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Combien d’enfants sont réellement en attente d’une place subventionnée?

Officiellement, Québec soutient que 51 000 enfants sont en attente d’obtenir une place dans un service de garde, mais il y a également des milliers d'autres demandes d'enfants déjà inscrits souhaitant fréquenter un CPE ou une garderie subventionnée.

Des enfants jouent avec des blocs en mousse.

Des dizaines de milliers d'enfants souhaitent obtenir une place dans un service de garde subventionné au Québec.

Photo : iStock

Obtenir une place subventionnée à 8,50 $ par jour est devenu un parcours du combattant au Québec.

Depuis plusieurs années, les listes d’attente s’allongent et les parents doivent patienter parfois des années avant de pouvoir inscrire leur enfant dans un CPE ou une garderie privée subventionnée.

Dans l’attente d’un appel d’un tel service de garde, ils optent souvent pour une garderie privée non subventionnée, dont les coûts quotidiens peuvent atteindre 50 $ ou plus dans certains quartiers de Montréal.

Des milliers d’enfants supplémentaires en attente

Au cours des dernières semaines, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a reconnu que cette liste d’attente a grimpé à près de 51 000 noms. En réalité, il y a plusieurs milliers d’enfants de plus qui patientent également pour avoir une place subventionnée.

Combien d’enfants, précisément, espèrent une place dans un service de garde subventionné?

Le ministère de la Famille a indiqué à Radio-Canada que 24 000 enfants, déjà inscrits dans un service de garde, ont toujours une demande en cours. Bien qu’ils aient déjà une place, les parents souhaitent en obtenir une autre pour des raisons financières ou géographiques, explique un porte-parole du ministère.

Le ministère de la Famille n’a cependant pas précisé si ces enfants sont actuellement dans un établissement subventionné ou non. Il n’est donc pas possible de savoir si tous ces enfants veulent uniquement une place dans un établissement qui ne réclame que 8,50 $ par jour.

Plus de 88 000 demandes au total

Le ministre Lacombe n’a cependant pas menti. En mars dernier, durant une conférence de presse, il a par exemple évoqué ce nombre de 51 000 enfants en parlant d’une liste d’attente pour une place en service de garde, sans mentionner le type d’installation souhaitée.

En revanche, il n’a pas pris en compte le nombre d’enfants déjà inscrits dans un service de garde non subventionné, au prix parfois très élevé, qui souhaitent trouver une place dans un CPE.

Il s'agit de l’enjeu principal, puisque le gouvernement Legault s’est engagé à créer des milliers de nouvelles places subventionnées, après les promesses non réalisées par le précédent gouvernement libéral.

Le nombre total de demandes, pour rejoindre un service de garde, est quant à lui encore plus élevé, même s’il est à prendre avec des pincettes.

Au total, plus de 88 263 demandes ont été dénombrées, à la fin de l’année 2020, sur la Place 0-5, qui est le guichet unique pour l’inscription dans un service de garde au Québec.

Ce total inclut par exemple les demandes des parents pour des enfants qui ne sont pas encore nés.

Les demandes exclues, selon le ministère de la Famille

  • les demandes pour des enfants occupant déjà une place : 24 000;

  • les demandes pour des enfants dont la date de fréquentation désirée par le parent est postérieure au 30 juin 2021 : 17 600;

  • corrections diverses (exclusion des enfants de plus de 5 ans : 4400).

Selon le ministère de la Famille, ce calcul des enfants en attente a toujours été le même depuis 2017. Le nombre d'enfants en attente divulgué a donc toujours été basé selon ces critères, précise-t-on.

QS et le PLQ en colère

Québec solidaire et le Parti libéral du Québec, qui ignoraient ces données, ont dénoncé cette méthode de comptabilisation du ministère de la Famille.

Le ministre Lacombe avait manifestement masqué l'ampleur du problème, il présentait des données partielles qui l'arrangeaient, a déploré mercredi matin la porte-parole de Québec solidaire pour la famille, Christine Labrie.

Les 24 000 familles de plus qui attendent, il faut les ajouter au portrait global de la pénurie, parce qu'elles restent sur la liste pour de bonnes raisons et on ne peut pas les ignorer comme le fait la CAQ jusqu'à maintenant.

Une citation de :Christine Labrie, députée de Québec solidaire

On parle de familles qui paient leurs services beaucoup plus cher que leurs moyens et qui doivent faire une croix sur d'autres projets familiaux ou même s'endetter, a-t-elle ajouté.

Le porte-parole libéral en matière de famille, Marc Tanguay, a quant à lui accusé Mathieu Lacombe de multiplier les mensonges et d'avoir une mauvaise gestion. Il a menti, a-t-il soutenu. Ses explications, ça ne tient pas la route.

C'est tout croche. Avec lui, c'est de la faute de tout le monde, des libéraux, de la pandémie. Mais la vérité, c'est que son ministère est très mal géré.

Une citation de :Marc Tanguay, député du Parti libéral du Québec

De son côté, le ministre Lacombe a voulu minimiser ces données. À mon sens, il n'y a pas de surprise. J'ai souvent dit, publiquement d'ailleurs, que la liste comportait plus de 51 000 noms, mais qu'il y avait un élagage qui était fait par le ministère de la Famille pour arriver, à la fin, avec le nombre d'enfants qui ont véritablement besoin d'une place, a-t-il affirmé en point de presse.

Il n'y a pas de cachette, a-t-il clamé.

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