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L'approche répressive a aidé le Québec pour la troisième vague, selon la CAQ

Deux policiers dressent des contraventions alors que des gens sont assis par terre.

Le gouvernement Legault défend les pouvoirs conférés aux policiers durant la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Taxé par les associations de défense des droits et libertés civiles d'abuser des mesures répressives, le gouvernement caquiste réplique que cette approche a permis au Québec de mieux traverser la troisième vague de la pandémie.

L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et les chercheurs du projet Policing the Pandemic Mapping publiaient jeudi matin un rapport faisant état des moyens punitifs employés par les provinces canadiennes pour lutter contre la COVID-19.

Des cinq provinces étudiées, le Québec est de loin celle où a été remis le plus grand nombre de constats d'infraction pour des violations aux mesures sanitaires. Elle est aussi la seule à avoir adopté un couvre-feu, et ce, depuis plus de quatre mois.

Choix assumés

Des inquiétudes ont été soulevées par l'ACLC et la Ligue des droits et libertés dans la foulée de la publication du rapport.

Les deux organisations accusent le Québec et d'autres provinces d'aborder la lutte contre la pandémie comme une crise d'ordre public plutôt qu'une crise de santé publique. Malgré ces critiques, le gouvernement québécois assume pleinement ses choix, écrit-il à Radio-Canada.

La ministre Geneviève Guilbault lors d'un point de presse.

Le cabinet de la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, défend les mesures de répression adoptées par le gouvernement.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Notre gouvernement, de concert avec la santé publique, a choisi l’approche que nous avons jugée la meilleure dans les circonstances exceptionnelles auxquelles nous faisons face en temps de pandémie, a déclaré le cabinet de Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique.

On ajoute qu'en donnant les outils nécessaires aux corps policiers du Québec afin qu’ils puissent intervenir et assurer le respect des mesures sanitaires en vigueur, l'État québécois s'est donné les moyens de traverser la troisième vague.

L'approche du Québec, la grande adhésion de la majorité des Québécois aux mesures sanitaires et la campagne de vaccination qui s’accélère contribuent à ce que nous traversions cette troisième vague mieux que d’autres provinces.

Une citation de :Amélie Paquet, attachée de presse de la ministre Geneviève Guilbault

Le gouvernement n'a cependant pas expliqué pourquoi le nombre de constats d'infraction a explosé en mars et en avril 2021. Sur les plus de 16 000 constats déclarés par la province depuis le 1er avril 2020, plus de la moitié (8300) ont en effet été délivrés par les policiers québécois au cours des deux derniers mois.

On laisse finalement entendre que le gouvernement pourrait jeter du lest prochainement, à l'occasion du plan de déconfinement évoqué par François Legault. Comme l’a dit le premier ministre mardi, les discussions avec la santé publique se poursuivent et un plan complet d’assouplissements sera bientôt annoncé, précise-t-on au cabinet de Mme Guilbault.

Appel aux valeurs québécoises

Du côté de l'opposition, Québec solidaire a été le parti le plus volubile ces derniers mois au sujet des mesures répressives employées par le gouvernement Legault.

La vérité, c'est que c'est un rapport qui ne me surprend pas beaucoup, a réagi Gabriel Nadeau-Dubois jeudi, invité à commenter le rapport de l'ACLC. Ça fait des mois qu'on dit au gouvernement Legault qu'il faudrait miser davantage sur la mobilisation, sur l'accompagnement des gens, et moins sur la surveillance.

Comme la Ligue des droits et libertés, il s'inquiète en particulier pour les groupes marginalisés et vulnérables, lesquels subissent les mesures coercitives de façon disproportionnée, selon le rapport de l'ACLC.

Photo d'un politicien, Gabriel Nadeau-Dubois, à l'Assemblée nationale.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Le député de Gouin en appelle maintenant aux valeurs québécoises pour la suite des choses et à mettre de côté les contraventions, et ce, même si des sondages de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) démontrent que la majorité de la population est en accord avec les mesures adoptées par le gouvernement. Je pense qu'il ne faut pas gérer une crise sanitaire en fonction des sondages. Il faut la gérer en fonction de nos valeurs.

Au Québec, la protection des plus vulnérables, la compassion pour tout le monde, ça devrait être une de nos valeurs et ça devrait nous guider dans la gestion de la pandémie.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois

Encore cette semaine, le député solidaire abordait spécifiquement la question du couvre-feu, en vigueur au Québec depuis le 8 janvier, ce qui en fait l'un des plus étendus dans le monde.

Ce n'est pas une mesure banale, le couvre-feu, c'est une mesure particulièrement musclée qui a des impacts sur certaines catégories de la population plus que d'autres, a-t-il dit en point de presse mercredi à l'Assemblée nationale.

Il s'attend à ce que le plan de déconfinement soit transparent et honnête envers la population concernant le couvre-feu. C'est essentiel que, dans le plan de déconfinement, on indique clairement en fonction de quels critères scientifiques objectifs on va retirer le couvre-feu au Québec.

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