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Dépendances : le centre de la Fondation Robert-Piché, un joueur de trop en Estrie?

Un homme qui tient une bouteille de bière se trouve devant un médecin.

Des centres de traitement des dépendances ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée d'un autre joueur en Estrie.

Photo : iStock / Ivan-balvan

Radio-Canada

Les centres de traitement des dépendances en Estrie se mobilisent contre la venue d'une nouvelle ressource pilotée par la Fondation Robert-Piché. Ils soutiennent que ces services ne répondent pas aux besoins de la région.

La Fondation Robert Piché a acquis le bâtiment des Pères Blancs d'Afrique, situé dans l'arrondissement de Lennoxville, afin d'y ouvrir un centre thérapeutique pour traiter les troubles d'utilisation de substances.

Marie-Andrée Pelletier, directrice générale du centre de traitement des dépendances Corps Âme et Esprit, représente le regroupement de huit centres de traitement, qui ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée de ce nouveau venu.

Dans notre région, on a plus de 530 lits en dépendance. C'est déjà beaucoup de places en hébergement, souligne-t-elle. Il y a encore de la place. Le 65 %, 70 % de taux d'occupation, c'est global.

On est la région où il y a le plus de services par habitant au Québec.

Une citation de :Marie-Andrée Pelletier, directrice générale du centre de traitement des dépendances Corps, Âme et Esprit

Selon Marie-Andrée Pelletier, l'approche Minnesota (celle des Alcooliques anonymes) proposée par la ressource à venir, ainsi que le programme d'aide aux employés et le programme volontaire de six mois qu'elle veut mettre en place, sont déjà des services offerts par d'autres centres de la région. De plus, elle rappelle que la clientèle visée par le nouveau centre, soit les gens désirant suivre une thérapie, est déjà desservie par les services actuels.

Entre 60 à 80 % [de notre clientèle], ce sont déjà des clients volontaires. Nous ne sommes pas tous dans des traitements de personnes judiciarisées.

Elle soutient que l'ajout d'un joueur de plus dans la région va fragiliser les services déjà offerts. On doit collaborer ensemble. Il y a un manque de concertation, déplore-t-elle.

Elle souligne avoir discuté de la situation avec Robert Piché, mais que cela s'est terminée de façon abrupte.

Que la Fondation change sa mission. Qu'il n'y ait pas de nouveau centre en Estrie.

Une citation de :Marie-Andrée Pelletier, directrice générale du centre de traitement des dépendances Corps, Âme et Esprit

Loin d'être une menace

Le gestionnaire du centre, Robert Piché, soutient qu'il ne vise pas à offrir une approche différente ou complémentaire. Le choix de l'emplacement a été dicté par l'occasion qui s'offrait à lui.

J'ai choisi Sherbrooke et Lennoxville pour l'emplacement du site, soutient-il. C'est un site enchanteur très propice à offrir une thérapie à des alcooliques et des toxicomanes, par la quiétude de l'endroit [...] Ça fait 15 ans que je cherche à ouvrir une maison thérapeutique, et cette année, j'ai trouvé un mécène qui a accepté d'acheter le site.

On n'est pas venu ici pour entrer en compétition contre les autres centres. On n'a pas fait une étude de marché. C'est plus pour l'emplacement du site qu'on a décidé d'ouvrir une maison thérapeutique.

Une citation de :Robert Piché, gestionnaire du futur centre

Robert Piché balaie du revers de la main les arguments des centres concernant la disponibilité des services dans la région. Le centre, rappelle-t-il, va d'abord accueillir seulement 12 résidents.

Tous les jours, on parle de la recrudescence de l'alcoolisme et de la toxicomanie, à cause de la pandémie [...] la demande, une fois que la pandémie sera terminée, elle va être deux fois plus forte.

De plus, il soutient qu'il n'a pas l'intention de faire appel au financement gouvernemental, une autre crainte exprimée par les centres, qui s'inquiétaient de devoir partager l'enveloppe budgétaire. Il affirme qu'il a tenté d'entamer le dialogue avec les autres centres, mais qu'il a mis fin à ses tentatives après la façon cavalière dont il a été reçu.

On vit en démocratie. Je ne pense pas que je suis une menace. Je crois qu'il y a de la place pour tout le monde.

Une citation de :Robert Piché, gestionnaire du centre

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