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Mélanger les vaccins AstraZeneca et Pfizer donnerait des effets secondaires légers

Une infirmière vaccine une personne.

Donner une dose du vaccin AstraZeneca et une dose du Pfizer donnerait seulement des effets secondaires légers.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Recevoir une première dose du vaccin d'AstraZeneca puis une seconde dose du vaccin de Pfizer-BioNTech provoquerait plus d’effets secondaires que lorsque l’on reçoit deux doses du même vaccin, mais ces symptômes seraient plus incommodants qu'inquiétants, laissent à penser les résultats préliminaires d’une étude dirigée par l’Université d’Oxford.

Les chercheurs ont recruté 830 volontaires de plus de 50 ans pour participer à cette étude, commencée le 1er février, dans le but d’étudier les effets secondaires de cette pratique mixte et la réponse immunitaire à celle-ci.

L’idée était de former quatre groupes et de leur administrer deux doses de vaccin, avec un intervalle de quatre semaines ou de douze semaines entre les doses.

Selon les résultats préliminaires de l’étude avec intervalle de quatre semaines, à laquelle 463 personnes ont participé, 10 % des participants ont connu des effets secondaires après avoir reçu deux doses du vaccin AstraZeneca, contre 21 % de ceux n’ayant reçu que du Pfizer-BioNTech.

Par contre, lorsque les participants recevaient d’abord le vaccin AstraZeneca et ensuite le Pfizer-BioNTech, la proportion de personnes ressentant des effets secondaires montait à 34 %. Elle augmentait encore plus, à 41 %, lorsque le vaccin de Pfizer-BioNTech était suivi de l'AstraZeneca.

Les symptômes signalés par les participants étaient cependant considérés comme légers à modérés. Ils comprennent des frissons, de la fatigue, de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires, des malaises, des douleurs musculaires et des douleurs au site d’injection et ont été observés dans les 48 heures suivant la deuxième vaccination.

Selon la Dre Caroline Quach, microbiologiste et infectiologue au CHU Sainte-Justine, ces résultats n’ont rien d’inquiétant.

Il n’y a personne qui est allé à l’hôpital, mais ça peut être assez incommodant pour avoir envie de dormir toute la journée.

Une citation de :La Dre Caroline Quach, à Tout un matin

Mais qu'en est-il des risques de thrombose que fait courir le vaccin AstraZeneca? Ils seraient beaucoup plus faibles après l'injection d'une deuxième dose, dit la Dre Quach.

En Grande-Bretagne, ils sont présentement de l’ordre de 1 sur 1 million de doses administrées, alors qu’on est plus autour de 1 sur 50 000 pour la première dose, affirme-t-elle.

Signe d'une bonne réponse immunitaire

Les résultats portant sur l’immunité apportée par la vaccination mixte devraient pour leur part être disponibles en juin pour les groupes ayant eu un intervalle de quatre semaines entre les deux doses.

Mais, selon la Dre Quach, le fait que les effets secondaires soient plus importants en cas de vaccination mixte laisse penser que la réponse immunitaire sera très bonne.

C’est probablement que notre système immunitaire réagit très bien, explique-t-elle.

Caroline Quach souligne tout de même que le fait de ne pas ressentir de symptômes incommodants ne signifie pas que le système immunitaire ne réagit pas au vaccin.

Ça dépend de notre réponse inflammatoire, ça dépend de plein de choses. Quand on a ces effets-là, on sait que [le système réagit], mais le contraire ne veut rien dire, indique-t-elle.

Ces résultats, s’ils s’avèrent positifs, iraient donc dans le sens des études sur les animaux, qui ont démontré que la réponse immunitaire était meilleure lorsque les deux types de vaccins sont mélangés.

Vaccination à intervalle de 12 semaines

Les résultats complets de la vaccination à intervalle de 12 semaines sont attendus de leur côté au courant de l’été, puisque la deuxième dose des participants a été administrée en mai.

Mais le Comité consultatif national de l'immunisation, dont fait partie Mme Quach, devrait pour sa part faire une recommandation à ce sujet au gouvernement fédéral avant cela.

On va probablement essayer d’avoir une première recommandation avec les résultats préliminaires d’immunogénicité, car les gens qui ont reçu leur première dose d’AstraZeneca vont devoir recevoir leur deuxième dose à la moitié ou à la fin de juin, rappelle-t-elle.

La semaine dernière, le CCNI a été mis sur la sellette pour avoir affirmé que les vaccins à ARN messager, comme le Pfizer-BioNTech, devaient être privilégiés par rapport à ceux à vecteur viral, comme l'AstraZeneca, puisqu’ils sont réputés plus sûrs et offrent une protection supérieure.

Le CCNI avait ensuite insisté sur le fait qu’il n’avait pas désavoué le vaccin AstraZeneca, ce qu’a fait une fois encore la Dre Quach jeudi matin.

Je pense qu’il faut quand même offrir la vaccination AstraZeneca et la garder, car il y en a qui ne peuvent pas recevoir autre chose. Je pense juste à ceux qui font des réactions anaphylactiques au polyéthylène glycol, qui est contenu dans les vaccins à ARN messager. Il faut pouvoir leur offrir autre chose, note-t-elle.

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