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Mashteuiatsh, Essipit et Pessamit s'opposent officiellement à GNL Québec

Une camionnette circule sur la rue principale à Mashteuiatsh.

La communauté de Mashteuiatsh s'oppose à GNL Québec.

Photo : Radio-Canada

Les communautés innues d'Essipit, de Mashteuiatsh et de Pessamit s'opposent désormais officiellement au projet de GNL Québec, autant pour le gazoduc que pour l'usine de liquéfaction de gaz naturel.

Leur position a été transmise par communiqué mercredi après-midi.

Le conseil de la Première Nation des Innus Essipit, Pekuakamiulnuatsh Takuhikan (Première Nation des Pekuakamiulnuatsh) et le conseil des Innus de Pessamit ont dorénavant un avis fortement défavorable face au projet de construction d’un complexe de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay par GNL Québec, ont-elles annoncé.

Essipit et Pessamit sont situées sur la Côte-Nord et Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean. Le projet, par le tracé de son gazoduc et par l'exportation du gaz naturel liquéfié par le Saguenay, se trouve sur leur territoire ancestral commun.

Lors de leur passage devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) en octobre dernier, les trois communautés, qui parlent d'une voix commune, étaient demeurées neutres. Elles avaient alors soulevé des questions, notamment sur le béluga, mais elles avaient dit vouloir attendre la fin des analyses environnementales pour se prononcer officiellement.

Selon le communiqué, les préoccupations alors soulevées se sont amplifiées. Le rapport du BAPE est venu confirmer l’appréhension des Premières Nations touchant plusieurs enjeux importants à l’égard de l’acceptabilité environnementale, sociale et économique qui affecteront indéniablement les générations futures, ajoutent les trois communautés.

Une réponse finale est attendue cet été de la part du ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette. Toutefois, lors du dépôt du rapport, il a formulé trois conditions pour les promoteurs, soit trouver l'acceptabilité sociale, favoriser la transition énergétique et diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Les leaders des Premières Nations concernées sont fortement préoccupés par la décision que les gouvernements prendront à l’égard du projet Énergie Saguenay et les interpellent à agir et à s’engager maintenant. Pour eux, ce projet porte préjudice aux futures générations et est nettement incohérent avec une saine vision d’avenir ainsi qu’avec les défis globaux et sociétaux des prochaines décennies, est-il aussi mentionné dans le communiqué.

Les communautés croient que les gouvernements doivent désormais s'assurer de les consulter adéquatement lors de projets aux impacts majeurs. Par ailleurs, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones comprend un article qui prévoit la nécessité d’obtenir, des Premières Nations, un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, ont-elles poursuivi.

Les Premières Nations précisent cependant qu'elles ne remettent pas en cause les relations et le dialogue qu'elles entretenaient avec le promoteur. En mars 2020, l'entreprise Gazoduq avait annoncé une entente de collaboration avec huit communautés autochtones. Le président d'alors, Louis Bergeron, avait déclaré qu'il avait comme objectif d'ici la décision finale d'investissement qui va arriver plus tard vers la fin 2021, d'avoir des ententes avec les communautés.

Rappelons que le projet consiste en la construction d'une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay et d'un gazoduc de 780 kilomètres qui permettrait d'acheminer du gaz naturel de l'Ouest canadien vers la région. Il est mené par Symbio infrastructure, qui est le nouveau nom de la Société en commandite GNL Québec. Le projet comprend deux filiales, soit Gazoduq, pour le gazoduc, et GNL Québec, pour l'usine nommée Énergie Saguenay.

Dans son rapport rendu public en mars, le BAPE a estimé que les risques du projet de GNL Québec dépassent les avantages. Par la suite, des municipalités saguenéennes ont tout de même réitéré leur appui par résolution du conseil municipal. Saguenay, Saint-David-de-Falardeau et Saint-Honoré sont allées en ce sens.

La réaction de GNL Québec

En entrevue à l'émission Place publique, le vice-chef de la communauté innue de Mashteuiatsh, Charles-Édouard Verreault, a indiqué que le promoteur n'a pas su répondre aux interrogations qu'ils avaient. On n'a pas eu de retour de GNL en lien avec nos préoccupations, a-t-il mentionné.

Par communiqué, GNL Québec a dit accueillir respectueusement, mais avec surprise, ce revirement politique qui n’est pas le reflet des discussions des derniers mois. L'entreprise a souligné vouloir poursuivre sa stratégie de collaboration. Les préoccupations émises par les conseils de bande font écho aux demandes de précisions du gouvernement du Québec sur lesquelles nous travaillons depuis la publication du rapport du BAPE, a précisé le président de GNL Québec, Tony Le Verger.

La Coalition Fjord applaudit

Dans un communiqué transmis aux médias par la Coalition fjord, des groupes citoyens et environnementaux, dont Nature Québec et Greenpeace, saluent l’opposition officielle des conseils des trois communautés innues. Pour les groupes, cette décision vient confirmer qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour GNL Québec-Gazoduq et à l’instar des conseils de bande, les groupes demandent au gouvernement Legault de refuser immédiatement le projet et de travailler maintenant à réunir les communautés autour de projets consensuels et porteurs d’avenir pour les générations futures, ont-ils fait savoir.

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