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Une clinique pour désensibiliser les enfants aux allergies alimentaires

Allergie alimentaire chez l'enfant

Les allergies alimentaires ont augmenté de façon considérable de 1990 à 2010.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une nouvelle clinique d'immunothérapie orale (CITO) pour les enfants souffrant d'allergies alimentaires voit le jour en Estrie. Jusqu'à cette ouverture, tous les parents souhaitant désensibiliser leur enfant devaient se rendre à Montréal.

La CITO - Enfant Soleil avait entamé un projet pilote en 2018, et elle suivait alors une dizaine d'enfants. Cependant, elle ne pouvait offrir une désensibilisation très complexe. Un financement de 1,4 million de dollars d'Opération Enfant et l'arrivée de la Dre Alexandra Langlois ont permis de mettre ensemble toutes les pièces du puzzle pour que la clinique voie le jour.

La CITO espère voir environ 325 jeunes patients lorsqu'elle roulera à plein régime, d'ici 3 ans.

La solution de rechange à l'abstinence

Jusqu'à tout récemment, le seul traitement disponible pour les enfants souffrant d'allergies alimentaires était d'éviter les aliments allergènes. En cas de réactions graves, un auto-injecteur d'adrénaline pouvait atténuer les symptômes, le temps de recevoir les traitements appropriés.

La désensibilisation amène un mode de vie différent, va participer à améliorer la qualité de vie de nombreux patients, souligne la Dre Chantal Lemire, cheffe médicale du service d'immunologie-allergologie du CIUSSS de l'Estrie - CHUS.

Le patient va avoir une protection par rapport à son allergie. On va donner de toutes petites quantités de l'allergène. On commence avec des quantités très petites [...] On augmente la dose jusqu'à ce qu'on atteigne la dose d'entretien.

Une citation de :Dre Chantal Lemire, cheffe médicale du service d'immunologie-allergologie du CIUSSS de l'Estrie - CHUS

Bien que les bénéfices varient d'un patient à l'autre, la Dre Lemire souligne qu'un patient désensibilisé n'est plus à risques de réactions lorsqu'il est en contact avec des traces de l'aliment allergène.

Quand on va manger à l'extérieur, dans un restaurant, dans un buffet, sur une terrasse, à la cafétéria, il n'a plus à craindre d'avoir une petite quantité et de faire une réaction.

D'autres patients peuvent même en venir à manger des quantités normales de l'aliment en question.

Un besoin réel en région

  • Les études démontrent que le nombre d'enfants allergiques à des aliments a passablement augmenté de 1990 à 2010
  • Jusqu'à 6% des enfants du Québec ont une allergie alimentaire, soit 57 000 enfants
  • L'Hôpital Sainte-Justine, ainsi que l'Hôpital de Montréal pour enfants dans le cadre d'un projet pilote, offraient la désensibilisation pour tous les enfants du Québec avant la CITO

Source : Dre Alexandra Langlois

Une option de plus en plus considérée

Lorsque la Dre Lemire a commencé à réfléchir au projet pilote, elle n'avait que quelques parents qui souhaitaient y participer.

Ce n'était pas vraiment rentré dans les moeurs que c'était un traitement accessible et qui fonctionnait. Souvent, les parents inquiets croyaient que c'était trop dangereux, se rappelle-t-elle.

Aujourd'hui, elle voit de plus en plus d'ouverture de la part des parents, qui ont entendu parler de cette option notamment à travers les médias sociaux.

Julie Marchessault et Mathieu Drouin n'ont pas longtemps hésité. Leur petit Lou, alors âgé de trois ans, souffraient de 13 allergies. Aujourd'hui, le petit garçon de cinq ans n'en a plus que 2,5.

C'était très contraignant, se rappelle Mathieu Drouin. À un moment donné, il y avait tellement d'allergies.

C'est une roulette russe. Tout d'un coup, il peut y avoir un fusil chargé sur la table, mais le fusil, c'est une carotte ou une arachide.

Une citation de :Mathieu Drouin, père de Lou, polyallergique
Un enfant saisit une arachide.

Le jeune Lou, lorsqu'il a goûté à une arachide pour la première fois.

Photo : Avec la permission du CIUSSS de l'Estrie - CHUS

C'est l'épicerie aussi, on ne peut pas prendre ça, on ne peut pas prendre ça, tu as envie de pleurer dans les allées, ajoute Julie Marchessault. Mais ce sont aussi tous les contacts sociaux, à l'école, en milieu de garde, avec la famille. C'est la fête des cousins, tu ne peux pas manger le gâteau d'anniversaire.

La désensibilisation a complètement changé la vie de famille des Drouin-Marchessault.

Mon petit garçon Lou vous dirait que de pouvoir acheter toutes les céréales à l'épicerie, c'est assez extraordinaire!

Une citation de :Julie Marchessault, mère de Lou, polyallergique

Julie Marchessault souligne par ailleurs que la problématique ne touche pas que les enfants. Ceux-ci deviennent adultes, et s'ils ne réussissent pas à perdre leurs allergies, ils devront faire attention toute leur vie.

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