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Une Aïd el-Fitr célébrée à distance, mais ensemble

Un croissant de lune symbolique de l'Islam légèrement rouillé devant un arbre.

Les mosquées peuvent accueillir un nombre très limité de fidèles, si bien que pour l'Aïd el-Fitr, de nombreux musulmans resteront à la maison pour des célébrations virtuelles.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

C’est la deuxième année d’affilée que les musulmans ne peuvent pas fêter l'Aïd el-Fitr comme il se doit. Alors que celle-ci clôt d’habitude le mois du ramadan par de grandes festivités où les fidèles se retrouvent pour passer du temps et manger ensemble, cette année, le gros des célébrations se fait en ligne.

Pour cette Aïd el-Fitr, Anis Garsallah ne peut pas, comme il le fait chaque année, magasiner avec sa famille à Edmonton pour s’acheter de nouveaux habits, des jouets. La famille n'ira pas non plus au restaurant, et la prière se fera à la maison.

Ce qui va manquer le plus à Anis Garsallah, c’est l’aspect social de la célébration, comme le fait de retrouver des amis au café après être allé à la mosquée.

Il trouve que le ramadan, qui s’est conclu hier, a été plus difficile cette année à cause de la lassitude liée à la COVID-19, un sentiment qui n’existait pas l’année dernière. Maintenant, on est fatigué, admet-il.

Salah Marzoitte vit lui aussi ce ramadan avec difficulté. Moi, personnellement, tout le ramadan, je suis resté à la maison, je ne suis pas allé dehors, je n’ai pas rencontré mes amis, je ne suis pas allé à la mosquée, j’ai fait les prières à ma maison, et ça, c'est une grande différence.

Arrivé récemment au Canada, Salah Marzoitte a ouvert son restaurant de spécialités tunisiennes à Calgary il y a environ six mois. Même si ses formules spécial ramadan, pour quatre ou six, ont bien fonctionné, ce n’est pas suffisant pour payer les factures.

Pourtant, il sentait que les familles avaient vraiment envie de profiter du moment de rompre le jeûne, puisqu’il a reçu plusieurs appels par jour de familles qui demandaient si elles pouvaient venir manger. Mais avec les restrictions, ce n’était pas possible, regrette-t-il.

Aujourd’hui, il est presque assuré de devoir fermer son établissement pour de bon.

De bons côtés

Malgré la morosité ambiante, plusieurs musulmans s’adaptent, affirme toutefois un imam de Calgary, Fayaz Tilly. Il soutient que les fidèles se sont beaucoup retrouvés en ligne pendant le ramadan et que, sans la technologie, tout aurait été encore plus difficile. Si, physiquement, on ne se retrouvait pas, grâce au virtuel, nos coeurs se retrouvaient, tout le monde avait même sa boîte de Kleenex, raconte-t-il.

Il rappelle aussi que cette période est un bon moment pour faire de la rétrospection et que l’une des particularités du mois du ramadan, c’est de reprendre contact avec les proches, et aussi avec soi-même. Un peu d’isolement peut être bénéfique de ce point de vue, selon lui.

Fayaz Tilly est assis sur une terrasse, un ordinateur portable devant lui. Il lit le Coran.

L'année dernière, l'imam Fayaz Tilly s'était déjà adressé aux fidèles en ligne pendant le mois du ramadan.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Anis Garsallah, de son côté, affirme qu'il aura pu passer plus de temps en famille cette année. Ce ramadan, la meilleure des choses, c’est la chance d’être à la maison, car avant la COVID, je travaillais ailleurs, je travaillais plus, je ne trouvais pas de temps pour la famille. Maintenant, je suis plus avec la famille, se réjouit-il.

Un grand festival en ligne

Malgré la distance, l’Aïd el-Fitr sera tout de même célébrée comme il se doit, croit pour sa part Ibrahim Jadalowen, un bénévole de l’Association des musulmans du Canada (MAC).

La MAC a mis sur pied un festival virtuel de l'Aïd qui doit mettre en relation toutes les communautés musulmanes du pays. Il y aura des discours, des divertissements, de la musique, le tout adapté aux enfants.

Et, comme en 2020, la MAC organise un service à l'auto au centre islamique de la MAC et à l’école islamique de la MAC, à Calgary. Les familles pourront venir chercher des sacs-cadeaux dans lesquels il y aura de petites douceurs ou des jouets, explique Ibrahim Jadalowen.

L'opération avait attiré l’année dernière 800 personnes.

Même si on ne peut pas se rassembler, cela ne signifie pas qu’on devrait célébrer seuls, conclut Ibrahim Jadalowen.

Avec des informations de Stéphanie Rousseau et Geoffrey Gaye

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