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Climat toxique à TFO : la ministre Mulroney n'était « pas au courant »

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et le président par intérim de Groupe Média TFO, Éric Minoli, dans une foule, assis sur des fauteuils, applaudissent lors d'un événement.

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et Éric Minoli, qui a été suspendu par le conseil d'administration de TFO hier.

Photo : Facebook/GMTFO

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario a soutenu jeudi qu'elle n'avait pas été mise au courant que des allégations graves visaient le président de Groupe Média TFO, Éric Minoli.

Mme Mulroney réagissait à un reportage publié mercredi par Radio-Canada sur le climat de travail toxique à TFO et au fait qu'un processus d'enquête interne visant M. Minoli avait été lancé par le conseil d'administration.

Je vais attendre la fin de l'enquête pour en dire plus, mais ce sont des allégations très sérieuses.

Une citation de :Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones de l'Ontario

M. Minoli a été suspendu mercredi, peu de temps après que le conseil d'administration de TFO eut été informé qu'un reportage de Radio-Canada allait être publié détaillant des allégations de climat toxique au travail.

En plus d’allégations touchant M. Minoli, l’enquête de Radio-Canada faisait état d'allégations concernant d'anciens membres de la haute gestion de TFO, dont l'ex-directrice des ressources humaines, Manuelita Cherizard.

Le conseil d'administration est au courant depuis plus de deux mois que des allégations visent M. Minoli. Le 9 mars dernier, un groupe de gestionnaires du diffuseur public franco-ontarien lui a fait parvenir une lettre dénonçant vigoureusement les agissements de leur grand patron, lettre dont Radio-Canada a obtenu copie.

Dans un communiqué publié mercredi soir, le C. A. a expliqué avoir été mis au courant de nouvelles allégations contre le PDG par intérim depuis la lettre du 9 mars, et l'avoir suspendu pour cette raison.

Radio-Canada a demandé une entrevue avec le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, mais n'a pas eu de réponse. Le Musée royal de l'Ontario, où Mme Cherizard est aujourd'hui directrice des ressources humaines, a décliné notre demande de commentaire.

Le syndicat demande une enquête

La présidente de la Guilde canadienne des médias, le syndicat qui représente une portion des employés de Groupe Média TFO, a réagi en disant que la Guilde prend très à cœur les sérieuses questions soulevées dans ce dossier.

Nous exhortons le conseil d’administration de TFO à mener une enquête approfondie et sans complaisance du milieu de travail à TFO et nous sommes prêts à collaborer avec les enquêteurs et à soutenir nos membres, y compris dans le cadre du processus d’enquête.

Une citation de :Carmel Smyth, présidente de la Guilde canadienne des médias

Mme Smyth ajoute que dès juin 2020, la Guilde a publié une lettre ouverte (Nouvelle fenêtre) au conseil d'administration de TFO l'exhortant notamment à faire preuve de transparence dans la sélection du prochain PDG. La Guilde avait aussi dénoncé plus récemment la décision par le diffuseur public de dépenser 1 million de dollars pour changer son logo et son site.

Depuis mercredi soir, nombre d'employés actuels et passés de TFO ont aussi contacté Radio-Canada en se disant soulagés par la parution du reportage.

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