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Les producteurs pétroliers sur le qui-vive en cas de fermeture de la ligne 5

Les installations de la raffinerie de la pétrolière Suncor à Sarnia.

Les installations de la raffinerie de Suncor à Sarnia dont les activités dépendent de la canalisation 5 d'Enbridge.

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Les clients de la canalisation 5 d’Enbridge ont mis en place des plans de contingence, mercredi étant la date limite pour respecter l’ordre de fermeture du pipeline imposé par la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer.

Les pétrolières sont cependant avares de détails sur les méthodes qu’elles pourraient utiliser pour compenser le transport par cet oléoduc.

Les entreprises Impériale et Suncor ont toutes les deux confirmé avoir mis en place des plans de contingence, mais elles ne donnent pas de détails.

Shell, qui a une raffinerie à Sarnia, en Ontario, a également confirmé dans un courriel que ses équipes travaillaient à trouver des options pour soutenir les consommateurs en cas d’impact. Pour des raisons de concurrence commerciale, elle ne donne pas non plus plus de détails.

Selon Enbridge, l’oléoduc transporte environ 540 000 barils par jour de pétrole léger, synthétique et de gaz naturel liquéfié.

Camions, trains ou bateaux

La compagnie, établie à Calgary, a calculé que 2100 camions-citernes seraient nécessaires pour transporter cette quantité d’hydrocarbures chaque jour.

Le directeur de l’Institut de politiques énergétiques et environnementales à l’Université Queen’s, Warren Mabee, ne croit cependant pas que le fait de remplacer l’oléoduc par du transport routier soit une option viable pour les pétrolières. Le coût financier et environnemental serait trop élevé, selon lui.

Des wagons-citernes de pétrole sont immobilisés.

Transporter le pétrole par train ne serait pas si facile, faute de place suffisante.

Photo : AP / Charles Rex Arbogast

L’autre solution serait de transporter le pétrole par train, mais là encore, la quantité serait limitée par la disponibilité des wagons. Selon Enbridge, seulement 10 % des 540 000 barils par jour pourraient trouver de l’espace sur les voies ferrées.

M. Mabee pense que le choix le plus plausible serait de remplacer l’oléoduc par le transport maritime.

Si la fermeture survient et perdure, je pense que cette option sera choisie parce que c’est plus facile et moins onéreux de transporter de grandes quantités par bateau. Le problème, c’est que les voies navigables ne sont ouvertes que neuf mois par an, explique-t-il. De plus, les risques environnementaux de ce type de transport pourraient créer de la controverse, selon lui.

Importer du pétrole

Le noeud du problème, selon Warren Mabee, serait moins de faire sortir le pétrole de l’Alberta que de le faire venir en Ontario et au Québec. Les pétrolières albertaines peuvent, en effet, recourir à d’autres pipelines pour atteindre d’autres marchés pour leur production.

Les raffineries de l’Ontario et du Québec pourraient, elles, recourir à une ancienne solution : renverser le flot de la canalisation 9 de l’est vers l’ouest.

Selon le titulaire de la chaire de gestion de l'énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, du pétrole pourrait être importé d’autres pays et être transporté sur le fleuve Saint-Laurent. Il serait alors ensuite transporté par la ligne 9 jusqu’aux raffineries de l’Ontario.

Ces plans restent toutefois très hypothétiques en fonction de l’évolution du dossier. Enbridge et l’État du Michigan doivent procéder à une nouvelle ronde de médiation le 18 mai.

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