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L’annulation des bals de finissants touche aussi les professionnels de l’événementiel

Une coiffeuse qui porte un masque boucle les cheveux d'une jeune femme.

De nombreux professionnels du secteur estiment que la situation est encore plus difficile cette année pour eux que l'an dernier.

Photo : Top Knot Brides / Kaity Body

Émilie Javeri

Cette année encore, en raison de la pandémie, les traditionnels bals de finissants et remises de diplômes n’auront pas lieu en Alberta. Une déception pour les élèves et une perte de revenus pour de nombreux professionnels du secteur de l’événementiel.

Depuis plus d’un an, les limousines et autobus de fête d’AM PM ne sortent plus beaucoup de leur hangar, situé près de Calgary.

La directrice générale de l'entreprise, Kristin Laverty, estime avoir perdu 90 % de son chiffre d’affaires l’an dernier. AM PM est passé d’environ 35 personnes à seulement sa directrice et trois ou quatre chauffeurs occasionnels, confie-t-elle.

Les limousines sont généralement utilisées pour des activités sociales, des rassemblements sociaux : mariages, finissants, anniversaires, toutes les grandes occasions [...] Tout cela a disparu.

Elle ajoute qu’habituellement l’entreprise emmène des finissants à leur cérémonie ou bal tous les jours, et ce durant un mois, généralement de la mi-mai à la mi-juin.

Cette année, nous n’avons que quelques réservations pour des membres d’une même famille, déplore la directrice.

Des règles plus strictes

Selon les règles sanitaires en place en ce moment en Alberta, monter à plusieurs à bord d’une limousine équivaut à un rassemblement intérieur, ce qui est pour le moment interdit, sauf pour les personnes d'un même foyer. Les finissants ne peuvent donc plus partager un véhicule et diviser la facture. 

La plupart des conseils scolaires et des établissements réfléchissent encore à ce qu'ils pourraient organiser pour leurs élèves, alors que les règles sont plus strictes qu'en 2020.

L’an dernier [à la même période], les choses allaient un peu mieux, se souvient Shawn Ash, gérant d’A-1 Limousine. Les choses étaient en train de rouvrir. Cette année, l’Alberta a tout fermé pile au moment des remises de diplôme, déplore-t-il.

Il estime que la location de véhicules à des finissants représente normalement entre 25 et 30 % de son activité. À l'heure actuelle, il n'a aucune réservation.

Les gens ne veulent pas s'engager et réserver alors qu'ils ne savent même pas ce qu'ils vont faire la semaine prochaine, avance Kristin Laverty. Les choses n'arrêtent pas de changer, c'est difficile de planifier.

Moins d'argent dépensé

Lorraine Phipps est couturière et a créé son entreprise The Alter House à Calgary il y a une dizaine d'années. En 2019, son année record, elle a retouché plus de 200 robes, principalement pour des finissantes. 

Les bals et cérémonies de fin d’année sont sa haute saison, comme elle l’appelle, mais en 2020, elle n’a eu qu’une centaine de clientes. Cette année, elle pense qu’elle réussira à atteindre 80, peut-être 85.

Une personne se fait maquiller les paupières.

Dans les zones les plus touchées par la COVID-19, les salons d'esthétique ne peuvent même plus recevoir de clients sur rendez-vous.

Photo : Radio-Canada

En règle générale, les finissants achètent leur tenue, réservent leur limousine ou leur photographe en début d’année, raconte-t-elle. L’an dernier, ils avaient donc fait tout cela avant que la pandémie soit déclarée. Cette année, les choses sont différentes d'après elle.

Elle est certaine que les familles veulent continuer de célébrer ce rite de passage, mais elle est convaincue que certaines vont choisir de faire des économies, que ce soit au niveau de la robe, de la coiffure, des photos ou du véhicule. Tout cela ne serait pas arrivé il y a deux ans, pense-t-elle. 

Je crois que les finissants n'ont pas dépensé autant d'argent cette année, car ils étaient presque certains que [les événements] n'auraient pas lieu, confirme Lisa Racz, maquilleuse et cofondatrice de Top Knot Brides à Calgary. 

Pour elle aussi, la situation est pire cette année qu’elle ne l’était l’an dernier. Nous n'avons eu aucune demande [pour le maquillage de finissantes], ce qui est très rare pour nous, souligne-t-elle.

À cela s'ajoutent les nouvelles restrictions dans les zones les plus touchées par la COVID-19. Depuis le 10 mai, les salons de coiffure et d'esthétique y sont complétement fermés, et ce pour au moins trois semaines.

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