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« Je ne resterai pas assise en silence », assène la républicaine Liz Cheney

Liz Cheney, devant un micro, prenant la parole devant la Chambre des représentants

Critique de l'ancien président Trump, Liz Cheney a livré un message sans équivoque devant la Chambre des représentants mardi.

Photo : C-SPAN

La représentante républicaine Liz Cheney a continué mardi de défier ses collègues et l'ancien président Trump, à la veille d'un vote sur son leadership susceptible de l'évincer de sa position de numéro 3 du parti à la Chambre des représentants.

Nous devons dire la vérité : notre élection n'a pas été volée, et l'Amérique n'a pas échoué, a martelé la représentante de l'unique district du Wyoming devant la Chambre. Rester silencieux et ignorer le mensonge enhardit le menteur.

La présidente de la Conférence républicaine à la Chambre a persisté et signé au cours d'une allocution de quelques minutes prononcée à la veille du vote sur son leadership, contesté par une frange importante de son parti restée fidèle à l'ex-président républicain.

Nous faisons face à une menace que l'Amérique n'a jamais vue auparavant : un ancien président qui a provoqué une attaque violente contre le Capitole dans le but de voler l'élection a repris ses efforts agressifs pour convaincre les Américains que l'élection lui a été volée, a-t-elle asséné, décochant au passage une flèche en direction de ses collègues.

Je ne resterai pas assise en silence et je ne croiserai pas les bras pendant que d'autres conduisent notre parti sur un chemin qui abandonne l'État de droit et rejoint la croisade de l'ancien président pour saper notre démocratie.

Une citation de :Liz Cheney, no 3 de la hiérarchie républicaine

Si elle avait survécu à la grogne républicaine lors d'un vote sur son leadership en février dernier, la sortie de cette républicaine traditionaliste et conservatrice, fille de Dick Cheney, vice-président dans l'administration du républicain George W. Bush, semble cette fois inéluctable.

Selon les médias américains, elle-même n'entretient aucune illusion quant au sort que lui réserve son parti. Au point, rapporte le Washington Post, que devant la futilité de l'effort elle n'a même pas tenté de convaincre en coulisses les élus républicains de la maintenir en poste.

Paria dans son parti

Les deux représentants les plus haut placés au sein de la hiérarchie républicaine, Kevin McCarthy, leader de la minorité à la Chambre, et Steve Scalise, whip de la formation, ont publiquement pris position pour son éviction. Ils ont préféré jeter leur soutien derrière Elise Stefanik, une élue considérée jadis comme modérée, mais maintenant résolument pro-Trump.

Dans un extrait audio obtenu par le site d'information Axios, M. McCarthy a dit à un animateur de Fox News, dans un micro resté ouvert, qu'il en avait assez de sa collaboratrice, dont les idéaux conservateurs ne sont pourtant plus à prouver.

Les élus républicains ne pardonnent toutefois pas à Mme Cheney ses rappels répétés d'une élection présidentielle remportée de façon légitime par le démocrate Joe Biden.

Il y a une semaine, elle contestait par exemple les affirmations mensongères de Donald Trump, répliquant à un communiqué dans lequel il disait que la présidentielle frauduleuse de 2020 serait connue comme LE GRAND MENSONGE!

L'élection présidentielle de 2020 n'a pas été volée, avait rétorqué Mme Cheney sur Twitter. Quiconque prétend qu'elle l'a été répand LE GRAND MENSONGE, tourne le dos à l'État de droit et empoisonne notre système démocratique.

Quelques jours plus tard, elle signait une lettre ouverte dans le Washington Post, dans laquelle elle appelait son parti à protéger la démocratie.

Les républicains disent vouloir regarder vers l'avant

Accusant Liz Cheney d'être trop centrée sur le passé, les dirigeants républicains affirment qu'elle empêche la formation de regarder vers l'avenir.

Ironiquement, l'ancien président qu'ils courtisent toujours semble encore avoir les yeux rivés vers l'élection de l'an dernier, et plusieurs élus républicains continuent eux aussi de contester les résultats de la présidentielle.

Dans une lettre envoyée à ses collègues en début de semaine pour confirmer le vote de mercredi, Kevin McCarthy a affirmé que le leadership républicain ne peut pas se permettre d'être distrait du travail important qu'il avait à accomplir.

À la tête d'une cohorte affichant et réclamant une loyauté sans faille à l'ex-président, il a néanmoins réitéré l'idée selon laquelle le parti est une grande tente accueillant une diversité d'Américains. Contrairement à la gauche, nous accueillons favorablement la libre pensée et le débat, a-t-il assuré.

Pourtant, plusieurs des 10 républicains qui ont voté pour la mise en accusation de Donald Trump pour sa responsabilité dans l'assaut du Capitole par des centaines de ses partisans, en janvier dernier, ont été sanctionnés par les instances locales de leur État respectif pour leur vote.

La même chose peut être dite au sujet des sept sénateurs républicains qui l'ont ensuite jugé coupable, à l'issue d'un procès ayant mené à son acquittement.

Liz Cheney a fait l'objet d'une motion de blâme du Parti républicain du Wyoming.

À l'époque, elle avait expliqué son vote dans un communiqué offrant une condamnation sans appel de Donald Trump.

Devant un micro, Donald Trump pointe son doigt devant lui.

Juste avant l'invasion du Capitole, le président américain Donald Trump a participé à un rassemblement pour contester la certification des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 par le Congrès.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Le président des États-Unis a convoqué cette foule d'émeutiers, a rassemblé la foule d'émeutiers et a allumé la flamme de cette attaque. Tout ce qui a suivi était son œuvre. Rien de tout cela ne serait arrivé sans lui. Le président aurait pu intervenir immédiatement et avec force pour mettre fin à la violence. Il ne l'a pas fait, avait-elle écrit. Jamais un président des États-Unis n'a trahi de façon aussi importante sa fonction et son serment à la Constitution.

Si sa réprimande à l'endroit de Mme Cheney est sans équivoque, le Parti républicain s'est montré plus compréhensif envers d'autres membres de son caucus.

La formation a par exemple refusé de sévir à l'endroit de deux trumpistes convaincus : la nouvelle venue conspirationniste Marjorie Taylor Greene, qui a tenu des propos controversés sur les réseaux sociaux, et Matt Gaetz, soupçonné notamment d'avoir eu une relation sexuelle avec une mineure, ce qu'il nie.

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