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Pénurie de logements aux Îles : des solutions envisagées

La Municipalité envisage de jumeler des propriétaires à des locataires à la recherche d'une chambre.

Des maisons aux Îles-de-la-Madeleine.

Un comité d'urgence se forme aux Îles-de-la-Madeleine pour trouver des solutions à la pénurie de logements.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

La pénurie de logements a monopolisé une bonne partie des échanges de la séance de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine qui s'est tenue mardi soir. Alors que des citoyens se disent à bout de ressources, la Municipalité a évoqué quelques pistes de solutions.

Richard Dupuis, un citoyen qui n'a toujours aucun logement pour l'été, a notamment interpellé les élus. Il affirme chercher un logement disponible à l'année depuis maintenant un an, en vain.

C'est très difficile. On a beau chercher, on a beau demander de l'aide, rien n'aboutit. J'ai lancé un dernier cri du cœur parce que moi je suis tout seul ici et les deux propositions que j'ai eues, je trouve que c'est de l'abus, déplore-t-il.

Il dit avoir reçu une offre de location d'une roulotte pour 400 $ par semaine et une autre proposition de location d'une chambre à 800 $ par mois.

Moi, le 31 mai, je suis obligé de coucher dans mon auto et j'ai un petit chien avec moi. Ça fait un an que je cherche un logement à l'année pis que je n'ai rien trouvé, tout ça parce que c'est loué à des touristes.

Une citation de :Richard Dupuis, résident des Îles-de-la-Madeleine

Et je dois aller travailler le matin et démontrer à mes collègues que je suis heureux? C'est impossible. Comment voulez-vous avoir une vie normale? demande M. Dupuis.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, se dit sensible au problème, mais affirme que la Municipalité ne peut pas empêcher ses citoyens de louer leur logement à un certain prix.

En 2020, 330 transactions de permis de construction, de rénovation ou d'aménagement de terrain ont été enregistrées aux Îles-de-la-Madeleine. De ce nombre, 60 permis ont été délivrés pour de nouvelles constructions, dont 47 à des gens qui résident aux Îles à l'année.

Toutes transactions confondues, 72 % des permis ont été délivrés à des gens qui résident aux Îles à l'année et 28 % à des acheteurs domiciliés à l'extérieur de l'archipel, mais dont certains sont en processus de déménagement vers les Îles.

Donc on n'est pas du tout en perte de contrôle des propriétés du territoire des Îles, conclut le maire, Jonathan Lapierre.

Jumeler propriétaires et locataires

M. Lapierre précise toutefois que des discussions sont en cours pour trouver des solutions à court terme, comme un programme de parrainage de gens qui veulent louer des chambres, par des propriétaires qui ont des chambres libres qui ne sont pas encore offertes sur le marché locatif.

On va regarder ce qui est possible de faire dans le parrainage et le pairage entre des gens qui sont en recherche de logements, qui travaillent et qui ne devraient pas se trouver dans la rue, parce que ce n'est pas une situation qui me fait plaisir à entendre. Mais en même temps, on ne peut pas forcer ces gens-là à louer des chambres.

Une citation de :Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine

D'autres avenues sont explorées, mais M. Lapierre précise que tout ne dépend pas de l'équipe municipale.

J'ai offert à l'ensemble des partenaires de la communauté qui sont impliqués dans le logement qu'on mette des fonds pour acheter une habitation pour accueillir des gens en situation d'itinérance. Mais la question qui demeure sans réponse, c'est qui va l'opérer? Qui va s'assurer que c'est sécuritaire, que les mesures sanitaires sont respectées? Ce n'est pas la Municipalité qui peut offrir ce service-là, souligne-t-il.

Le maire rappelle également que la solution n'est pas de s'attaquer à l'industrie touristique, qui représente une source de revenus importante pour l'archipel.

Il faut d'abord et avant tout qu'on développe un parc immobilier locatif à l'année, et ce, le plus rapidement possible, affirme-t-il. La Municipalité offre d'ailleurs des subventions aux promoteurs qui souhaitent construire des logements multiples, ainsi qu'un congé de taxes foncières pour ceux et celles qui créeront de nouveaux logements offerts à l'année.

Par ailleurs, un comité d'urgence a été créé par le député des Îles, Joël Arseneau, pour faire face à cette crise.

Une trentaine d'acteurs du milieu se sont mobilisés lundi, lors d’une rencontre de concertation, afin de trouver des solutions pour éviter que des Madelinots se retrouvent à la rue.

M. Arseneau indique qu'une campagne de sensibilisation sera mise sur pied pour dénicher des logements qui ne sont pas sur le marché locatif. De plus, le député croit que les programmes et les subventions de la Municipalité devraient permettre d'endiguer le problème à plus long terme.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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