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Violence conjugale : une tournée de formation pour les policiers autochtones en 2022

Un logo sur la façade d'un mur

Le logo du Service de police des Abénakis sur le poste de police à Odanak

Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard

L’École nationale de police du Québec (ENPQ) a amorcé l’élaboration d’une tournée provinciale des corps policiers autochtones pour les sensibiliser aux situations de violence conjugale et intrafamiliale et d’agression sexuelle. La tournée sera lancée l’an prochain et touchera 22 corps policiers autochtones.

Le formateur principal est issu d’une communauté autochtone et est employé à l’ENPQ depuis plus de 20 ans. Son rôle n’est pas encore pleinement défini, mais il sera au cœur de la formation, selon l’ENPQ. Il sera appuyé par d’autres formateurs autochtones lors de la tournée.

L’ENPQ indique que l’équipe de formation va prendre contact avec les communautés autochtones au cours des prochaines semaines pour planifier la tournée. Elle développe toujours les grandes lignes du projet.

Pour accomplir cette tâche, l’ENPQ bénéficie d’un financement de 9,8 M $ de Québec pour les quatre prochaines années. L’enveloppe va aussi permettre la mise en œuvre de deux autres projets, dont un qui vise à accroître le nombre de nouveaux policiers autochtones et allochtones dans les corps policiers des Premières Nations. Leur formation à l’ENPQ sera notamment financée.

Un autre projet va soutenir le perfectionnement professionnel des policiers autochtones, selon des informations de l’ENPQ.

Les projets s’inscrivent dans une série de mesures répondant aux appels à l'action de la commission Viens sur les relations entre les Autochtones et certains services publics du Québec et de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le conseiller élu d’Odanak Jacques Thériault-Watso, aussi responsable du dossier de la sécurité publique dans sa communauté, accueille favorablement la tournée provinciale des corps policiers autochtones.

Déjà que les corps de police autochtone au Québec sont sous-financés, ça va juste être une plus-value pour avoir de meilleures interventions de la part de nos policiers envers nos membres, commente-t-il. On ne se le cachera pas : il y a des cas de violence conjugale. Ce n’est pas toujours rose dans les communautés. Mais on veut les meilleures interventions… que ce soit fait de façon humaine et communautaire selon le système de valeurs en place dans nos communautés respectives, ajoute-t-il.

Un homme porte un chapeau traditionnel autochtone.

Jacques T. Watso est conseiller du Conseil des Abénakis d'Odanak.

Photo : Facebook

Le fait que bon nombre de policiers autochtones proviennent de la communauté dans laquelle ils patrouillent peut aussi rendre les interventions complexes. C’est le fait d’être tous de la même communauté, tout le monde se connaît. Ça fait qu’il y a des interventions qui vont toucher les familles [...] mais une telle formation va permettre de faire la distinction entre la famille [et la sécurité publique], croit-il, mentionnant l’importance de sécuriser la victime de violence conjugale au sein de sa propre communauté.

Aux hommes qui commettent la violence conjugale, il est temps de se prendre en main.

Une citation de :Jacques Thériault-Watso, conseiller élu, Conseil des Abénakis d’Odanak

Et les policiers non autochtones?

Jacques Thériault-Watso juge toutefois que les policiers allochtones devraient recevoir plus de formation sur l’intervention en situation de violence conjugale et d’agression sexuelle en milieu autochtone.

Ça serait bon d’avoir plus de sensibilisation des policiers allochtones pour des interventions plus adaptées et sécurisantes pour les membres des Premières Nations.

Une citation de :Jacques Thériault-Watso, conseiller élu, Conseil des Abénakis d’Odanak

Un avis partagé par l'organisme Femmes autochtones du Québec (FAQ).

C’est tant mieux si on peut former nos policiers, mais on fait quoi avec les policiers non autochtones sur la réalité des peuples autochtones pour briser les mythes ou briser les préjugés? Il y a aussi ce côté-là qu’on doit travailler, questionne Viviane Michel, présidente de FAQ.

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Photo : Catou MacKinnon /CBC

Viviane Michel s’étonne d’ailleurs que son équipe n’ait pas été approchée pour l’élaboration de la tournée provinciale.

L’ENPQ répond qu’il est encore trop tôt pour déterminer quelles organisations seront sollicitées pour l’élaboration du contenu de la formation. Elle affirme cependant qu’il y a une volonté de consulter les communautés autochtones.

L’institution indique encore être à composer les équipes qui travailleront sur le projet de tournée.

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