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Ottawa ajoute les produits de plastique à une liste de substances toxiques

Des bouteilles de plastique vides traînant sur le sol mouillé.

Le Canada ajoute les articles manufacturés de plastique à la liste des substances toxiques inscrites dans la Loi sur la protection de l'environnement.

Photo : Getty Images / Jack Taylor

Radio-Canada

Le Canada a ajouté mercredi les articles manufacturés de plastique à la liste des substances toxiques inscrites dans la Loi canadienne sur la protection de l'environnement.

Les articles manufacturés de plastique sont donc maintenant considérés officiellement comme pouvant avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l'environnement ou sur la diversité biologique.

Cet ajout n’a aucune conséquence réglementaire immédiate sur les entreprises qui produisent ces articles.

Il donne toutefois au gouvernement le pouvoir d'élaborer des mesures de gestion des risques écologiques potentiels concernant ces objets, ce qui pourrait à long terme entraîner des coûts supplémentaires pour leurs fabricants.

Selon une étude commandée par le ministère de l'Environnement du Canada et publiée en 2019, la quantité totale de déchets de plastique générés au Canada en 2016 était de 3268 kilotonnes.

Et c’est dans un site d’enfouissement que la majorité de ces tonnes de déchets s’est retrouvée, soit 86 % de ceux-ci, alors qu’un maigre 9 % était recyclé.

La majorité des articles manufacturés en plastique se retrouvent dans les secteurs de l’emballage et de la construction, a souligné l’étude, dans une part respective de 33 % et 26 % du marché.

Une étape importante, dit Greenpeace

Le pays fait donc un pas de plus pour tenter d’endiguer la pollution plastique. Le groupe environnemental Greenpeace s’est d’ailleurs réjoui de cette décision.

Cet ajout est une étape importante qui ouvre non seulement la voie à l'interdiction des plastiques à usage unique, mais envoie également un message fort à l'industrie du plastique : le plastique nuit à l'environnement et le gouvernement ne pliera pas devant les pressions de l'industrie, a commenté l’organisation dans un communiqué.

Greenpeace a néanmoins précisé qu’elle attendait au plus vite l'interdiction des plastiques à usage unique promise à la fin de l’année 2020.

Le ministre fédéral de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a en effet annoncé en octobre dernier que six produits de plastique à usage unique seront bannis en 2021 : les sacs d’épicerie, les pailles, les ustensiles, les bâtonnets à mélanger, les porte-canettes et les récipients alimentaires difficiles à recycler.

Greenpeace espère également que d’autres produits tels que les gobelets/tasses et les couvercles, les bouteilles et les bouchons, le styromousse, les emballages alimentaires et les filtres de cigarettes en plastique seront ajoutés à cette liste.

Le groupe demande aussi au gouvernement de s’attaquer à la quantité massive d'emballages en plastique qui inondent les tablettes des épiceries.

Professeur-chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle, Marc Olivier explique que l'annonce de mercredi s'inscrit dans une approche beaucoup plus large afin d'atteindre ce qu'il appelle le zéro déchet de plastique à usage court ou à usage unique.

Dans un premier temps, on avait besoin d'un véhicule pour donner l'autorité au gouvernement fédéral de bannir certains objets manufacturés, a-t-il résumé en entrevue au 15-18 jeudi, tout en spécifiant que les six objets visés par l'annonce du ministre Wilkinson en octobre étaient trop petits pour être récupérés et recyclés.

Mais il ne s'agit là que d'une première phase, d'un premier pas, a assuré le professeur Olivier, qui entrevoit une gigantesque offensive pour lutter contre cette forme de gaspillage.

La suite logique, selon lui, serait maintenant de s'attaquer à la récupération à grande échelle des masques d'intervention, un autre objet à usage unique qui a fait son apparition dans le quotidien des Canadiens depuis le début de la pandémie de COVID-19.

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