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Recrutement : des médecins ne se sentent pas les bienvenus au Nouveau-Brunswick

Dr Yogi Sehgal, urgentologue à Fredericton et Oromocto.

Avant de venir au Nouveau-Brunswick, le Dr Yogi Sehgal a pratiqué en Ontario et en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que le Nouveau-Brunswick fait face à une importante pénurie de professionnels de la santé, un médecin de Fredericton a sondé ses collègues pour comprendre quels sont les principaux obstacles qui limitent le recrutement.

L’étude indépendante du Dr Yogi Sehgal, un urgentologue à Fredericton et à Oromocto, démontre que les médecins ne se sentent pas les bienvenus par les membres de l'administration de la régie de santé Horizon.

Plus d’une cinquantaine d’urgentologues et médecins de famille à Fredericton et Oromocto ont répondu au sondage nommé Fredericton and Oromocto Survey on Hiring Process. La moitié de ces travailleurs ont été embauchés depuis 2015.

Le Dr Yogi Sehgal a décidé de mener cette étude indépendante après avoir constaté un grand nombre d’épuisements professionnels chez ses pairs, menant à une surcharge de travail pour plusieurs travailleurs.

Il n’y a pas de personnes pour les remplacer, explique-t-il. Nous autres, comme médecins, on est à court de monde!

Barrières administratives

Selon les constats du médecin, le manque de nouvelles recrues s'explique grandement par le processus d’embauche compliqué du Nouveau-Brunswick.

La lourdeur administrative serait plus imposante qu’ailleurs au pays.

Plusieurs répondants ont affirmé qu’ils avaient vécu un manque de soutien dans le processus d’embauche. Ils ont aussi eu des problèmes avec le recruteur lorsqu’ils ont cherché à obtenir des informations.

Seuls 50 % d’entre eux ont réussi à obtenir des informations sur les conditions requises pour travailler dans la région avant leur embauche.

Si on a quelqu’un qui s’intéresse à venir ici, des fois ils ne viennent pas, ou des fois y veulent venir, mais il y a trop de barrières pour venir, conclut le Dr Yogi Sehgal.

Un accueil froid

De façon générale, la majorité des répondants a l’impression que peu d’efforts sont faits pour faciliter leur arrivée dans la province.

Seulement 5 % des médecins ont dit s'être sentis bien accueillis par leur employeur lorsqu’ils sont arrivés au Nouveau-Brunswick.

Ce n’est pas juste les médecins non plus, c’est les infirmières, n’importe qui qu’on veut attirer ici, il faut avoir une sorte de respect pour la personne qui rentre, précise le Dr Yogi Sehgal.

Porte d'entrée de l'urgence d'un hôpital de la région de Fredericton.

Des répondants ont souligné qu’il est difficile de travailler aux services d’urgence de la région de Fredericton.

Photo : CBC / Maria Jose Burgos

De plus, 30 % des personnes interrogées ont estimé que la communauté les a fait se sentir bienvenus, et seulement 2 % des personnes interrogées ont estimé que les autorités sanitaires les ont bien accueillies.

Cependant, 80 % des personnes interrogées ont estimé que leurs collègues les ont fait se sentir bienvenus.

En dehors de mes collègues médecins, j’ai l’impression que personne ne se soucie vraiment de garder mes services, a écrit l’un d’eux de manière anonyme, dans la section des commentaires.

Le Dr Yogi Sehgal constate aussi qu’il n’y a presque aucun médecin qui a été recruté seulement par les campagnes de recrutement.

Incitatif financier et souplesse de modèle de travail

Les médecins du Nouveau-Brunswick sont parmi les moins bien payés au Canada.

Ce facteur peut aussi jouer un rôle dans le recrutement et la rétention.

D’autres provinces offrent de meilleures incitations financières au recrutement. Cela peut être un facteur décisif important pour de nombreuses nouvelles recrues, affirme un médecin de manière anonyme, dans le cadre de l’étude.

De plus, plusieurs répondants ont noté un manque de souplesse dans les modèles de travail au Nouveau-Brunswick.

Si vous voulez travailler à temps partiel en tant que médecin de famille et avoir un petit cabinet, le message des autorités sanitaires c’est qu’ils ne vous soutiendront pas, a écrit un autre médecin.

Pistes de solutions

Dorothy Shephard assise en conférence de presse.

Dorothy Shephard, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick.

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Selon le Dr Yogi Sehgal, l’étude a permis d’identifier des problèmes qui limitent le recrutement de professionnels de la santé.

Il souhaiterait que les autorités se penchent sur ces données pour trouver des solutions.

Il ajoute que plusieurs des problèmes soulevés par ses collègues pourraient être réglés sans avoir à investir des fortunes.

Je ne cherche pas à blâmer du monde ou à créer du trouble, a précisé le Dr Yogi Sehgal. Je veux que le public, ma communauté, et ma famille soient bien soignés quand ils arrivent à l’urgence.

Les résultats de son étude ont été transmis à la régie de santé Horizon ainsi qu’à la ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard.

D’après le reportage de Michel Corriveau

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