•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gangs criminels : les autorités « dans le noir » face au recrutement des jeunes

Frank Jang lors d'une conférence de presse.

Le sergent Frank Jang de l'Équipe intégrée d'enquête sur les homicides de la GRC, a fait le point, lundi sur la vague de violence dans le Grand Vancouver.

Photo : The Canadian Press / JONATHAN HAYWARD

Un ancien membre de gang criminel sonne l'alarme à la lumière d'une escalade de violence dans le Grand Vancouver.

C’est plus qu’inquiétant, c’est dégoûtant. Ce sont les mots qu’utilise Joe Calendino, un ex-Hells Angels repenti, pour qualifier la vague de meurtres qui a cours à Vancouver et ses alentours depuis quelques semaines.

La violence a culminé, dimanche, avec le meurtre d’un membre de gang criminel en plein jour à l’aéroport de Vancouver. Karman Grewal, 28 ans, tué à bout portant devant plusieurs témoins, était bien connu des forces de l’ordre.

Les gens ressentent déjà de l’isolement, dit-il, et là, il faut en plus s’inquiéter en allant magasiner ou en allant à l’aéroport...

Pour Joe Calendino, qui a aussi fondé Yo Bro Yo Girl, une initiative de prévention auprès de jeunes à risques, la pandémie rend les adolescents de 14-19 ans plus vulnérables aux efforts de recrutement des gangs criminels.

L’isolement est une occasion d’attirer ces jeunes dans un mode de vie où ils peuvent faire de l’argent et sentir qu’ils appartiennent à un groupe

Une citation de :Joe Calendino, fondateur de Yo Bro Yo Girl
Joe calendino interagit avec des jeunes sur un terrain de football.

Joe Calendino et son programme, Yo Bro Yo Girl, ont dû revoir leur façon de connecter avec les jeunes à risque en raison de la pandémie.

Photo :  CBC

En raison des mesures de santé publique, les activités parascolaires sont réduites au minimum. Dans les écoles anglophones de la région, plusieurs cours se donnent à distance. Un environnement parfait, selon Joe Calendino, pour que les jeunes recherchent sur les réseaux sociaux des modèles alternatifs dans le monde criminel.

L’homme, dont l’organisme est implanté dans 11 écoles de la région, cite en exemple le cas du jeune Tequel Willis, 14 ans, tué par balles le 28 décembre dernier. Selon la police, il s’agissait d’un meurtre ciblé.

Depuis quelques semaines, la violence semble d’ailleurs s’accélérer : 10 personnes ont été tuées depuis la mi-avril.

Un morcellement des groupes criminels

L'Équipe intégrée d'enquête sur les homicides, qui chapeaute les enquêtes sur les gangs criminels, qualifie la vague de violence actuelle de cyclique.

Néanmoins, la police fait état de criminels plus jeunes et prêts à prendre plus de risques pour atteindre leurs cibles dans des endroits publics.

Les autorités signalent la présence de dizaines de petits groupes criminels en Colombie-Britannique, contrairement à d’autres provinces où les groupes criminalisés sont moindres, mais plus importants en nombre.

Ces groupes se partagent le marché des opioïdes, de la cocaïne et de la méthamphétamine en cristaux, une drogue qui fait un retour dans le Grand Vancouver.

On est dans le noir

Mais si le recrutement de jeunes est visible et davantage observable sur le terrain, l’augmentation du recrutement demeure anecdotique, selon Yvon Dandurand, criminologue et professeur à l'Université de la vallée du Fraser.

Il y a vraiment peu de données qui nous permettent d’affirmer ça de façon certaine, dit-il. Mais avec la pandémie, on est dans le noir.

Dans les écoles, où une bonne partie de l’éducation se fait en ligne, les éducateurs ne sont plus présents pour interagir avec les jeunes plus vulnérables, ou pour les éloigner d’influences négatives à travers des programmes sportifs.

Cela dit, les efforts de recrutement de ces gangs doivent être tempérés, juge le professeur : Ces groupes de crime organisé n'ont pas besoin d'avoir des milliers de jeunes, ils ont simplement besoin d'en recruter quelques dizaines.

Pour le criminologue, sans minimiser la prévention auprès des jeunes, il faut s’attaquer au commerce de la drogue, qui est au cœur du problème.

Le problème du crime organisé, ce n'est pas un problème de recrutement des jeunes, c'est un problème de crime organisé auquel on n'a pas vraiment fait face. Il faut s'attaquer à ces marchés, aux gens qui sont actifs dans les marchés.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !