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La fin d'un deuxième ramadan sous le signe du confinement

L'édifice de la rue Lois

Le centre islamique de l'Outaouais, situé sur la rue Lois à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

Radio-Canada

La tombée du jour, mercredi, marquera la fin du ramadan pour la communauté musulmane. Pour les fidèles de l'Outaouais et d'Ottawa, les célébrations se sont déroulées sous le signe du confinement pour une deuxième année.

Cette année encore, les célébrations du ramadan ont été perturbées par la pandémie et les mesures sanitaires qui y sont rattachées.

L’accès à la mosquée a été limité pour bon nombre de fidèles de la région, ce qui a chamboulé les traditions et ébranlé plusieurs pratiquants, a constaté Ibrahim Sballil, le président du centre islamique de l'Outaouais.

 La perception de l’islam en ce qui a trait à l'acte religieux, est vraiment liée à la mosquée. Tu peux pratiquer chez toi, mais venir à la mosquée a beaucoup plus d’importance. C’est pourquoi, vraiment, les gens ont été éprouvés. Chaque fois qu' on a été contraint de ne pas ouvrir les portes de la mosquée, on l’a senti, explique-t-il.

En Outaouais, l’accès au lieu de culte a été limité à 25 personnes durant la période du ramadan.

Comme plusieurs, Hayet Laggoune, une résidente de Gatineau et membre du centre islamique de l'Outaouais, a décidé de célébrer le ramadan chez elle. Pour les femmes, la prière à la mosquée n’est pas obligatoire dit-elle, contrairement aux hommes pratiquants.

Pendant la période de pandémie, beaucoup de femmes ont choisi de ne pas y être [à la mosquée] vu les restrictions et vu les soucis à travers ça. Parce que dans un lieu public et fréquenté, il faut respecter la distanciation, le lavage des mains et toutes les mesures d’hygiène qui s’y rattachent. Personnellement, j’ai préféré faire mes prières à la maison que d’aller à la mosquée, partage Mme Laggoune.

Mme Laggoune souligne que l'isolement qu’a entraîné la pandémie est en totale contradiction avec l’essence même des célébrations du ramadan qui riment généralement avec partage et communauté.

Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

Hayet Laggoune est membre du centre islamique de l'Outaouais

Photo : Radio-Canada

Durant le mois du ramadan, aller à la mosquée c’est une forme de socialisation, de partage, une occasion d’avoir ces repas-partage ensemble. Ça, c’est un élément, je dirais, qui solidifie la communauté musulmane. Malheureusement, ces deux dernières années, nous n’avons pas pu profiter de ces occasions-là de resserrer les liens, dit-elle.

On a perdu ce lien social, cette ambiance festive du ramadan.

Une citation de :Hayet Laggoune

Abdourahman Kahin, porte-parole de Présence musulmane Ottawa, a lui aussi constaté que les célébrations se sont faites beaucoup plus en silo au sein de ses membres cette année, en raison de la pandémie.

Un home accorde une entrevue via visioconférence.

Abdourahman Kahin, porte-parole de Présence musulmane Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Les dernières semaines se sont bien passées. Malgré que le nombre de personnes qui pouvaient aller à la mosquée était réduit au minimum. La plupart des gens ont passé les dix derniers jours chez eux. [...] les gens font comme ils peuvent. Nous on a fait à la maison les activités qui étaient recommandées de faire, comme les prières nocturnes et la lecture du coran. Donc ça se faisait individuellement ou en famille à la maison, raconte M. Kahin.

En Ontario, les limites de rassemblement ont été fixées à 15 % de la capacité de la salle ce qui a eu pour résultat d’isoler certaines membres, alors que l’heure est traditionnellement à la communion.

Les gens sont confinés chez eux, les visites sont presque inexistantes sauf les visites qui s’inscrivent dans des bulles familiales. C’est un contraste par rapport à l’esprit du ramadan, qui encourage les gens à s’entremêler, à se visiter, à partager des choses, estime le porte-parole de Présence musulmane Ottawa.

Avec les informations de Marielle Guimond

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