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Une centaine d'ex-responsables républicains menacent de lancer un nouveau parti

Une illustration d'un éléphant scindé en deux.

L'éléphant est le symbole du Parti républicain.

Photo : iStock / Robin Olimb

Des dizaines d'anciens responsables républicains adresseront jeudi un ultimatum aux élus de leur parti : changez de cap et rompez les ponts avec Donald Trump, ou vous risquez d'avoir devant vous une nouvelle formation.

La nouvelle, d'abord rapportée mardi par Reuters, a été confirmée le lendemain par plusieurs médias américains.

Dans une lettre qui sera publiée jeudi sous le titre Un appel au renouveau américain, les signataires réclameront des réformes importantes. Selon le New York Times, le groupe se dit consterné par l'incarnation actuelle d'un Parti républicain qui demeure inféodé à l'ex-président Trump.

Lorsque, dans notre république démocratique, surgissent des forces de conspiration, de division et de despotisme, il est du devoir patriotique des citoyens d'agir collectivement pour défendre la liberté et la justice.

Une citation de :Extrait du préambule de la déclaration, publié par le New York Times

L'ultimatum est lancé à un parti qui ne donne pourtant pas de signe d'une volonté de prendre ses distances avec l'ancien président, à qui il reste farouchement loyal. Il survient au moment où la formation a choisi d'évincer de sa position de leadership la représentante Liz Cheney, qui continuait, contre vents et marées, de marteler que Donald Trump avait perdu l'élection présidentielle de novembre.

Selon Reuters, la fronde vient de républicains qui ont déjà servi comme ambassadeurs, gouverneurs, élus du Congrès, élus locaux ou membres de Cabinet.

Il faut soit réinventer un parti dédié à nos idéaux fondateurs, soit accélérer la mise en branle d'une telle solution, affirment-ils dans leur déclaration, selon un extrait obtenu par le réseau NBC News.

Les signataires plaident notamment pour le retour d'un leadership fondé sur des principes ainsi que pour le rejet de la division et des théories du complot. La liste de ces 13 principes jugés essentiels sera incluse dans leur déclaration.

Cette étape amène un peu plus loin l'idée lancée par les initiateurs du mouvement en février dernier, dans la foulée de l'assaut du Capitole par des centaines de partisans de Donald Trump.

Des manifestants tiennent des drapeaux, notamment des États-Unis et à l'effigie de Trump.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des centaines de partisans de celui qui était alors président ont réussi à envahir le Capitole.

Photo : Getty Images / Brent Stirton

La création d'une nouvelle formation représenterait un défi de taille dans un système politique reconnu pour être bipartite et dans lequel les candidats de tiers parti n'arrivent historiquement pas à s'imposer. Sans oublier que la base électorale républicaine est largement restée loyale à l'ancien président.

L'influence de Donald Trump au sein de son parti semble cependant avoir quelque peu diminué, selon ce qui se dégage de récents coups de sonde.

Selon un sondage mené par NBC News, 44 % des républicains disent appuyer Donald Trump davantage que le Parti républicain. Toutefois, 50 % indiquent qu'ils soutiennent davantage la formation que l'ancien président.

Plaidoyer pour les principes et la démocratie

La démarche de ces dizaines de républicains compte parmi ses initiateurs l'auteur d'une lettre ouverte au New York Times publiée en 2018, dans laquelle cet ancien responsable de l'administration Trump critiquait, anonymement, son patron, et disait œuvrer en coulisse à minimiser les dégâts d'une direction amorale et impétueuse.

Sorti de l'anonymat depuis, Miles Taylor, un ex-responsable au sein du département de la Sécurité intérieure, prédit une guerre civile impitoyable.

Le Parti républicain est brisé. Le moment de la résistance des "rationnels" contre les "radicaux" est venu.

Une citation de :Miles Taylor, ancien responsable de l'administration Trump, en entrevue à Reuters

M. Taylor a assuré à NBC News que son groupe était prêt à combattre les éléments radicaux du parti pour tenter de les extirper du Parti républicain et de [la] politique nationale et pour essayer d'investir dans le camp prodémocratie.

Leur espoir est cependant ténu. Nous allons donner au Parti républicain une dernière chance de se ressaisir et de se montrer modéré, mais nous n'allons pas retenir notre souffle, a-t-il admis.

Je suis encore un républicain, mais de justesse, parce que le parti a divorcé de la vérité et de la raison, a-t-il dit au New York Times. Je suis l'un des membres du groupe à penser très fortement que si nous ne pouvons pas refaire du Parti républicain un parti rationnel qui soutient la liberté de pensée, les marchés libres et les gens libres, je m'en vais. Et beaucoup de gens vont venir avec moi, a-t-il soutenu.

Par la voix de son porte-parole, l'ex-président Trump a banalisé l'initiative de ses adversaires. Ces perdants ont quitté le Parti républicain lorsqu'ils ont voté pour Joe Biden, a déclaré Jason Miller, utilisant un qualificatif cher à l'ex-président.

Pendant la campagne électorale, plusieurs groupes d'anciens responsables et stratèges républicains anti-Trump, comme The Lincoln Project, Republican Voters Against Trump ou 43 Alumni for Biden avaient milité pour l'élection du candidat démocrate.

Changer le parti de l'intérieur

Liz Cheney, devant un micro, prenant la parole devant la Chambre des représentants

Critique de l'ancien président Trump, Liz Cheney a livré, mardi, un message sans équivoque devant la Chambre des représentants, à la veille du vote sur son leadership.

Photo : C-SPAN

Le camp républicain compte dans ses rangs une poignée de voix critiques à l'endroit de l'ancien président Trump, dont Mme Cheney ou encore le représentant Adam Kinzinger, tous deux de l'aile conservatrice du parti.

Le duo fait partie des 10 représentants républicains qui ont voté pour la mise en accusation de Donald Trump pour son rôle allégué dans l'assaut du Capitole.

Mais ils ont indiqué qu'ils entendaient contester de l'intérieur la direction qu'a prise la formation plutôt qu'au sein d'un nouveau parti.

Dans une entrevue exclusive accordée à NBC après avoir été chassée de son poste de présidente de la Conférence républicaine à la Chambre des représentants, Liz Cheney a clairement indiqué qu'elle n'entendait pas baisser les bras.

Interrogée sur la bataille pour l'âme du Parti républicain, la fille de l'ancien vice-président Dick Cheney a déclaré que les développements de la journée n'étaient que la salve initiale de cette bataille.

C'est une bataille que nous devons gagner, car il n'est pas seulement question du Parti républicain, mais du pays.

Une citation de :Liz Cheney, représentante républicaine

J'ai l'intention d'être la leader, l'une des leaders, d'une lutte visant à aider à restaurer notre parti, d'une lutte visant à ramener notre parti à la substance et aux principes et d'une lutte visant à faire savoir clairement que nous ne participerons pas à l'effort vraiment dangereux qui est en cours, a-t-elle répondu lorsqu'on lui a demandé si elle était la leader de l'opposition en exil.

Mardi, elle s'était engagée à ne pas rester assise en silence.

Son collègue Adam Kinzinger a pour sa part lancé en début d'année le supercomité politique Country First (le pays d'abord), destiné à défier l'aile trumpiste du caucus républicain.

Avec les informations de Reuters, NBC News, et New York Times

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