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Le vapotage serait une porte d’entrée sur le tabagisme, selon un sondage

L'homme tient dans ses mains deux cigarettes électroniques et des cartouches aromatisées.

L’âge minimal pour acheter des produits de vapotage et du tabac à l’île est passé de 19 à 21ans, l’an dernier.

Photo : CBC/Shane Hennessey

Près du quart des jeunes fumeurs de l’Île-du-Prince-Édouard ayant répondu à un sondage des associations pulmonaires de l’île et de la Nouvelle-Écosse, en partenariat avec la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, disent avoir été initiés au tabagisme par le vapotage.

Les jeunes sondés disent avoir commencé à fumer la cigarette après des années de consommation de produits de vapotage.

 Le vapotage est un cheval de Troie et certains jeunes peuvent se trouver par la suite avec une dépendance à la nicotine. 

Une citation de :Kevin Bilodeau, directeur aux relations gouvernementales à la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC

Environ 75 % des jeunes interviewés ont utilisé des produits dont la concentration de nicotine frôlait le taux de toxicité autorisé par Santé Canada.

Neuf jeunes sur 10 ont commencé à vapoter en utilisant des produits aromatisés.

Méthodologie

Le sondage, dont les résultats ont été dévoilés lundi, a été réalisé auprès de 273 fumeurs de l'Île-du-Prince-Édouard âgés de 16 à 24 ans, qui ont répondu à un questionnaire en ligne entre avril 2020 et janvier 2021.

Ils ont été recrutés par l'entremise d'une publicité sur Instagram de l'Association pulmonaire de l'Île-du-Prince-Édouard. Une marge d'erreur ne peut pas être associée au sondage, puisque les répondants n'ont pas été choisis au hasard.

Des données qui inquiètent

Kevin Bilodeau, directeur aux relations gouvernementales à la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, explique que l’augmentation du nombre de jeunes qui vapotent est une réalité inquiétante, alors que des organismes en santé et les gouvernements tentent de contrer cette tendance.

Cela risque de mettre à mal les efforts de la santé publique qui ont été mis en œuvre pour réduire les taux de tabagisme, ajoute-t-il.

Depuis le 1er mars, la vente de produits de vapotage avec des saveurs est interdite à l’île. Seule la saveur du tabac est permise.

L’âge minimal pour acheter des produits de vapotage et du tabac à l’île est passé de 19 à 21 ans, l’an dernier.

Une personne vapote.

Le vapotage peut augmenter le risque d'exposition à certaines substances chimiques nocives pouvant nuire à votre santé (par exemple causer du dommage aux poumons) et peut entraîner une exposition à la nicotine, une substance qui crée une dépendance, selon Santé Canada.

Photo : Associated Press / Tony Dejak

Engouement pour le vapotage

Pour Kevin Bilodeau, les prix abordables des produits de vapotage sont l’un des facteurs qui attirent les jeunes.

Afin de contrer cet engouement, il encourage les gouvernements à taxer davantage ce type de produit.

Si c’est coûteux, comme dans le cas du tabac par exemple, les jeunes pourront investir leur budget de loisir dans des choses qui sont meilleures pour leur santé, explique-t-il.

Une réduction du nombre de lieux de distribution et un contrôle plus important sur la publicité ciblant les jeunes, principalement sur les réseaux sociaux, représentent également des mesures qui pourraient renverser les statistiques, selon Kevin Bilodeau.

Portrait de Pierre Cormier.

Pierre Cormier est professeur à l'école de psychologie de la faculté des sciences de la santé et des services communautaires à l'Université de Moncton.

Photo : Gracieuseté / Pierre Cormier

Sortir de la dépendance

Pierre Cormier, professeur à l'École de psychologie à l’Université de Moncton, ajoute que la curiosité des gens envers ces produits contribue aussi à la formation de nouvelles pratiques, dont celle du vapotage.

Selon lui, certains d’entre eux croient que le vapotage n’est pas dangereux pour leur santé.

Il spécifie néanmoins que ces produits contiennent de la nicotine, une substance qui génère de la dépendance et qui peut entraîner des problèmes de santé.

Parmi ces personnes qui se disent être capables d’arrêter de fumer si elles le décident (...) il y a juste une personne sur 10 qui va effectivement réussir à le faire.

Une citation de :Pierre Cormier, professeur à l'École de psychologie à l’Université de Moncton

Le professeur explique que les cas de dépendance deviennent éventuellement un problème de santé publique.

Les gouvernements doivent ainsi offrir des traitements pharmacologiques à l’aide de substances de remplacement, ainsi que du soutien psychologique aux personnes dépendantes à la nicotine.

Et même avec ces outils de traitement, les taux de réussite sont d’environ 30 %. Cela montre la force de cette dépendance, déplore-t-il.

Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard offre un programme d’abandon du tabac depuis quelques années dans le but d’aider les Insulaires qui souhaitent cesser de fumer.

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