•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Après avoir perdu ses deux jambes, Marcie Stevens parcourra le 2 km d’Ottawa

Une femme sourit à la caméra.

Marcie Stevens a perdu ses deux jambes dans l'accident d'OC Transpo, le 1er janvier 2019.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Marcie Stevens fait partie des 13 personnes gravement blessées dans l’accident d’autobus de la station Westboro, le 11 janvier 2019. Amputée de ses deux jambes, cette mère de deux enfants a décidé de marcher le 2 km de la Fin de semaine des courses d’Ottawa.

Je veux le faire pour tous ceux et celles qui m’ont aidée, ceux qui m’ont donné une raison de continuer, toutes les infirmières, tous les docteurs et tout le personnel de L’Hôpital d’Ottawa, lance Marcie Stevens.

Le 11 janvier 2019, la vie de cette employée de Sécurité publique Canada a basculé. Assise au deuxième étage de l’autobus à deux étages d’OC Transpo, elle était en route pour rentrer chez elle, à Kanata, lorsque le véhicule a heurté un abribus à la station Westboro.

Conduite d’urgence au centre de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa, elle a dû être amputée des deux jambes, à la suite de cet accident.

Mais très vite, elle a entamé avec force et persévérance le long processus de réadaptation.

C’est impressionnant ce qu’elle a accompli, souligne la directrice médicale du programme du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, la Dre Nancy Dudek, qui l’a suivie et continue de la suivre dans cette épreuve. Beaucoup de gens dans sa situation ne seraient pas allés aussi loin, car non seulement elle a dû se remettre d’un grand traumatisme, mais en plus elle a dû travailler très dur sur sa forme physique.

Un plan sur les deux prothèses de jambe d'une personne assise en fauteuil roulant.

Marcie Stevens doit travailler dur pour s’adapter et dompter ses deux prothèses orthopédiques.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

La Dre Dudek le reconnaît, elle s’est elle-même interrogée quand elle s’est rendue auprès de Mme Stevens, les premières fois.

C’était une personne très optimiste, qui gérait la situation de manière extraordinaire. [...] Et plus les semaines ont avancé, plus je me suis rendu compte que ce n’était pas une fausse impression. Elle ne faisait pas semblant. C’est vraiment une personne extrêmement positive.

Retrouver la forme physique

Pourtant, il lui a fallu - et il lui faut encore - travailler dur pour s’adapter et dompter ses deux prothèses orthopédiques.

Imaginer pouvoir se servir de telles prothèses prend énormément d’énergie quand on a les deux jambes amputées au-dessus des genoux, explique la Dre Dudek.

Mme Stevens a relevé le défi, perdant 60 livres afin de mieux s’adapter aux prothèses.

Je fais du cardio, je soulève des poids, je fais de l’exercice trois à quatre fois par semaine. Je marche autant que je peux, ce qui n’est pas toujours facile avec l’école en virtuel à la maison, sourit-elle.

Mais sa volonté est sans faille, même quand les jours sont plus difficiles.

Je prends ça de ma maman, de mon mari, de mes enfants. [...] Ma philosophie a toujours été que rien ne peut me briser, que rien ne peut m’abattre. Bien sûr que j’ai de mauvais jours, mais je me relève et je continue.

Une citation de :Marcie Stevens

Mme Stevens a interpellé l’acteur Dwayne Johnson, The Rock, sur les réseaux sociaux, qui lui a répondu par des encouragements à poursuivre son exercice physique.

Se prouver et prouver aux autres

Marcie Stevens n’aurait jamais imaginé participer à la Fin de semaine des courses d’Ottawa. Et pourtant, elle s’est inscrite à l’édition 2021, qui se déroule en mode virtuel du 1er au 31 mai.

C’est un gros défi pour moi de marcher. Ça te fait sentir comme si tu courais un marathon!

Une citation de :Marcie Stevens

Le défi est d’autant plus grand que Mme Stevens ne dispose pas encore des genoux électriques qui faciliteront ses mouvements pour s’asseoir et se lever.

C’est comme si tu marchais avec les jambes complètement raides, illustre-t-elle.

Qu’importe, elle veut se prouver à elle-même et aux autres qu’elle est capable d’y arriver.

Je me sens un peu nerveuse, c’est sûr, reconnaît-elle. Peut-être que je vais tomber la tête la première contre le sol? Mais je vais essayer de marcher le plus loin possible, peut-être que ce ne sera pas toute la distance, peut-être que je ne pourrai en faire qu’un quart, peut-être même pas 10 minutes, mais si c’est le cas, je roulerai le reste de la distance. Le but, ce n’est pas de marcher, c’est de sortir et d’être active, de faire quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant, alors je veux essayer.

Une femme portant un masque pose sur son fauteuil roulant.

Marcie Stevens parcourra le 2 km de la fin de semaine des courses d’Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Si son parcours est une source d’inspiration, Mme Stevens reste très humble par rapport à ces témoignages. Malgré les épreuves, elle se trouve juste chanceuse d’être en vie, reconnaissante envers l’appui de sa famille et l’aide des professionnels de L’Hôpital d’Ottawa.

Ces personnes-là m’ont sauvé la vie, dit-elle, soulignant que trois personnes ont perdu la vie dans l’accident du 11 janvier 2019.

Avec les informations de Robyn Miller, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !