues Montmagny et Saint-Bernard.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Toute la ville touchée

Une autre manifestation a eu lieu du côté de Sainte-Foy, où les projets immobiliers, souvent luxueux, se multiplient également. Quelques dizaines de manifestants se sont par la suite dirigés vers l’Assemblée nationale.

Par son action, le groupe de citoyens veut aussi démontrer que la crise n’est pas vécue qu’à Montréal. La Vieille Capitale y goûte également. Quand on fait des recherches, ce n’est pas rare qu’on va voir un logement familial à Limoilou à 1 650 $. Les loyers qui sont disponibles sont hors de prix pour une partie importante des ménages locataires de Québec, dénonce Mme Laflamme.

Le Comité logement d’aide de Québec Ouest (CLAQO) soutient avoir reçu plusieurs appels de citoyens désemparés devant des hausses de loyers abusives, conséquence de l’abandon du logement au seul marché privé. D'autres déplorent des tentatives d’évictions frauduleuses.

Ces projets ne répondent pas aux besoins des locataires qui vivent déjà dans un logement inabordable, pire, ils augmentent la pression sur le prix des loyers, soutient Nicolas Villamarin Bonilla du CLAQO.

Des manifestants devant l'Assemblée nationale.

Des citoyens réclament au gouvernement québécois plus de logements sociaux.

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Besoins d’investissement pour des logements abordables

La FRAPRU estime pour sa part que les fonds gouvernementaux dédiés au programme AccèsLogis sont nettement insuffisants.

Selon les calculs de l'organisme, les logements sociaux réalisés avec AccèsLogis ne représentent environ que 4 % des unités de location mises en chantier à Québec depuis 2018.

Véronique Laflamme déplore la vitesse à laquelle des immeubles à condos et des appartements luxueux sont construits. Elle estime que peu d’efforts sont faits pour mettre sur le marché des appartements plus accessibles, laissant ainsi en plan une bonne partie de la population.

Les partis d’opposition l’ont demandé encore hier à l’Assemblée nationale, les municipalités l’ont répété dans les derniers jours. Les besoins sont urgents, et il faut vraiment, si le gouvernement reconnaît le problème, qu’il mette en branle dès maintenant les mesures structurantes pour faire face à cette situation.

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