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Devrait-on s'inquiéter que le niveau du Saint-Laurent soit si bas cette année?

Une vue aérienne du fleuve Saint-Laurent.

Le niveau du fleuve Saint-Laurent a rarement été aussi bas.

Photo : iStock

Radio-Canada

Comparativement aux années précédentes, le printemps 2021 rime avec des niveaux d'eau peu élevés dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais. Si les riverains échaudés par les inondations de 2017 et de 2019 poussent un soupir de soulagement, des groupes surveillent de près ce phénomène, qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses à plusieurs égards.

Ces observateurs s'inquiètent notamment des impacts du bas niveau de l'eau sur la faune et la flore, sur la sécurité nautique, mais aussi sur l'approvisionnement en eau des municipalités et des embouteilleurs.

Il peut y avoir des enjeux pour nos municipalités, par exemple par rapport à leurs prises d'eau potable, confirme Émilie Charbonneau, ingénieure au sein du Bureau de projet de gestion des risques d'inondation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

La Ville de Montréal assure qu'un rapport d’analyse de vulnérabilité a été produit dans les derniers mois et que ses prises d'eau ne sont pas à risque, exception faite de l'usine de Pierrefonds, aux abords de la rivière des Prairies. Elle estime en outre que la baignade ne devrait pas être affectée cet été.

Le bas niveau de l'eau pourrait toutefois entraîner la fermeture de certaines rampes de mise à l’eau, prévient-on, ce que confirme le directeur général de Nautisme Québec, Sylvain Deschênes, qui appelle ses membres à la prudence, particulièrement dans le Grand Montréal.

Ici, à la marina de Longueuil, un œil averti va savoir que le niveau d'eau est un peu plus bas, dit-il. Mais on a d'autres endroits où l'étiage est beaucoup plus fort et on commence à apercevoir des roches qu'on ne voit pas normalement.

Une citation de :Sylvain Deschênes, directeur général de Nautisme Québec

Dans ce contexte, selon M. Deschênes, il importe d'étudier son plan d'eau, utiliser les outils électroniques qu'on a, les cartes de navigation électroniques, les GPS, les profondimètres sur les bateaux, et rester vigilant.

Ce n'est pas le temps, dit-il, de casser son pied de moteur ou son hélice, parce que la pandémie de COVID-19 a entraîné des ruptures de stock.

Dans un tout autre ordre d'idées, les écologistes s'inquiètent pour leur part des conséquences du bas niveau de l'eau sur la faune et la flore.

Le printemps venu, de nombreuses espèces de poisson, par exemple, se reproduisent et se nourrissent dans des herbiers – des milieux devenus moins accessibles cette année. Le bas niveau de l'eau contribue également à la prolifération de certaines plantes envahissantes, comme le phragmite.

La période de reproduction de poisson peut survivre à ce genre de phénomène là, parce qu'elle l'a toujours fait; il y a toujours eu ce genre de fluctuations là avec le fleuve, assure Ariane Cimon-Fortier, directrice générale du Comité ZIP Jacques-Cartier, un organisme chargé de faciliter une cohabitation harmonieuse entre les activités humaines et les écosystèmes aquatiques de l’archipel d'Hochelaga. Par contre, ce qu'on ne souhaite pas, c'est d'avoir continuellement des périodes de bas niveau d'eau comme ça d'affilée. Là, ça va devenir problématique.

Les embouteilleurs craignent d'être à sec

Même les entreprises d'embouteillage ne savent quoi penser des faibles niveaux de l'eau, cette année.

On voit des problématiques reliées à ça : des systèmes de pluie qui fonctionnent moins bien, des systèmes de traitement d'eau qui fonctionnent moins bien également..., illustre Michel Lavoie, vice-président du secteur eau potable de l'Association des entreprises spécialisées en eau du Québec (AESEQ).

Dans le fond, on voit présentement des problèmes qui, normalement, ont lieu plus dans les périodes de grandes chaleurs au milieu de l'été. Mais cette année, en 2021, on les a depuis le début du mois de mai.

Une citation de :Michel Lavoie, vice-président du secteur eau potable de l'Association des entreprises spécialisées en eau du Québec

Le constat est le même à la Commission mixte internationale, l'organisation canado-américaine qui gère les eaux des Grands Lacs et du fleuve.

Le niveau du lac Ontario est très bas, il est à 28 centimètres sous sa moyenne, relève sa porte-porte Sarah Lobrichon. En fait, la dernière fois que les niveaux ont été aussi bas, au lac Ontario, c'était en mai 2010, et au lac Saint-Louis, à Montréal, ça remonte [à la fin de l'été] 2015, souligne-t-elle.

En cause : un hiver doux accompagné de faibles précipitations sur les bassins versants du lac Ontario, du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des Outaouais, et peu de pluie ce printemps.

Dans les derniers jours, le lac Saint-Louis a atteint le seuil critique de 22,1 mètres, mais la Commission mixte internationale juge que même si les niveaux du fleuve et du lac Ontario sont très bas, les autres Grands Lacs en amont ont assez d'eau pour s'assurer de maintenir ce plancher au cours de l'été.

Cela étant dit, l'organisation affirme suivre la situation de près.

Avec les informations de René Saint-Louis

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