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Deux fois plus d'hommes en détresse psychologique depuis le début de la pandémie

Un homme cache son visage avec les mains placées comme pour faire une prière.

Parmi ceux qui vivent de la détresse psychologique en 2021, seulement le quart ont consulté une ressource professionnelle (archives).

Photo : Adobe Stock

Un sondage mené auprès de 2700 hommes indique qu'un homme sur sept, soit près de 14 % d'entre eux, vit de la détresse psychologique en 2021. C'est près de deux fois plus (8 %) qu'il y a deux ans, avant le début de la pandémie.

Selon ce sondage commandé en janvier par le Comité régional en santé et bien-être de Montréal en partenariat avec Regroupement provincial en santé et bien-être des hommes (RPSBEH), la détresse psychologique est particulièrement élevée chez les jeunes de 18 à 34 ans, les célibataires, ceux dont le revenu annuel est inférieur à 35 000 $ par an et ceux d’orientation sexuelle autre qu’hétérosexuelle.

Nos jeunes sont plus affectés, c'est clair, et particulièrement ceux qui sont moins scolarisés, ce sont ceux qui ont moins tendance à aller chercher de l'aide, observe Gilles Tremblay, chercheur responsable du Pôle d’expertise et de recherche en santé et bien-être des hommes.

De plus, 41 % des 2746 hommes sondés au Québec indiquent avoir vécu difficilement l'adaptation à la situation de la pandémie.

La forte majorité (68 %) indique que la dernière année a entraîné des impacts négatifs sur leur vie quotidienne.

Si on regarde avant la pandémie, on était autour de 8 %, et là on arrive à 14 %, c'est assez important, majeur comme hausse. Et là on parle d'un seuil clinique, c'est-à-dire que ce sont des gens qui devraient normalement consulter, commente Gilles Tremblay à l'émission Première heure.

Peu de consultation durant la pandémie

Cette augmentation marquée de la détresse chez les hommes va de pair avec un faible taux de consultation. Seulement le quart des hommes qui vivent de la détresse ont consulté une ressource professionnelle au cours des derniers mois.

« Les hommes ont tendance à dire : d'autres en ont plus besoin que moi, c'est pas si important ou [donner] mille et une raisons. Parfois, ils connaissent moins aussi les ressources. »

— Une citation de  Gilles Tremblay, chercheur responsable du Pôle d’expertise et de recherche en santé et bien-être des hommes

La plupart des hommes préfèrent la consultation en personne (46 à 57 %) que par vidéo (15-16 %) ou par téléphone (14-18 %). Or, la grande majorité (85 %) a accès à un ordinateur ou une tablette pour consulter à distance.

Devant cette situation, il est aussi nécessaire de réduire les trop nombreuses barrières à l’accès aux ressources d’aide psychosociale, croit le regroupement. Il nous apparaît crucial d’éliminer la fracture numérique qui existe actuellement au Québec et [...] faire en sorte que les hommes à faible scolarité et à faible revenu aient accès aux informations et [à] l’aide dont ils ont besoin, ajoutent les sondeurs.

« On n'est pas obligé de souffrir dans la vie, il y a toujours des services qui sont là, qui sont disponibles pour vous.  »

— Une citation de  Gilles Tremblay, chercheur responsable du Pôle d’expertise et de recherche en santé et bien-être des hommes

Méthodologie

Le sondage SOM a été mené du 13 au 31 janvier 2021 auprès d’un échantillon représentatif de 2746 hommes adultes québécois, dont 1581 Montréalais et 292 répondants anglophones.

La marge d’erreur est de 2,8 % avec un niveau de confiance de 95 %.

Toute personne qui se sent en détresse est par ailleurs invitée à composer le 1 866 APPELLE.

Avec la collaboration d'Alain Rochefort et de Claude Bernatchez

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