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12,6 M$ pour aider les agriculteurs à délaisser les énergies fossiles

Vue de l'intérieur d'une serre remplie de pousses vertes, de lampes et de ventilateurs.

Le chauffage à l'électricité est une des options offertes aux producteurs en serre du Québec.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Le gouvernement du Québec lance un nouvel appel de projets pour aider les entreprises agricoles à délaisser les énergies fossiles au profit de l’électricité. Ce financement additionnel octroyé au programme d’extension au réseau triphasé est bien accueilli par les agriculteurs de l’Estrie.

L’Abri végétal de Compton fait partie des 71 projets qui ont été retenus lors du premier appel de projets, lancé en novembre 2020. L’entreprise agricole sera sous peu raccordée au réseau électrique triphasé.

Un réseau, dont le courant circule sur trois fils plutôt qu'un seul, rend possible l'utilisation d'appareils qui ont besoin de beaucoup de puissance. De nombreuses entreprises agricoles sont uniquement raccordées au circuit monophasé, ce qui n'est pas suffisant pour leurs besoins. Ça nous permet de profiter d’un type d’électricité qui va favoriser l’achat d’équipement plus performant, souligne le copropriétaire de l’Abri végétal, Frédéric Jobin-Lawler.

Celui-ci pourra ainsi installer un système géothermique fonctionnant à l’électricité. Une manière de chauffer les serres en limitant l’utilisation des autres sources d’énergie plus polluantes comme l’huile et le propane.

Pour nos enfants, pour la planète, ce n’est pas la meilleure solution (huile et propane). C’est très économique, mais pas la meilleure façon de produire. Pour nous, c’est très important de s’en aller vers des options plus écologiques , précise M. Jobin-Lawler.

Ce nouveau projet nous permet de nous affranchir d’une consommation d’énergie fossile.

Une citation de :Frédéric Jobin-Lawler, copropriétaire de l’Abri végétal

Le nouveau programme du gouvernement couvre 75 % des dépenses du projet de raccordement au réseau de l’Abri végétal, qui est évalué à plus de 160 000 $. Sans cette aide, le projet ne se serait sans doute pas concrétisé. Je ne suis pas sûr qu’on aurait pu se le permettre , explique M. Jobin Lawler.

L’UPA Estrie salue la poursuite des aides financières

À Racine, le vice-président de l’Union des producteurs agricoles de l’Estrie (UPA) a récemment pu se brancher au réseau triphasé. Il peut maintenant faire fonctionner un imposant appareil pour nourrir ses vaches avec un moteur électrique plutôt qu'un tracteur.

C’est beaucoup plus économique de fonctionner avec un moteur électrique et beaucoup moins d’entretien que de fonctionner avec un moteur diesel, explique Michel Brien.

Il y a beaucoup d’intérêt parce qu’au fur et à mesure qu’on veut changer nos équipements, on se rend compte que les équipements les plus économiques et écologiques ont besoin d’une entrée électrique sur le réseau triphasé

Une citation de :Michel Brien, vice-président de l’UPA Estrie.

Il salue l’annonce du gouvernement d’ajouter près de 13 millions supplémentaires pour le branchement au réseau triphasé qui s’ajoutent aux 15,2 millions déjà prévus. C’est bon pour l’environnement et économique pour les producteurs , s’exclame-t-il.

Le ministre confiant que le mouvement prendra de l’ampleur

L’une des raisons d’être du programme du gouvernement est de favoriser la réduction des gaz à effet de serre. Honnêtement, l’engouement est là, et c’est pour cela qu’on relance un deuxième appel de projets le 20 mai, explique le ministre de l’Énergie Jonatan Julien. On va en lancer comme cela chaque année, parce que le marché répond bien, puis on fait une différence.

Il y a des retombées fantastiques pour l’électrification du Québec dans nos terres agricoles avec des effets clairs de la réduction de GES qui découle de la production agricole.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l’Énergie

Le premier appel de projets permettra une réduction de 3000 tonnes de GES, selon le ministre. Ce qu’on vient faire, c’est remplacer de l’énergie fossile qui était nécessaire soit pour la puissance ou par le fait que l’électricité ne se rendait pas sur le site de manière adéquat, explique M. Julien.

Encore une minorité chez les producteurs en serre

Les producteurs en serre du Québec ont besoin d’une quantité importante d’énergie pour chauffer et éclairer leurs serres. Force est de constater qu’ils étaient très peu nombreux à utiliser l’électricité comme source d’énergie principale. Pour le chauffage à l’électricité, je pense qu’on était juste trois au Québec à l’utilise, souligne le président de Producteurs en serre de l’Estrie, André Mousseau.

J’espère que la possibilité d’avoir accès au triphasé va se continuer dans le temps pour permettre justement à tous les producteurs qui sont intéressés à utiliser à davantage à avoir accès à de l’électricité de qualité.

Une citation de :André Mousseau, président des Producteurs en serre du Québec

Selon M. Mousseau, la récente réduction des tarifs d’électricité pour la production en serre par Hydro-Québec jumelés à ces aides financières de l’État pourrait toutefois changer la donne. Faut réduire les gaz à effet de serre au Québec, s’exclame-t-il. Plus on va l’utiliser, mieux ça va être. À l’heure actuelle, il y a un surplus très important au Québec au niveau de l’électricité.

Le programme du gouvernement est aussi salué par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie. Environ 10 % des émissions de GES sont attribuables à l’agriculture au Québec.

D’autres actions possibles

L’utilisation de l’électricité n’est toutefois pas la seule option pour les agriculteurs qui souhaitent réduire leur empreinte environnementale.

Une serre alimentée à l'aide de panneaux réfléchissants.

Certaines serres sont chauffées grâce à des panneaux réfléchissants.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

L’Abri végétal de Compton utilise par exemple d’imposants panneaux pour réfléchir la lumière du soleil dans les serres. Une manière de réduire l’utilisation des lampes et donc, d’énergie.

Ces miroirs vont reprendre 60 % de la lumière qui passerait au nord de la serre et la rabattre vers la culture, explique le copropriétaire Frédéric Jobin-Lawler. Ça nous a permis de fournir la clientèle locale avec les deux produits (tomates et concombres), en plein hiver, sans l’éclairage artificiel.

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