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Un infirmier étranger frustré de ne pas pouvoir aider ses homologues au Canada

Bachir Adjami.

Bachir Adjami voudrait prêter main-forte à ses homologues du secteur infirmier, mais il n'arrive pas à faire reconnaître ses acquis.

Photo : Gracieuseté Bachir Adjami

Michel Nogue

Bachir Adjami essuie des larmes de frustration. L'homme de 56 ans qui est maintenant établi dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, ne réussit pas à faire reconnaître sa formation et son expérience professionnelle d'infirmier acquises dans son pays d'origine, l'Algérie.

Hier aux nouvelles ils ont parlé qu'à Moncton ils ont un manque flagrant. Et là, c'est les mots que j'ai employés à ma femme. J'ai dit si on m'appelle, j'irai à Moncton.

Depuis son arrivée au Canada en 2013, lui et son épouse ont multiplié les démarches pour qu'il obtienne le droit de pratiquer son métier. Malgré tous leurs efforts, ils ne réussissent pas à trouver tous les documents demandés.

Les autorités canadiennes exigent par exemple qu'il fournisse des syllabus de cours et des relevés de notes d'il y a plus de 30 ans.

Bachir Adjami et sa conjointe, assis à une table avec des documents.

Après des années de démarches, Bachir Adjami ne parvient pas à faire reconnaître sa formation d'infirmier, même s'il possède plus de 20 ans d'expérience.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Bachir Adjami a pourtant travaillé comme infirmier dans plusieurs services d'un hôpital algérien. Il a notamment œuvré pendant 20 ans en réanimation, d'abord en orthopédie et en neurochirurgie.

Avant d'arriver, j'ai envoyé tous mes acquis à ma femme. J'ai dit : "voilà, essaie de voir comment on peut faire ça." Elle a parlé à certaines personnes. Elles lui ont dit il n'y a pas de problème, ça va se faire facilement. Et finalement, quand on est sur le terrain et face à la réalité, c'est deux mondes différents.

Des obstacles en pleine pénurie de personnel

En fin de compte, M. Adjami n'a jamais pu pratiquer son métier au Canada. Il a tenté, sans succès, de s'inscrire à une formation de préposé aux soins au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick. Le Centre de bénévolat de la Péninsule acadienne l'a embauché pendant trois mois, dans le cadre d'un projet qui comprenait des visites à personnes âgées qui reçoivent des soins à domicile.

Au même moment, la pénurie d'infirmières se fait sentir partout au Canada. En fin de semaine, le plus grand hôpital francophone au Nouveau-Brunswick, le CHU-Dumont a redirigé des ambulances vers l'Hôpital de Moncton, en raison d'un manque de personnel soignant à l'urgence.

Ça me fait mal au cœur. Pour les personnes âgées. Pour les malades. Pour notre communauté. Surtout voir qu'il y a du potentiel, mais on ne l'utilise pas.

Une citation de :Bachir Adjami, infirmier originaire d'Algérie

C'est ça qui est un petit peu difficile à concevoir ou à accepter. Il y a une matière première, mais on la laisse là, de côté. On ne l'utilise pas, au lieu de faire en profiter la communauté et notre population, vis-à-vis de ce manque flagrant, pense-t-il.

Bachir Adjami se dit prêt à démontrer sa compétence en effectuant un stage dans un hôpital canadien. Il souhaite que les gouvernements discutent avec les associations professionnelles et les régies de santé pour trouver une façon d'intégrer le personnel étranger comme lui aux soins de santé.

Comme le Canada, c'est un pays qui est terre d'accueil, il devrait faire beaucoup mieux pour la reconnaissance des acquis. Et travailler conjointement avec les provinces, pour régler ce dossier, une fois pour toutes. Pour une population qui est vieillissante. Vraiment, je pense qu'il faut agir et il faut faire tirer la sonnette d'alarme.

Et le temps presse dans son cas. Bachir Adjami fait remarquer qu'à 56 ans, il approche de l'âge de la retraite. Malgré les revers des dernières années, il reste optimiste de pouvoir faire reconnaître ses acquis et de pratiquer son métier dans un hôpital canadien. On se croise les doigts. Oui. Tous les doigts! Les orteils!

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