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Renommer le chemin de la Colonisation à Fort Frances : un geste de réconciliation

Sur le bord d'une rivière, un chemin avec une pancarte où on voit le nom des rues Colonisation et Second street.

Le conseil municipal de Fort Frances va de l'avant avec le changement de nom du chemin de la Colonisation.

Photo : Radio-Canada

Le conseil municipal de Fort Frances, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, a adopté lundi par un vote serré les deux nouveaux noms de son chemin de la Colonisation : Agamiing pour la portion est, et Sunset pour la partie ouest.

Agamiing est un mot anishinaabe qui signifie sur le rivage.

Le nouveau chemin Agamiing, qui longe la rivière à la Pluie (Rainy River en anglais) du côté est de la municipalité, permet d'ailleurs de relier Fort Frances et la Première Nation de Couchiching.

Le conseiller municipal Douglas Judson, qui a lancé le débat sur le nom du chemin de la Colonisation avec le dépôt d'une résolution, croit que ce geste est essentiel pour la réconciliation avec les Autochtones dans la région.

M. Judson souligne aussi que Fort Frances et Couchiching sont fortement interreliés.

Panneau à l'entrée de Fort Frances

Plusieurs membres de la communauté de Couchiching se rendent à Fort Frances de façon quotidienne.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Je sais que plusieurs membres de la Première Nation de Couchiching habitent à Fort Frances et que plusieurs personnes qui habitent à Couchiching vont à l’école ou travaillent à Fort Frances, explique-t-il

Nous reconnaissons que lorsque nous faisons un changement comme celui-ci, qu’il faut impliquer les Autochtones [...]. Ils représentent une partie importante de notre communauté aujourd’hui, et une partie importante de la façon dont nous voulons nous développer.

Une citation de :Douglas Judson, conseiller municipal de Fort Frances

Plusieurs de ces personnes ont été impliquées dans le processus depuis le début, ajoute-t-il. J’ai parlé à plusieurs membres de la communauté et je crois qu’ils sont très heureux.

Plusieurs autres municipalités du Nord de l'Ontario et du Manitoba ont fait des changements semblables au cours des dernières années.

La Ville de Dryden, une autre ville ontarienne située au nord de Fort Frances, a également changé en avril le nom de ses avenues de la Colonisation.

Encore du travail à faire

Trois des sept conseillers municipaux ont voté lundi contre la motion, même si le principe du changement de nom avait été approuvé à l’unanimité en mars dernier.

J’aurais certainement préféré qu’on ait vu une plus grosse majorité pour une décision qui concerne notre engagement à la réconciliation et à être de bons voisins, regrette M. Judson.

Un homme en complet

L'avocat et conseiller municipal Douglas Judson.

Photo : Douglas Judson

Je crois que c’est un processus qui a fait ressortir beaucoup d’ignorance dans notre communauté, ajoute-t-il.

Le conseiller municipal croit qu’il faudra continuer de sensibiliser la population, même si le changement de nom est un pas de plus vers la réconciliation.

En 2017, le conseil municipal précédent a voté majoritairement contre une motion semblable pour un changement de nom.

Un devoir de mémoire

Douglas Judson ajoute que le changement ne vient pas effacer l’histoire, mais que cela marque un moment où nous avons décidé d’évoluer.

Trois des panneaux avec le nom du chemin de la Colonisation seront par ailleurs envoyés à des musées.

C’est une idée qui est venue directement de la communauté, explique le conseiller. Le Centre d’interprétation Manitou Mounds a fait une demande pour avoir un des panneaux pour sa collection.

M. Judson a alors suggéré de garder un panneau au musée de Fort Frances et d’en envoyer un au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg.

L'extérieur du musée de Fort Frances.

Le musée de Fort Frances fait déjà une place à l'histoire et la culture autochtone.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

C’est intimement relié à la question des droits de la personne et à la façon dont nous percevons la dignité et la valeur de tout le monde dans la communauté, rappelle le conseiller municipal.Le Canada dispose d'un musée destiné à cet effet.

L'avocat spécialisé en droits territoriaux Armand Mackenzie, abonde dans le même sens, ce genre d'initiative de changer un nom de rue, ça nous rappelle un devoir de mémoire, pour éviter des conflits pour le futur.

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