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Endométriose : la testostérone pourrait influer sur le développement avant la naissance

Une femme se tient le ventre en raison de douleurs.

L'endométriose, une maladie chronique inflammatoire qui peut causer des douleurs insupportables au moment des règles, toucherait entre 5 et 10 % des femmes.

Photo : iStock

Une trop faible exposition à la testostérone dans le ventre de la mère augmenterait les risques qu'une jeune fille soit atteinte d'endométriose, une maladie chronique et incurable qui cause des douleurs intenses pendant les règles, selon des chercheurs de l'Université Simon-Fraser (SFU).

Cette hypothèse pourrait faciliter le diagnostic de la maladie – parfois encore méconnue des médecins – et potentiellement mener au développement de nouveaux traitements, affirme l’auteur de l’étude, professeur de sciences biologiques de la SFU et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique évolutive et psychologie, Bernard Crespi.

Il y a tellement de femmes qui ont des difficultés terribles à se faire diagnostiquer correctement dans le système, dit-il en entrevue. Maintenant, sachant que vous avez certains facteurs de risque, vous pourrez au moins dire : "Voyez, c’est assez clair que je suis à haut risque."

Le taux d’exposition intra-utérin à la testostérone a des répercussions sur le développement futur du corps et des indices peuvent aider à l’estimer, indique Bernard Crespi.

Des caractéristiques physiques mesurables, par exemple, comme la longueur relative de l’index par rapport à l’annulaire, sont en partie liées à un taux d’exposition prénatale à la testostérone.

Plus ce ratio est grand (plus l’index est grand par rapport à l’annulaire), plus il y a de risques que les règles soient douloureuses, selon l’étude.

Nous pourrions faire une liste de 20 combinaisons de mesures liées à la morphologie et aux hormones, dit le Dr Crespi. De cette liste, il pourrait y en avoir une qui permette de faire une prédiction fiable.

Son étude s'appuie sur une multitude de données provenant de la génétique, de l'endocrinologie, de la morphologie et de la biologie évolutive, notamment.

Un faible taux de testostérone dans les phases initiales du développement est le plus fort corrélat connu de l’endométriose, et ses effets peuvent expliquer la majorité des symptômes de l’endométriose, écrit-il dans le communiqué qui résume l'étude.

Pas d'application immédiate

Selon le Dr Paul Yong, professeur associé à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et directeur de la recherche à la clinique d’endométriose et de douleurs pelviennes du B.C. Women’s Hospital, il s’agit d’une hypothèse tout à fait plausible.

La compréhension de cette maladie est encore limitée. Donc, tout ce qui nous en dit plus est utile, explique-t-il.

Plusieurs facteurs, qu'ils soient génétiques, environnementaux, ou même liés à la diète, influent probablement sur le développement de l'endométriose et sa sévérité, ajoute le Dr Yong.

Ce qui est intéressant, c'est qu’ils impliquent qu’il y a des événements prénataux, dans l’utérus, qui jouent sur le risque de développer de l’endométriose plus tard.

Le Dr Yong ne voit toutefois pas d’application immédiate de cette théorie dans un contexte clinique, en particulier parce que les indices corporels suggérant qu’une personne a été exposée à moins de testostérone dans le ventre de sa mère ne sont pas toujours significatifs en dehors d’un contexte statistique.

Qu'est-ce que l'endométriose?

L’endométriose est une maladie chronique inflammatoire, touchant de 5 % à 10 % des femmes, qui se manifeste lorsque des tissus similaires à l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, se retrouvent à l’extérieur de l’utérus. Ces derniers peuvent causer des douleurs insupportables. Mais il ne suffit pas de retirer ces tissus pour régler le problème, puisqu’il n’y a pas de lien direct entre la quantité de tissus trouvée (à l’extérieur et à l’intérieur de l’utérus) et l'importance de la douleur.

Avec des informations d'Endométriose Québec

Le Dr Yong souligne par ailleurs que l’endométriose doit encore être diagnostiquée à l’aide d’une intervention chirurgicale, la laparoscopie, même si de nombreux chercheurs travaillent à trouver des techniques plus simples et moins intrusives.

L’hypothèse proposée par Bernard Crespi pourrait cependant contribuer à trouver des solutions de rechange, selon Paul Yong.

Je ne suis pas certain qu’il y ait d’application clinique immédiate, mais je trouve intéressant que le Dr Crespi soit un scientifique spécialiste de l’évolution, affirme-t-il, soulignant qu’il est rare qu’un chercheur qui n’est pas dans le domaine de la santé s’intéresse à l’endométriose.

C’est intéressant lorsqu’il y a des chercheurs d’un domaine complètement différent qui apportent leur expertise et une manière différente de voir les choses.

Une citation de :Paul Yong

Le financement consacré à la recherche en santé est limité, affirme le Dr Yong, qui se félicite qu’une subvention allouée à un autre domaine d’étude soit utilisée pour des recherches sur l'endométriose.

Le financement alloué à l’étude de cette maladie chronique et la place qui y est accordée dans le système de santé sont régulièrement considérés comme étant insuffisants par des experts et des groupes de soutien.

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