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La situation pandémique actuelle aurait pu être évitée, selon des experts

La femme pleure, soutenue par deux autres femmes devant le corps, enveloppé d'un drap blanc.

À l'extérieur d'un hôpital de New Delhi, en Inde, une femme pleure la mort de son fils, décédé de la COVID-19.

Photo : Reuters / Adnan Abidi

Radio-Canada

Des experts indépendants mandatés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour examiner la pandémie de COVID-19 réclament d'urgence de vastes réformes des systèmes d'alerte et de prévention des maladies pour intervenir plus rapidement.

La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui aurait pu être évitée, a déclaré en conférence de presse l'une des coprésidentes de ce groupe, Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia.

La pandémie a jusqu’à maintenant tué plus de 3,3 millions de personnes à travers le monde, en a infecté des dizaines de millions d'autres et a terrassé l'économie mondiale.

S'il est sévère, le rapport publié mercredi ne pointe pas du doigt un seul coupable. Au contraire, cette situation est due à une myriade d'échecs, de lacunes et de retards dans la préparation et la réponse à la pandémie, a souligné Ellen Johnson Sirleaf.

Le rapport écrit aussi qu’il est clair que la combinaison de mauvais choix stratégiques, d'un manque de volonté de s'attaquer aux inégalités et d'un système manquant de coordination a créé un cocktail toxique qui a permis à la pandémie de se transformer en une crise humaine catastrophique.

L'OMS critiquée

Institué par le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en application d'une résolution adoptée en mai 2020 par les États membres de l'organisation, le panel indépendant, constitué de 13 experts, a passé les 8 derniers mois à examiner la propagation de la pandémie et les mesures prises par l'agence sanitaire et par les États pour y faire face.

Car, depuis le début de la crise, l'OMS a été critiquée pour ses réponses à la crise, notamment pour avoir tardé à recommander le port du masque.

Surtout, elle a été accusée par les États-Unis d'avoir été extrêmement complaisante avec la Chine, où est apparu le coronavirus, et d'avoir tardé à déclarer l'état d'urgence sanitaire mondiale. La Chine, quant à elle, a été accusée d'avoir essayé de camoufler l'épidémie.

Certes, nous pouvons dire qu'il y a eu clairement des retards en Chine, mais il y a eu des retards partout, a commenté l'ancienne première ministre de la Nouvelle-Zélande Helen Clark, qui copréside le groupe d'experts.

Alors que les informations commençaient à arriver à l'OMS, l'organisation n'était manifestement pas suffisamment habilitée à enquêter, puis à confirmer rapidement qu'une épidémie dangereuse était en train de se produire, a-t-elle observé.

Pendant que le virus se propageait, les informations s'entassaient et les décisions étaient retardées dans l'attente de réponses à de laborieux échanges de courriels officiels, a-t-elle déploré.

Retard, hésitations et dénis

Trop de temps s'est écoulé, constate le rapport, entre la notification d'un foyer épidémique de pneumonie d'origine inconnue dans la deuxième quinzaine de décembre 2019 et la déclaration le 30 janvier par l'OMS d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Pour les experts, cette déclaration aurait pu être faite dès la première réunion du comité d'urgence, le 22 janvier, et aurait dû être accompagnée de recommandations visant à restreindre les voyages, précise le rapport.

Si des restrictions de voyage avaient été imposées plus rapidement, plus largement, cela aurait constitué une sérieuse entrave à la transmission rapide de la maladie, et cela reste le cas aujourd'hui.

Une citation de :Helen Clark, coprésidente du groupe d'experts et ex-première ministre de la Nouvelle-Zélande

Mais même si l'OMS avait décrété l'urgence sanitaire une semaine plus tôt, les choses n'auraient guère changé face à l'inaction de tant de pays, a reconnu Mme Clark.

Les gouvernements n'ont pas compris que la déclaration d'urgence était l'alarme la plus forte possible de l'OMS, qui n'a pas le pouvoir de déclarer une pandémie, bien qu'elle l'ait finalement qualifiée ainsi le 11 mars, ajoute le rapport.

Une mère africaine met un masque à son fils.

Une mère africaine met un masque à son fils.

Photo : Radio-Canada

À cet égard, février 2020 a été un mois perdu, durant lequel bon nombre de pays auraient pu prendre des mesures pour enrayer la propagation du virus.

En définitive, retards, hésitations et dénis ont permis à la pandémie d'éclore, conclut le rapport.

Le groupe d'experts recommande aux gouvernements et à la communauté internationale d'adopter sans délai un ensemble de réformes visant à transformer le système mondial de préparation, d'alerte et de réponse aux pandémies.

Pour cela, le rapport propose plusieurs pistes, dont la création d'un Conseil mondial de lutte contre les menaces sanitaires, ainsi que la mise en place d'un nouveau système mondial de surveillance fondé sur une transparence totale.

Ce système donnerait à l'OMS le pouvoir de publier immédiatement des informations sur les épidémies susceptibles de donner lieu à une pandémie, sans demander l'approbation des pays.

Le rapport formule également une série de recommandations pour application immédiate afin de mettre fin à la propagation de la COVID-19, appelant notamment les pays riches à fournir plus de deux milliards de doses de vaccin d'ici mi-2022, dont au moins un milliard d'ici septembre.

Les ministres de la Santé des pays membres débattront des conclusions de ce rapport lors de l'ouverture de l'assemblée annuelle de l'OMS le 24 mai.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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