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Des résidents du Plateau souhaitent plus de sécurité dans leur quartier

Un homme se laisse prendre en photo à l'extérieur, dans un quartier résidentiel.

Patrick St-Pierre, un résident du secteur du Plateau, à Gatineau, suggère l'implantation d'un poste de police communautaire ou encore la construction d'une maison des jeunes afin de combattre le crime dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Des résidents du Plateau, à Gatineau, sont inquiets pour la sécurité du quartier, alors que les méfaits et interventions policières se sont récemment enchaînés.

C’est le cas de Patrick St-Pierre, un père de famille du quartier qui constate une recrudescence des délits depuis plusieurs mois déjà.

On a vu, le printemps dernier, une intervention policière avec des policiers armés dans des condos. On s’inquiète quand même un peu beaucoup, lance M. St-Pierre.

Plus récemment, certains ont remarqué des rassemblements de plus en plus fréquents dans le parc Central, notamment. Certains soupçonnent d’ailleurs qu’il s’y trame des activités douteuses.

Fin de semaine mouvementée

Vendredi dernier, le secteur du Plateau a été le théâtre d’une agression vers 15 h, près de la rue Amsterdam.

Une personne a d’ailleurs été blessée et transportée à l’hôpital où son état est stable, mais tout de même sérieux, a indiqué le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).

Les policiers sont peu bavards sur l’affaire, puisqu’une enquête est en cours.

Le lendemain, en début de soirée, le SPVG s’est rendu au parc Central, pour répondre à un vol qualifié. Quelques minutes plus tard, un autre appel a été logé pour des raisons similaires dans le même secteur, devant un immeuble à logements du boulevard du Plateau, cette fois-ci.

Un homme de 18 ans a d'ailleurs été arrêté relativement à ces affaires. Des accusations de voie de fait, de proférer des menaces, d’agression armée, de vol qualifié et de bris de conditions ont été soumises au directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) contre l’individu.

Ce n’est pas le climat dans lequel Patrick St-Pierre souhaite élever ses enfants, dit-il.

C’est certain que comme père de deux garçons de 2 ans et 4 ans, on se sent un peu inquiet, parce qu’il y a quand même eu une recrudescence, on dirait, d’événements qui demandaient l'intervention des policiers.

Juste la semaine dernière, on a eu au moins deux événements dont mon petit garçon a été témoin [...]. On a vu un chien pisteur avec la police. Il a fallu que j’explique cela à mon garçon.

Une citation de :Patrick St-Pierre, résident du Plateau

Densification du Plateau

Selon M. St-Pierre, la densification dans le secteur au cours des dernières années peut expliquer la hausse des délits et incidents nécessitant l’intervention de la police.

On voit beaucoup de constructions de condos, de tours à logements. Donc ça amène beaucoup de monde dans le Plateau, note M. St-Pierre.

Affiche avec information pour location d'appartements en avant-plan, derrière, les édifices en construction.

Le secteur du Plateau à Gatineau connaît un fort développement depuis quelques années.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Mais selon les chiffres fournis par le SPVG, le nombre de crimes violents dans le district du Plateau a plutôt connu une baisse constante de 2018 à 2020, passant de 107 crimes rapportés à 85.

Toutefois, cette année, en date du 10 mai, 49 crimes violents ont été enregistrés dans le secteur jusqu’à maintenant.

Il y a fort à parier que les développements majeurs des dernières années sur le Plateau et la densification de la population remettraient en perspective les statistiques sur la criminalité, précise le SPVG, dans un courriel.

Violence conjugale

Selon le SPVG, plus de 30 % des crimes de violence commis sur le Plateau, depuis le début de l’année 2021, sont des crimes conjugaux ou intrafamiliaux.

Les statistiques sur la violence intrafamiliale sont le reflet de la tendance que nous observons partout en province en temps de pandémie, a précisé le SPVG.

La conseillère du quartier, Maude Marquis-Bissonnette, dit avoir pris connaissance des inquiétudes des résidents du secteur, particulièrement au parc Central et a tenu à se faire rassurante. L’élue demande maintenant un plan d’intervention afin de rehausser la sécurité dans le voisinage.

Maude Marquis-Bissonnette répond aux questions des journalistes.

Maude Marquis-Bissonnette, conseillère du district du Plateau, à Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada

Je veux dire aux citoyens [que] j'ai entendu leurs inquiétudes, par rapport à ce qu'ils ont pu observer au parc Central. Il y a une équipe COVID et des patrouilleurs qui circulent dans le parc Central. Ils ont été très présents en fin de semaine. Ce que j'ai demandé, suivant ce dont les citoyens m'ont fait part, c'est un plan d'action, pour poser les gestes nécessaires. Ce plan devrait suivre. J'ai une rencontre bientôt avec le service de police, a déclaré la représentante du district du Plateau.

Infrastructures pour ados manquantes, selon la conseillère

Selon Mme Marquis-Bissonnette, bien qu’il y ait beaucoup d'offres pour divertir la famille dans le secteur, les infrastructures communautaires pour les adolescents sont manquantes, raison pour laquelle ils se retrouvent en quantité significative au parc Central, croit l’élue.

Est-ce qu'on peut penser à une maison communautaire dans la phase 2 du parc Central? se questionne la conseillère.

Des consultations sont en cours, dit-elle.

Pour Caroline Baillargeon, directrice générale de l’organisme communautaire L’Avenue des jeunes, une telle structure aurait toute sa pertinence dans le quartier.

Avant la pandémie, on avait regardé des possibilités pour emprunter, entre autres, un local dans la nouvelle bibliothèque, située tout près du parc. La maison des jeunes, c’est un lieu de vie, un lieu de rassemblement pour les adolescents. On a toujours des intervenants qui sont disponibles. Ce serait important d’offrir un espace pour les jeunes. [...] Ils ont beaucoup besoin de discuter de ce qu’ils vivent, notamment avec la pandémie. [...] On a un rôle au niveau de la prévention et de la sensibilisation, explique-t-elle.

Dans un monde très idéal, on aurait un espace qui serait 100 % dédié aux maisons des jeunes, mais il reste toujours la question du financement et de l’espace.

Une citation de :Caroline Baillargeon, directrice générale de l’Avenue des jeunes

Patrick St-Pierre accueille favorablement l’idée d’une maison des jeunes dans le secteur, mais également d’une présence policière permanente dans le Plateau.

Il peut y avoir différentes solutions. Une solution facile que je peux voir, ce serait peut-être de considérer l’implantation d’un poste de police communautaire dans le Plateau, suggère-t-il.

Avec les informations de Christian Milette, Emmanuelle Poisson et d'Alexandra Angers

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