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La plainte d'une infirmière autochtone reçue par le Tribunal des droits de la personne

Eileen Ledger dans un parc.

Eileen Ledger est ravie d'apprendre que sa plainte sera enfin entendue par un tribunal.

Photo : Radio-Canada / Peter Evans

La plainte d’une infirmière autochtone de l'Alberta, Eileen Ledger, sera finalement entendue par le Tribunal provincial des droits de la personne. Elle allègue que Services de santé Alberta (AHS) et le ministère de la Justice de la province n'ont pas agi correctement face aux comportements racistes et aux menaces de ses collègues, dont elle a été la victime.

Le mois dernier, le chef de la Commission des droits de la personne de l'Alberta, Michael Gottheil, a annulé une décision antérieure qui rejetait la plainte de l’infirmière.

Ne pas accepter sa plainte reviendrait à dire, par exemple, que si une employée est renvoyée de son lieu de travail parce qu'elle est victime de harcèlement sexuel, le geste de l'employeur n'est pas lié à la discrimination fondée sur le sexe, écrit-il dans sa décision rendue le 23 avril dernier.

Je raconte mon histoire depuis le mois de février 2018, et quelqu’un me croit enfin, dit Eileen Ledger, soulagée.

Les menaces

Eileen Ledger était infirmière au centre de détention provisoire d'Edmonton. Âgée de 65 ans, elle est Anichinabée et survivante des pensionnats autochtones.

En février 2018, elle a participé à une manifestation contre l'acquittement du fermier de la Saskatchewan Gerald Stanley. Elle y a été prise en photo tenant une pancarte sur laquelle on pouvait lire en anglais : Les Blancs me font peur.

Lorsque cette photo a circulé sur son lieu de travail, une collègue lui a rapporté les propos d’un gestionnaire correctionnel qui disait qu'à son retour elle devrait faire attention, car les agents blancs ne la protégeront pas ou ne garantiront pas sa sécurité.

Le lendemain, son superviseur l'a renvoyée chez elle pour des raisons de sécurité, puis l'a mise en congé payé pendant plusieurs semaines.

Eileen Ledger allègue que son superviseur a affirmé que cela donnerait aux agents correctionnels le temps de se calmer.

Services de santé Alberta a alors reconnu qu’il pourrait y avoir du harcèlement ainsi que des représailles. Un plan de retour au travail a alors été élaboré établissant qu'elle travaillerait uniquement dans la clinique de santé des femmes.

Le plan prévoyait notamment qu’Eileen Ledger n'interagisse pas avec d’autres employés et qu’elle prenne son repas dans une salle de conférence.

En revanche, le ministère de la Justice a conclu qu'il n'y avait aucun risque pour sa sécurité.

Je ne me sentais pas en sécurité.

Une citation de :Eileen Ledger, infirmière

Durant le mois de mon congé forcé, il y a eu énormément de discours de haine prononcés contre moi par les agents et le personnel de Services de santé Alberta, écrit-elle dans sa plainte.

Certains employés auraient écrit que si elle était une détenue, elle serait morte, affirme-t-elle.

Selon elle, certains membres du personnel pénitentiaire l’ont insultée en la traitant, en anglais, de maudite indienne, de maudite sauvage et de maudite squaw .

Elle a également signalé à la Commission des incidents où des agents de correction ont ridiculisé des détenus autochtones. AHS n’a pas réagi, selon elle.

Un impact important sur sa vie de travail

Eileen Ledger dit avoir souffert d'anxiété et de dépression en raison de cette situation. Sur les conseils de son médecin, elle n'est pas retournée au travail.

Selon AHS, le ministère de la Justice et la directrice de la Commission, Nancy Henderson, les menaces et le harcèlement subis par l’infirmière, ainsi que son congé et sa réaffectation, n'étaient pas liés à ses origines. Ils n’ont trouvé aucune preuve de discrimination raciale.

Dans sa décision, le commissaire Gottheil dit que les répondants s'en sont tenus à une interprétation « démesurément étroite et technique » de la loi et qu'une audience était amplement justifiée.

Il ajoute que Justice Alberta n'a pas dit ce qu'il avait fait, le cas échéant, pour enquêter sur les agressions et pour en arrêter les auteurs.

Selon le chef de la Commission des droits de la personne de l'Alberta, le nécessaire n’a pas été fait.

AHS et Justice Alberta ont déclaré avoir pris note de la décision et se pencher sur la question.

Avec les informations de Jennie Russell

Espaces autochtones

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