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Plus on tarde à imposer un confinement, plus ce confinement durera, selon l’ASPC

Selon l'Agence de la santé publique du Canada, les confinements doivent être mis en œuvre rapidement et à bon escient.

Les fenêtres d'un restaurant fermé sont couvertes de papier brun dans le quartier chinois d'Ottawa.

Les confinements généralisés ont un immense coût socioéconomique et doivent être utilisés avec une grande prudence, selon un nouveau rapport de l'Agence de la santé publique du Canada.

Photo : CBC/Andrew Lee

Nicolas Haddad

Une nouvelle étude du Laboratoire national de microbiologie révèle que plus un gouvernement tarde à imposer des périodes de confinement pour lutter contre la pandémie de COVID-19, plus ces confinements sont de longue durée.

L’analyse de la Division des sciences des risques pour la santé publique, qui relève de l’Agence de la santé publique du Canada, a démontré que les périodes de confinement prolongé doivent être mises en œuvre avec un minimum de retard.

Des chaises empilées devant un bar.

La succession de confinements a fait du mal à bien des secteurs économiques, entre autres les industries de la restauration et celles des arts et du spectacle.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Theriault

L’étude précise que ces confinements doivent être lancés lorsque la transmission communautaire est faible, soutenus pendant une période adéquate et stricte, et doivent cibler les secteurs à l'origine de la transmission.

Selon l’auteure principale du rapport, Victoria Ng, les confinements qui suivent les critères établis ci-dessus dureraient moins longtemps que les confinements qui suivent d'autres approches.

L’étude s’est servi de modèles de diverses juridictions du Canada afin d'explorer l’efficacité des différents confinements qui ont été mis en place pour maîtriser la propagation de la pandémie lorsque d'autres mesures de santé publique s'avéraient insuffisantes.

En mars 2020, les provinces canadiennes ont entamé des périodes de confinement. Le 23 mars, le gouvernement ontarien annonçait la fermeture de tous les commerces non essentiels. Le même jour, le Québec annonçait que la province serait « sur pause » jusqu’au 13 avril.

Une femme tient une pancarte.

Une manifestante devant Queen's Park, à Toronto, en mai 2020

Photo : Radio-Canada / Natalie Kalata/CBC News

Pour freiner la deuxième vague de COVID-19, un confinement à l’échelle provinciale a commencé en Ontario le 26 décembre 2020. Cette période de confinement a été renforcée par un ordre de rester à la maison qui est entré en vigueur le 14 janvier dernier, avant une réouverture progressive sur une base régionale à partir du 10 février.

Avec l’arrivée d’une troisième vague de COVID-19 causée par les variants du coronavirus, le gouvernement de l'Ontario a de nouveau annoncé un arrêt de quatre semaines à l'échelle provinciale à compter du 3 avril.

Un deuxième ordre de rester à la maison pendant 28 jours a ensuite été donné le 8 avril, devant la montée en flèche du nombre d’hospitalisations et d’admissions aux unités de soins intensifs.

Les confinements ne peuvent pas être appliqués indéfiniment

Alors que la COVID-19 continue de se propager partout dans le monde, avec de nouvelles vagues de contamination dévastatrices dans de nombreux pays, plusieurs types d’interventions de santé publique qui avaient été utilisées au cours des premiers mois de la pandémie, comme les confinements, ont été remises en oeuvre par différents gouvernements canadiens.

La devanture d'un magasin où il est écrit que l'enseigne va fermer et que les articles sont vendus au rabais.

Un sondage mené à la fin de 2020 auprès des membres de la Chambre de commerce de l'Ontario ayant 20 employés ou moins a révélé que le quart d'entre eux ne croyaient pas pouvoir survivre à un autre confinement.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Cependant, les chercheurs à l’origine de ce rapport soutiennent que les confinements généralisés ne peuvent pas être mis en œuvre indéfiniment, compte tenu de l'immense coût socioéconomique qu’ils entraînent.

Selon les experts de la Division des sciences des risques pour la santé publique du Laboratoire national de microbiologie, les confinements généralisés devraient surtout être utilisés par les gouvernements pour maintenir les systèmes de santé et renforcer les mesures de santé publique de rechange.

Compte tenu de l'immense impact socioéconomique des confinements, ils devraient être évités dans la mesure du possible et utilisés à bon escient pour renforcer d'autres mesures de santé publique moins perturbatrices, peut-on lire.

Multiplier les confinements de courte durée prolongerait la pandémie

L’étude menée par la Dre Ng, une épidémiologiste des maladies infectieuses spécialisée en modélisation mathématique, souligne que lorsque les mesures en place sont insuffisantes, les délais entre les confinements se traduisent par des épidémies de plus en plus importantes.

Selon ses recherches, le nombre de jours passés en confinement était plus élevé lorsque la durée de chaque confinement individuel était plus courte et que les confinements se succédaient avec de brefs délais entre les périodes de fermeture.

La chercheuse de l’ASPC a déterminé que, pour que les arrêts aient une efficacité optimale, ils doivent être mis en œuvre rapidement, quand la transmission communautaire est faible.

Elle affirme que l’imposition de plusieurs confinements courts serait une mesure insuffisante, puisqu’elle nécessiterait que ces confinements soient mis en place plus fréquemment, comme ça a été le cas en Ontario.

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