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L’avenir de la mine Mary River au Nunavut est incertain, prévient Baffinland

Un bateau-cargo transporte des équipements près du quai la mine.

L’entreprise Baffinland envisage de cesser dès l’année prochaine les activités de sa mine de fer Mary River, dans l'est du Nunavut.

Photo : thyssenkrupp Industrial Solutions

L’entreprise Baffinland envisage de cesser dès l’année prochaine les activités de sa mine de fer Mary River, qu’elle exploite dans l’est du Nunavut, en raison de difficultés financières causées par l’incertitude de la deuxième phase de son projet d’expansion.

Dans une lettre envoyée aux sous-traitants et aux employés de l’entreprise, le président-directeur général, Brian Penney, a fait savoir que les actionnaires n’avaient pas l’intention de maintenir leurs investissements pour le développement de la mine.

« À l'heure actuelle, nous sommes confrontés (i) à un retard indéterminé dans le processus de la phase 2, (ii) à l'absence d'indications claires concernant un nouveau soutien pour la phase 2, et (iii) à des réductions prévues des prix du minerai de fer dans les années à venir », a-t-il écrit dans sa lettre, envoyée le 30 avril.

La mine Mary River est située à environ 176 km au sud-ouest de la communauté de Pond Inlet, sur l’île de Baffin. Son projet d’expansion vise à faire passer la production de minerai de fer de 6 à 12 millions de tonnes par an. Ce projet fait présentement l’objet d’un processus d’examen environnemental piloté par la Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions (CNER).

Un carte montrant la mine de fer Mary River dans le nord de l'île de Baffin, au Nunavut.

La deuxième phase du projet d'expansion prévoit la construction d'un chemin de fer d'environ 110 km reliant le site de la mine Mary River au port de Milne Inlet.

Photo : Radio-Canada

Le projet ne fait toutefois pas l’unanimité, notamment auprès de chasseurs et d’organisations inuit, qui critiquent le manque de consultations des populations inuit et craignent les effets irréversibles du projet d’expansion sur l’environnement.

Dans les derniers mois, la CNER a tenu plusieurs séries d’audiences publiques. Les dernières, organisées à Iqaluit au mois d’avril, ont été interrompues de manière imprévue par une éclosion de COVID-19.

Pour aller de l’avant, le projet doit cependant recevoir le feu vert du ministre fédéral des Affaires du Nord, Daniel Vandal : une décision qui sera prise à la lumière des recommandations formulées par la CNER dans un rapport final.

Des personnes sont assises dans une salle de conférence dans la cadre d'audiences publiques.

Au mois d'avril, la Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions a tenu des rencontres techniques et des audiences publiques pour achever son examen environnemental de la deuxième phase du projet d’expansion, mais une éclosion de COVID-19 à Iqaluit a causé la suspension des audiences.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Espaces autochtones

Démantèlement de l’équipement déjà en cours

Dans un échange de courriels, la porte-parole de Baffinland, Heather Smiles, affirme que l’entreprise voit la finalisation du processus d’examen environnemental comme une condition clé pour obtenir un financement supplémentaire pour l'exploitation de la mine.

Au cours des récentes audiences publiques, l’entreprise a plusieurs fois fait valoir qu’elle ne serait pas rentable sans son agrandissement. Celui-ci comprend notamment la construction d’un chemin de fer d’environ 110 km pour acheminer le minerai entre le site minier et le port de Milne Inlet, plus au Nord.

Nous commencerons à démobiliser tout l’équipement des sous-traitants lié à la phase 2 sur le site [minier] pendant la saison du transport maritime cet été, a écrit Brian Penney dans sa lettre, en ajoutant que le transport d’équipement non essentiel par voie maritime sera aussi annulé.

Il pointe du doigt les délais du processus d’examen environnemental, mais aussi la baisse estimée des prix du minerai de fer, qu’il s’attend à voir passer de 126 à 85 $US la tonne entre 2021 et 2023.

Compte tenu des niveaux de production actuels et de la structure des coûts de la mine, les opérations ne seront pas viables à ces prix, indique Heather Smiles.

Baffinland s’attend a ce que la mine soit mise en état d'entretien et de maintenance en 2022 si les prix du minerai de fer chutent en-dessous de 100 $US la tonne.

En date de lundi, la tonne de minerai de fer s’élevait à environ 225 $US, selon le site web Trading Economics, qui indique qu’elle n’a pas atteint un prix inférieur à 100 $US depuis le mois de juin 2020.

Une grue sur un site minier.

Depuis sa mise en exploitation, en 2015, la mine broie puis transporte d’importantes quantités de minerai de fer vers le port de Milne Inlet, à plusieurs kilomètres au nord, par l’entremise d’un chemin de ravitaillement.

Photo : Baffinland

Inquiétudes pour l’avenir

Le réseau de coopératives Arctic Co-Operatives fournit des services de transport aérien à Baffinland dans le cadre d’une entente signée en 2019, en partenariat avec la compagnie aérienne québécoise Chrono Aviation.

Arctic Co-Operatives est administrée par 32 communautés du Grand Nord et gère notamment des épiceries, des hôtels et des entreprises de location de propriétés. Son porte-parole, Duane Wilson, s’inquiète des pertes éventuelles découlant de l’arrêt des opérations de la mine pour les coopératives situées dans les communautés touchées, à savoir Pond Inlet, Igloolik, Arctic Bay et Sanirajak.

Puisque de nombreux résidents de ces communautés travaillent sur le site minier, ce dernier craint que leur pouvoir d’achat diminue considérablement si l’entreprise minière cesse ses activités.

Cela va avoir un impact non seulement sur nos occasions d’affaires, mais aussi sur les possibilités d’emploi pour des centaines de Nunavummiut dans ces communautés, dit-il.

Baffinland n’a pas souhaité nous accorder une entrevue dans le cadre de cet article.

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