•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La PN des Dénés Yellowknives déçue par la réponse d’Ottawa au sujet de la mine Giant

Des membres de la Première Nation des Dénés Yellowknives près du site de la mine Giant.

La Première Nation estime que le Canada n’a pas respecté ses droits et est ultimement responsable d’avoir empoisonné ses terres sans le consentement de son peuple.

Photo : Avery Zingel/CBC

Radio-Canada

La Première Nation des Dénés Yellowknives juge que la réponse d’Ottawa à sa pétition demandant des excuses pour l’héritage toxique qu’a laissé la mine Giant est insuffisante.

La Première Nation estime que le gouvernement n’en fait pas assez pour lui garantir des contrats dans le projet d’assainissement de l’ancien site minier.

En décembre, elle a soumis une pétition, demandant officiellement des excuses et des compensations pour les dommages subis lors de l'exploitation de la mine.

Dans sa réponse officielle, déposée en chambre la semaine dernière, le ministre des Affaires du Nord Daniel Vandal reconnaît l’impact que la mine d’or a eu sur les membres de la Première Nation et s’engage à travailler avec eux pour en venir à une entente sur des excuses et à trouver une solution à la demande d'indemnisation .

Dans un communiqué, la Première Nation se dit satisfaite du progrès remarqué dans leur conversation avec le fédéral, notamment en ce qui concerne les excuses et l’élaboration d’un mémorandum de collaboration pour certains projets.

Une mine abandonnée entourée d'un boisé.

La mine Giant est située à environ cinq kilomètres du centre-ville de Yellowknife.

Photo : Radio-Canada / Chantal Dubuc

Mais le conseil des Denes Yellowknives estime qu'Ottawa ne répond pas à leurs attentes quant à l’attribution des contrats pour le projet d’assainissement en cours.

La réponse reprend les points de discussion [que le gouvernement] a présentés aux médias avant notre première rencontre avec les hauts fonctionnaires en janvier 2021, et ne reflète pas les discussions entre les Dénés de Yellowknives et les représentants du gouvernement au cours de trois derniers mois d'engagement , explique le communiqué.

Contamination d'arsenic à la mine d’or Giant

En 56 ans d’exploitation (1948-2004), la mine d’or Giant, qui se trouvait à l’intérieur des limites de Yellowknife, a produit 237 000 tonnes de poussière toxique de trioxyde d'arsenic. En 1999, après sa mise sous séquestre par son propriétaire, Royal Oak Mines, le gouvernement canadien a hérité de la mine et de la responsabilité d'en nettoyer le site.

Cette contamination a causé au moins une mort documentée, plusieurs empoisonnements à l’arsenic, et elle continue d’avoir un effet néfaste sur l'environnement à Yellowknife.

La stratégie d’assainissement actuelle consiste à congeler les 237 000 tonnes de déchets toxiques et à les laisser sous terre pour l’éternité, ou jusqu’à ce qu’une meilleure solution voie le jour. Le coût total du projet, qui comprend l'entretien à long terme du site, est estimé à plus de 1,5 milliard de dollars.

Espaces autochtones

Dans sa réponse, le gouvernement indique entre autres que la Première Nation des Dénés Yellowknives a déjà obtenu des contrats d'une valeur de 45,8 millions de dollars pour le projet.

La Première Nation estime toutefois que ces contrats ont dû être remportés aux suites d’un processus concurrentiel et qu’ils n’ont pas été réservés à leurs membres. Elle ajoute aussi qu’ils ont dû s'associer à d’autres entreprises pour remporter certains appels d’offres.

Des gens tenant des bannières autour d'un feu.

En décembre dernier, des membres de la Première Nation des Dénés Yellowknives se sont rassemblés sur le site de la mine pour demander des excuses officielles d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

D’autres contrats seront disponibles au cours des prochaines années et le fédéral rappelle que plusieurs fonds ont été réservés aux entreprises autochtones dans le cadre de sa stratégie d’approvisionnement pour maximiser les possibilités de contrats autochtones.

Mais selon la Première Nation, le fait d’ouvrir l’approvisionnement des contrats à tous les soumissionnaires limitera sa capacité à participer de manière importante.

Nous ne cherchons pas à faire compétition pour obtenir des contrats, mais plutôt un rôle formel dans la guérison de la terre, en parallèle avec des excuses et une indemnisation, conclut le communiqué. Ensemble, ces éléments constituent la voie vers une prise de responsabilité complète des effets de la mine Giant sur la Première Nation.

Bannière promotionnelle avec le texte : Explorez les histoires du Grand Nord, ICI Grand Nord

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !