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Des excréments de mastodonte vieux de 75 000 ans révèlent leurs secrets

Un gros crottin fossilisé.

L’étude d’un excrément de mastodonte découvert en Nouvelle-Écosse donne un portrait des conditions de vie de cette espèce il y a 75 000 ans, dans une forêt d’épinettes comprenant des terres humides.

Photo : Musée d'histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Un excrément de mastodonte découvert en Nouvelle-Écosse en 1991 révèle peu à peu des indices sur le milieu de vie et l'alimentation de cette espèce éteinte.

Des chercheurs du Musée de la Nouvelle-Écosse ont trouvé des restes de squelettes de deux mastodontes dans une carrière de gypse de la province, à East Milford. Ils ont récupéré les ossements et les défenses, ainsi qu’un gros crottin.

On a pu découvrir que ce dont se nourrissaient les mastodontes était très similaire à ce que l'on trouve encore en Nouvelle-Écosse de nos jours, explique le chercheur Scott Cocker, de la Faculté des sciences de l'Université de l'Alberta.

Cinq scientifiques extraient des ossements du sol.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux mastodontes ont été découverts dans une carrière de gypse à East Milford, en Nouvelle-Écosse, en 1991. Les chercheurs ont aussi mis au jour les restes de deux tortues et d’une grenouille à cet endroit.

Photo : Gracieuseté/Bob Grantham

Étudiant au doctorat, Scott Cocker dirige cette recherche qui fait l’objet d'un article dans la Revue canadienne des sciences de la terre (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Le crottin provenait d’un mastodonte qui avait mangé des branches d'épinettes et de bouleau, de l'aulne ainsi que des insectes, du pollen et des algues, précise M. Cocker. Il y avait aussi des terres humides d’eau douce dans la région, souligne-t-il.

Le plus frappant, selon Tim Fedak, conservateur du Musée de la Nouvelle-Écosse, est la grande diversité de plantes et d’insectes que Scott Cocker a découverte dans un échantillon.

C'est ce que les mastodontes ont consommé accidentellement qui donne le plus de renseignements sur la vie il y a 75 000 ans dans la région, ajoute M. Fedak.

Vous pouvez imaginer ce mastodonte qui descend des hautes terres et qui mange sur son passage des branches d'épinettes. Dans ces branches, il y avait des insectes, des cônes et d'autres choses. Cela nous donne un très bon aperçu de l'environnement à cet endroit à cette époque, affirme Tim Fedak.

Des conditions de vie « optimales »

L’étude des excréments et d’autres travaux de recherche révèlent que les conditions à l’époque étaient optimales pour le mastodonte, selon Scott Cocker. Il s’agit d’un aperçu des conditions qui régnaient avant l’extinction de l’espèce, survenue il y a environ 13 000 ans, après la dernière période glaciaire.

Un dessin de trois mastodontes aux longues défenses dans une forêt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une présentation artistique de mastodontes.

Photo : La Presse canadienne / Julius Csotonyi

Le seul moyen de comprendre les extinctions est de comprendre comment les animaux et les plantes vivaient auparavant et dans quelles conditions environnementales et écologiques, explique M. Cocker.

Que s’est-il passé? Quels sont les facteurs qui ont mené au changement? Était-ce climatique? Y a-t-il eu un changement environnemental ou une pression exercée par les humains, s’interroge Scott Cocker.

Que révéleront les dents d’un mastodonte?

La recherche d’indices permettant d’expliquer l’extinction du mastodonte est aussi un but de la chercheuse Laura Eastham, de l’Université Saint Mary's, à Halifax.

Elle étudie l’émail d’une dent tirée de la mâchoire de l’un des mastodontes découverts à East Milford.

La chercheuse travaille dans son laboratoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laura Eastham, de l'Université Saint Mary's, à Halifax, étudie l'émail d'une dent d'un mastodonte découvert en Nouvelle-Écosse en 1991.

Photo : Musée d'histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse

L’analyse chimique sert à déterminer si l’animal était mature, s’il buvait de l’eau provenant de glaciers ou de lacs, s’il parcourait de longues distances au cours de sa vie et si son alimentation changeait.

Il est passionnant d’essayer de comprendre comment ces animaux vivaient et comment ils ont réagi à un changement climatique, explique Laura Eastham. C’est un moyen de comprendre comment les espèces peuvent réagir aux changements climatiques actuels, souligne-t-elle.

Ces renseignements, ajoute Mme Eastham, peuvent servir à établir des stratégies de conservation.

Tim Fedak estime que les restes des mastodontes n’ont pas fini de livrer leurs secrets. Il dit que les scientifiques disposeront sûrement un jour d’outils plus perfectionnés qui leur permettront d’en apprendre davantage.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

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